«Jouer à la guerre», les petits Ukrainiens confrontés à une enfance militarisée

Après 15 mois d'invasion russe, le conflit est omniprésent dans la société ukrainienne, au point d'envahir désormais les jeux des enfants. (AFP)
Après 15 mois d'invasion russe, le conflit est omniprésent dans la société ukrainienne, au point d'envahir désormais les jeux des enfants. (AFP)
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Publié le Jeudi 18 mai 2023

«Jouer à la guerre», les petits Ukrainiens confrontés à une enfance militarisée

  • L'invasion russe s'est traduite, pour les enfants ukrainiens, par la perte de proches, la fin de l'école et l'exposition précoce aux horreurs de la guerre
  • Selon des chiffres de l'ONU, plus de 500 enfants ont péri depuis le 24 février 2022, date du début de l'invasion russe

KIEV: Maksym et son ami portent de vieux casques et des armes factices qui ne peuvent pas tuer. Mais la guerre à laquelle ces deux enfants ukrainiens jouent dans un champ, pour eux bien réelle, est le reflet de traumatismes qui vont perdurer.

Après 15 mois d'invasion russe, le conflit est omniprésent dans la société ukrainienne, au point d'envahir désormais les jeux des enfants.

"J'aime beaucoup jouer à la guerre. J'ai envie de grandir pour devenir un vrai héros", assure le jeune Maksym Moudrak, 10 ans, équipé d'un treillis de combat à sa taille, d'un casque cabossé trop grand pour lui et d'un pistolet en plastique.

Son père, qui n'était pas soldat, a été tué près de Kiev dans les premiers jours de l'invasion russe, alors qu'il tentait d'aider les combattants volontaires qui voulaient protéger la capitale.

"Il a été très, très affecté par la mort de son père. Il pense tout le temps à lui. Il va au cimetière et pleure", raconte à l'AFP sa grand-mère, Valentyna Moudrak, 72 ans.

Le petit garçon veut désormais devenir un soldat, un moyen pour lui de préserver la mémoire de son père. Et il a une idée claire de qui est responsable de cette guerre.

"Les Russes sont mes pires ennemis", lâche Maksym, qui habite avec sa grand-mère à Stoïanka, près de Kiev.

«Tous méchants»

L'invasion russe s'est traduite, pour les enfants ukrainiens, par la perte de proches, la fin de l'école et l'exposition précoce aux horreurs de la guerre.

Selon des chiffres de l'ONU, plus de 500 enfants ont péri depuis le 24 février 2022, date du début de l'invasion russe.

Pour la psychologue Kateryna Goltsberg, le fait de "jouer à la guerre" pour les enfants est assez habituel dans les zones de conflit et doit surtout s'analyser comme un moyen pour eux d'exprimer leurs émotions et leur ressenti.

"La guerre change (l'être humain)", dit-elle à l'AFP, évoquant "le stress post-traumatique", inhérent à des chocs, mais aussi la possibilité qu'un individu "sorte plus fort" d'une telle épreuve.

En Ukraine, les combats sur la ligne de front ont ainsi trouvé leur prolongement dans les cours de récréation.

Lessya Chevtchenko, maman de la petite Dana, 8 ans, raconte qu'avant la guerre, sa fille n'avait qu'une envie quand elle rencontrait d'autres enfants: jouer. "Quel est ton prénom ? Viens, on va jouer !", disait-elle.

Mais lors de récentes vacances à la plage en Bulgarie, Mme Chevtchenko a été stupéfaite d'entendre sa fille demander aux autres enfants d'où ils venaient. Et surtout, quand ces derniers répondaient qu'ils étaient Russes, elle leur tournait le dos et s'en allait sans dire un mot.

"Je ne veux pas leur parler", dit Dana. "Probablement, car je pense que, d'une certaine manière, tous les Russes sont méchants".

Sa mère, dentiste de 49 ans, dit pourtant ne pas l'avoir éduquée à penser ainsi. Mais le traumatisme est profond pour la petite fille qui a désormais peur des bruits forts et redoute de quitter les abris anti-bombes.

«Revanche»

Si Mme Chevtchenko admet qu'une partie des Russes peuvent être opposés à la guerre en Ukraine, d'autres parents apprennent à leurs enfants que tous les Russes sont responsables.

C'est le cas d'Iryna Kovalenko. Sa fille Sofia, 6 ans, résume en ces termes son sentiment: "Ma mère m'a dit qu'ils envoyaient des bombes sur l'Ukraine depuis la Russie. Elle a aussi dit que (le président russe Vladimir Poutine) était très méchant".

La petite enchaîne sans sourciller: "Il tapait des chats et des chiens quand il était enfant. Maintenant qu'il a grandi, il s'en prend aux adultes".

En leur tenant de tels propos et en leur racontant cette version de la guerre, Mme Kovalenko, une infirmière de 33 ans, assure vouloir mettre en garde ses enfants.

"D'une façon ou d'une autre, ils doivent savoir qui vit à leur porte. L'Ukraine aura toujours une frontière et la Russie sera toujours notre voisin", assure-t-elle.

Dans le groupe de petits camarades de Maksym, l'un d'entre eux paraît particulièrement déterminé.

"Je veux vraiment que nous prenions notre revanche pour tous les soldats qui sont morts au front", lance l'un d'eux, Andriï Chyrokykh, 13 ans, en tenue de combat.

L'adolescent dit rêver de devenir soldat quand il sera grand. L'école ne l'intéresse plus, si ce n'est pour apprendre la stratégie militaire.

"J'ai envie de faire aux Russes ce qu'ils nous ont fait", lâche-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.