Défense par vidéo pour Trump, absent à son procès civil pour viol présumé

Depuis l'un de ses golfs, en Irlande, Donald Trump avait assuré jeudi à des journalistes qu'il comptait «rentrer et affronter» son accusatrice, mais son avocat, Joe Tacopina, n'a donné aucune indication en ce sens (Photo, AFP).
Depuis l'un de ses golfs, en Irlande, Donald Trump avait assuré jeudi à des journalistes qu'il comptait «rentrer et affronter» son accusatrice, mais son avocat, Joe Tacopina, n'a donné aucune indication en ce sens (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 05 mai 2023

Défense par vidéo pour Trump, absent à son procès civil pour viol présumé

  • A la fin de l'audience, le juge Lewis Kaplan, qui préside les débats, a fait confirmer à l'avocat de l'ancien président américain qu'il renonçait au droit de témoigner devant les neuf jurés citoyens
  • Puis, «dans l'intérêt de la justice», il a encore laissé la porte ouverte à une apparition de toute dernière minute du milliardaire républicain, «s'il change d'avis»

NEW YORK: "C'est une menteuse !": Donald Trump ne s'est pas présenté au procès civil à New York où une ancienne chroniqueuse du magazine Elle l'accuse de viol dans les années 1990, mais le jury a pu visionner jeudi sa déposition durant la procédure, une vidéo où il nie fermement les faits présumés.

À la fin de l'audience, le juge Lewis Kaplan, qui préside les débats, a fait confirmer à l'avocat de l'ancien président américain qu'il renonçait au droit de témoigner devant les neuf jurés citoyens. Puis, "dans l'intérêt de la justice", il a encore laissé la porte ouverte à une apparition de toute dernière minute du milliardaire républicain, "s'il change d'avis".

Depuis l'un de ses golfs, en Irlande, Donald Trump avait assuré jeudi à des journalistes qu'il comptait "rentrer et affronter" son accusatrice, mais son avocat, Joe Tacopina, n'a donné aucune indication en ce sens.

Le procès doit reprendre lundi avec les plaidoiries finales des avocats des deux parties.

Puis le jury se retirera pour décider si l'ancien président doit payer des dommages et intérêts à E. Jean Carroll, qui l'accuse depuis 2019 de l'avoir violée au printemps 1996 dans la cabine d'essayage d'un grand magasin de luxe new-yorkais, Bergdorf Goodman, et de l'avoir diffamée quand elle est sortie du silence.

«Menteuse» et «malade»

En l'absence de Donald Trump, qui compte reconquérir la Maison Blanche en 2024, les jurés se sont contentés d'extraits de sa déposition durant la procédure, via une audition enregistrée en octobre dernier.

"C'est une menteuse et c'est vraiment une malade (...) Je pense qu'elle est malade, elle a des troubles mentaux", y répète l'ancien président, veste bleue et cravate bleue sur une chemise blanche.

Il réitère qu'il ne connaît pas E. Jean Carroll, à l'époque chroniqueuse dans le magazine Elle, et réaffirme plusieurs fois qu'elle n'est "pas (son) genre".

Il est alors confronté à une photo lors d'une soirée mondaine où il se trouve en face de la journaliste, des années avant leur rencontre présumée de 1996.

Tout en affirmant qu'il ne se souvient pas de la scène, l'ancien président confond la plaignante avec son ex-femme, Marla : "c'est ma femme... c'est Marla", dit-il, immédiatement corrigé par son avocate, qui lui précise que "c'est (E. Jean) Carroll".

Le jury a aussi pu visionner un extrait d'une vidéo devenue célèbre, où l'on entend Donald Trump en 2015 tenir des propos dégradants à l'égard des femmes.

"Ce sont vraiment de vieilles infos", réagit-il durant sa déposition, évoquant des "discussions de vestiaires".

Déjà inculpé

Selon un bilan des médias américains, Donald Trump a été accusé dans le passé par plus de 20 femmes de les avoir agressées sexuellement ou d'avoir eu des gestes déplacés à leur encontre. Il a toujours nié ces accusations et n'a jamais été poursuivi au pénal. Une condamnation au civil s'ajouterait à ces ennuis judiciaires, alors qu'il compte se présenter face à Joe Biden en 2024.

Début avril, fait sans précédent pour un ancien président américain, il a été inculpé au pénal à New York pour 34 fraudes comptables et fiscales liées à des paiements pour étouffer des affaires embarrassantes avant la présidentielle de 2016.

E. Jean Carroll, 79 ans, a pu intenter un procès en vertu d'une loi de l'État de New York permettant aux victimes d'agressions sexuelles de relancer leur action en justice au civil, même en cas de prescription au pénal.

La semaine dernière, elle a longuement témoigné et décrit comment sa rencontre fortuite avec Donald Trump, à l'entrée de Bergdorf Goodman, s'était terminée par un viol dans une cabine d'essayage du 6e étage, déserté en ce début de soirée du printemps 1996.

Il n’existe pas de témoin oculaire ayant vu Donald Trump et E. Jean Carroll dans les rayons du magasin, mais deux amies de la plaignante ont confirmé devant le tribunal qu'elle leur avait confié, pour l'une quelques minutes plus tard, pour l'autre dans les jours suivants, qu'elle avait été "agressée" ou "attaquée" par l'homme d'affaires.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.