L'essor du podcast documentaire au Maroc: Mehdi El Kindi tend la perche et le micro

En collaboration avec l'ONG Making Waves et l'Institut français du Maroc les Bonnes Ondes ont mené une série de podcasts intimistes (Photo d'illustration, Fournie).
En collaboration avec l'ONG Making Waves et l'Institut français du Maroc les Bonnes Ondes ont mené une série de podcasts intimistes (Photo d'illustration, Fournie).
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Publié le Jeudi 11 mai 2023

L'essor du podcast documentaire au Maroc: Mehdi El Kindi tend la perche et le micro

  • Mehdi El Kindi fondateur du studio Les Bonnes Ondes a partagé avec Arab News en français ses réflexions sur l'évolution de la scène du podcast au Maroc
  • La série Micro-confidences met en lumière cinq histoires singulières qui peignent un tableau complexe de la réalité marocaine contemporaine

CASABLANCA: Dans les méandres des ondes numériques, une nouvelle forme de raconter des histoires prend vie. Mehdi El Kind, producteur et animateur, interrogé par Arab News en français nous guide à travers le paysage sonore en pleine expansion du podcast documentaire au Maroc. Découvrir c'est s'ouvrir à un univers où des vies se racontent en toute intimité.

Au cœur de cette révolution sonore, nous trouvons le studio Les Bonnes Ondes. En collaboration avec l'ONG Making Waves et l'Institut français du Maroc, ils ont mené une série de formations en 2022, offrant ainsi une plateforme de narration à ceux qui, autrement, seraient laissés en silence. La série Micro-confidences est un vibrant témoignage de ce projet, mettant en lumière cinq histoires singulières qui peignent un tableau complexe de la réalité marocaine contemporaine.

Un podcast et des voix

DS
Portrait de Mehdi El Kindi (Photo, Fournie).

Mehdi El Kindi a partagé avec Arab News en français ses réflexions sur l'évolution de la scène du podcast au Maroc, en particulier autour de la formation des podcasteurs. «L'idée autour de cette formation de podcast est née de l'envie de tendre le micro à un maximum de personnes et de raconter des histoires singulières», a-t-il déclaré.

Il a ensuite expliqué la singularité du format du podcast. «Quand on parle de podcast, ce n'est pas une révolution copernicienne, l'histoire du podcast, ce n’est pas tant le format que le mode de diffusion.» En effet, le podcast est une invitation à plonger dans des univers sonores, une expérience de narration intime qui crée une connexion unique entre le conteur et l'auditeur.

«Yasmin» de Zoubida Mseffer

Parmi les podcasts produits dans le cadre de la formation, il y a «Yasmin» de Zoubida Mseffer. C’est une fresque audacieuse, dressant le portrait d'une concubine, une figure féminine de l'esclavage au Maroc. C'est un voyage à travers le temps, une exploration des vies de femmes dont le destin a été dicté par la tradition. El Kindi parle de cette œuvre avec un respect certain : «L'écriture intervient à différents moments... par exemple quand on soumet son projet on écrit une première fois, puis par la suite quand on veut narrer à la première personne on écrit cette narration...». Dans «Yasmin», l'écriture est l'écho de la mémoire, une transmission féministe de l'histoire.

«Trente-six, Episode 1: l'hôpital de Zineb Belkhadir»

Zineb Belkhadir nous plonge dans le récit intime de son trouble bipolaire, avec une honnêteté poignante. Mehdi El Kindi remarque : «Pour faire du podcast documentaire, c'est du temps long, c'est du temps très long.» Ce temps long est palpable dans «Trente-six», où chaque moment révèle une complexité et une profondeur qui ne peuvent être atteintes que par une introspection minutieuse.

Yasmine Mahjoubi

«Mehdi W Othmane» est une exploration déchirante du lien entre addiction et vol. El Kindi commente : «Nous sommes nourris par cette volonté de tendre le micro et de faire entendre des voix qu'on n'a pas l'habitude d'entendre...». Ce podcast dévoile des vies et des choix façonnés par des circonstances difficiles, offrant une perspective sur la criminalité ancrée sur un récit humanisant de ceux qui se mettent en marginalité dans la société.

Imane Telhimt et Anna Dessertine

«Tebki maaya ddem» nous emmène dans la ville minière de Jerada, dans la région de l’Oriental. El Kindi souligne : «L'idée autour de cette formation de podcast est née de l'envie de tendre le micro à un maximum de personnes et de raconter des histoires singulières.» Cette œuvre en est un exemple éloquent, mettant en lumière la résilience de ceux qui vivent en sous-terre et par conséquent à la marge.

«Les voix de Casablanca» de Kawtar Waddi

Enfin, «Les voix de Casablanca» nous offre une promenade auditive dans le marché central de la ville. Mehdi El Kindi de commenter : «Le podcast désormais s'est démocratisé et beaucoup beaucoup de ceux qui nous écoutent pourraient être tenté eux-mêmes d'en faire.» Ce podcast capte l'énergie et la diversité de Casablanca, inspirant peut-être d'autres à prendre le micro et à partager leur propre histoire.

Le podcast fait entendre des voix plurielles

Mehdi souligne également que faire un podcast documentaire demande du temps, beaucoup de temps. «Pour faire du podcast documentaire, c'est du temps long, c'est du temps très long.» C'est un travail d'orfèvre qui nécessite de l'écoute, de la patience et un sens de la narration aigu.

C'est une occasion pour ceux qui ont des histoires à raconter de s'exprimer, de se faire entendre.

La démarche de Mehdi El Kindi et de son équipe révèle une volonté profonde d'amplifier les voix marginalisées «Nous sommes nourris par cette volonté de tendre le micro et de faire entendre des voix qu'on n'a pas l'habitude d'entendre et donc l'idée, c'est de continuer à accompagner ce mouvement.»

En somme, le travail mis en avant sur le site des Bonnesondes.ma s'inscrit dans une démarche de valorisation des récits individuels et de démocratisation de la narration. Un exemple de la façon dont la technologie et l'art peuvent se combiner pour donner naissance à des œuvres d'une grande sensibilité.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".