Cannes: La course à la Palme d'or lancée avec Kore-Eda et Corsini

Le jury cannois, présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund, entre mercredi dans le vif du sujet, avec l'un des chouchous du festival. Maître des sentiments et des descriptions familiales, Hirokazu Kore-Eda promet d'émouvoir à nouveau avec «Monster» (Photo, AFP).
Le jury cannois, présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund, entre mercredi dans le vif du sujet, avec l'un des chouchous du festival. Maître des sentiments et des descriptions familiales, Hirokazu Kore-Eda promet d'émouvoir à nouveau avec «Monster» (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 17 mai 2023

Cannes: La course à la Palme d'or lancée avec Kore-Eda et Corsini

  • Le Japonais Kore-Eda ouvre le bal à Cannes, avant Catherine Corsini, qui doit présenter «Le Retour» sur fond de controverse
  • Pour son retour au Japon, il a choisi de suivre le parcours d'un enfant et de sa mère, veuve, et leurs relations avec un professeur de son école

CANNES: Après les paillettes et la polémique Johnny Depp, la course à la Palme d'or: le Japonais Kore-Eda ouvre le bal à Cannes, avant Catherine Corsini, qui doit présenter "Le Retour" sur fond de controverse concernant les conditions de son tournage.

Le jury cannois, présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund, entre mercredi dans le vif du sujet, avec l'un des chouchous du festival. Maître des sentiments et des descriptions familiales, Hirokazu Kore-Eda promet d'émouvoir à nouveau avec "Monster".

Le cinéaste a déjà remporté la Palme d'or en 2018 avec "Une affaire de famille". Il est ensuite parti tourner en France avec Catherine Deneuve et Juliette Binoche ("La Vérité"), puis en Corée du Sud ("Les Bonnes Etoiles", en compétition l'an dernier).

Pour son retour au Japon, il a choisi de suivre le parcours d'un enfant et de sa mère, veuve, et leurs relations avec un professeur de son école. Il sera le premier des 21 cinéastes en lice pour la Palme à monter les marches.

Lui succèdera l'une des sept réalisatrices en compétition cette année, Catherine Corsini, avec "Le Retour", sur une femme travaillant pour une famille parisienne qui lui propose de s'occuper des enfants pendant des vacances en Corse.

Texte de soutien

La réalisatrice y donne le premier rôle à Aïssatou Diallo Sagna, une aide-soignante.

Mais la sélection, tardive, du "Retour" s'est accompagnée d'une polémique, qui menace d'éclipser le long-métrage lui-même.

Simple "manquement administratif", selon la cinéaste, mais suffisamment grave pour que le Centre national du cinéma retire ses aides, une décision rarissime.

Catherine Corsini, connue pour ses engagements féministes, a dénoncé dans une interview au Monde "un fond de misogynie" derrière les reproches qui leur sont faits, et sont nés d'une lettre anonyme.

Elle avait auparavant, avec sa productrice Elisabeth Perez, publié un texte de soutien de leur jeune comédienne, Esther Gohourou, qui avait 15 ans et demi lors du tournage, et déclare vouloir "mettre fin à cette histoire".

"Des mails anonymes et diffamatoires ont été envoyés à toute la profession et à la presse, contribuant à créer une rumeur extraordinairement dommageable pour le film. Il est heureux que le plus grand festival du monde ait pris le temps d'en vérifier minutieusement la véracité", avaient déclaré après leur sélection les deux professionnelles.

Ovation debout pour Michael Douglas, Palme d'or d'honneur

"Quelle accolade !", s'est-il écrié devant la salle qui l'a chaleureusement applaudi et où était présentes son épouse, l'actrice Catherine Zeta-Jones, et sa fille Carys.

"Ca compte beaucoup pour moi car il y a des centaines de festivals de cinéma dans le monde mais il y a un seul Cannes. (...) C'est un honneur incroyable", a-t-il déclaré.

"Je prends un peu d'âge", a encore plaisanté l'acteur américain de 78 ans. "En regardant mes 55 ans (de carrière), je me suis demandé comment j'ai pu durer si longtemps", a-t-il commenté, tout en ajoutant: "on travaille avec autant d'acharnement pour nos échecs que pour nos succès".

Ce festival "nous rappelle (...) que le cinéma transcende les limites et unit les frontières", a-t-il encore souligné.

"A Cannes et à toute la France, je voudrais embrasser de tout mon coeur", a-t-il lancé en français, avant que l'actrice américaine Uma Thurman ne lui remette le prix. Elle a qualifié Douglas de "star emblématique du cinéma" et d'"artiste lumineux".

Critiques féministes

"Il n'y a aucune plainte d'aucune sorte déposée contre Catherine Corsini, ni contre la production du film", se défendaient-elles.

Par ailleurs, le climat sur le tournage a conduit l'instance paritaire du cinéma, chargée des conditions de travail, à dépêcher une enquête à la suite d'un signalement et rédiger un rapport. La réalisatrice, qui reconnaît être "intense et sans doute éruptive par moments", a démenti tout soupçon de harcèlement.

Reste que cette affaire alimente les critiques féministes, au lendemain du come-back contesté de Johnny Depp en grande pompe sur le tapis rouge.

Le collectif 50/50, qui fait référence sur les questions d'égalité hommes-femmes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et dont Catherine Corsini était l'une des membres fondatrices dans la foulée de #MeToo, s'est dit "consterné" de cette sélection, un "signal dévastateur envoyé aux victimes de violences".

"Faire le choix de ce film envoie un message très clair: les violences morales, sexistes et sexuelles ne sont pas un sujet pour le Festival de Cannes", s'est indignée de son côté le syndicat CGT Spectacle.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".