Dans la campagne anglaise, une arche de Noé pour les plantes du monde entier

Le directeur de recherche principal, le Dr John Dickie, à la Kew Millennium Seed Bank à Wakehurst, au sud de Londres (Photo, AFP).
Le directeur de recherche principal, le Dr John Dickie, à la Kew Millennium Seed Bank à Wakehurst, au sud de Londres (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 20 mai 2023

Dans la campagne anglaise, une arche de Noé pour les plantes du monde entier

  • Il se trouve à Wakehurst, une antenne du célèbre jardin botanique de Kew Gardens à l'ouest de Londres
  • Au total, 2,5 milliards de graines y sont stockées

ARDINGLY: Les chambres fortes se trouvent sous terre, à une température de -20 degrés et elles peuvent résister à des inondations et des bombardements. A l'intérieur, un trésor de 40.000 espèces de graines de plantes sauvages du monde entier, pour beaucoup menacées.

Le Millenium Seed Bank (MSB) a engagé une course contre la montre car, selon des scientifiques, deux espèces végétales sur cinq sont menacées d'extinction. Ce centre, qui se trouve dans la campagne anglaise au sud de Londres, est la plus grande banque de graines du monde.

Pour le documentariste David Attenborough, une sommité dans le monde des sciences naturelles, le MSB est "peut-être l'initiative de conservation la plus importante jamais réalisée".

"L'objectif est de conserver des espèces sauvages à travers les graines, pour éviter que ces espèces ne disparaissent à long terme", explique le professeur John Dickie, responsable de ce projet.

Ce chercheur de 70 ans suit depuis ses débuts le MSB, inauguré en l'an 2000 pour célébrer le millénaire. Il se trouve à Wakehurst, une antenne du célèbre jardin botanique de Kew Gardens à l'ouest de Londres.

Au total, 2,5 milliards de graines y sont stockées. Elles sont de toutes formes, couleurs, tailles. Elles appartiennent à 40.020 espèces différentes et viennent de 190 pays.

Près de 20% de la flore mondiale y est conservée. La priorité est donnée aux plantes menacées, notamment par le changement climatique. Mais aussi aux plantes endémiques, qui ne peuvent être trouvées que dans une zone géographique spécifique. Celles qui sont utiles aux populations, d'un point médical ou économique, ont aussi leur place.

"Les espèces végétales sont menacées pour plusieurs raisons, (...) surtout la modification de l'utilisation des sols, pour l'agriculture, et, de plus en plus, le changement climatique", explique John Dickie. "Certaines plantes vont s'adapter, d'autres non. (...) Au moins, elles seront ici, plutôt que ne plus exister du tout".

Radiations 

Chaque semaine, Wakehurst reçoit de nouvelles graines en provenance des quatre coins du monde. Et alors commence le processus pour les conserver.

"Notre conservation des espèces sauvages s'appuie sur la technologie qui était déjà utilisée pour les espèces cultivées", explique John Dickie. "Ce n'est pas sorcier: il faut sécher, nettoyer et congeler". Une fois congelées, les graines peuvent être conservées des décennies, probablement des siècles, dit-il.

L'équipe de John Dickie travaille sous le regard du public, dans leur laboratoire vitré à Wakehurst. Ils sont une petite vingtaine de chercheurs et quelques bénévoles.

Lucy Taylor travaille sur des graines arrivées de Madagascar, des Albizia polyphylla. "Madagascar est un lieu très intéressant pour les biologistes car il y a là une flore unique comme l'île qui s'est détachée de l'Afrique. Par ailleurs, la pression sur la terre y est importante" du fait de l'agriculture, explique-t-elle.

Lucy Taylor sépare les graines vides des autres. "Beaucoup sont vides ou infestées d'insectes ou de maladies. (...) Or nous voulons une collection de la meilleure qualité possible et la place dans nos coffres est limitée", explique la chercheuse.

Les graines sont passées au rayon X pour repérer des maladies.

Chacune a sa carte d'identité, avec son nom, son pays d'origine, sa date d'arrivée au MSB. Elles sont rangées dans des bocaux en verre avant d'être congelées dans les chambres fortes souterraines, construites pour résister aux inondations, aux bombardements, aux radiations. Les scientifiques y rentrent couverts comme s'ils étaient sur une base du pôle nord ou du pôle sud.

La plus grande collection de graines est celle de la famille des orchidées. Mais il y a bien sûr des plantes rares, comme le plus petit nénuphar du monde, ou le Deschampsia antarctica aussi appelé l'herbe de cheveux de l'Antarctique, une des deux plantes à fleurs indigènes du continent gelé.

Le MSB, qui reçoit des financements publics et des donations, a passé des partenariats avec 90 pays. Quelques uns, comme l'Indonésie, refusent de partager leurs graines avec le MSB, mais les conservent sur leur territoire. D'autres, en revanche, semblent hors d'atteinte. L'un des rares regrets de John Dickie est ainsi de n'avoir aucun échange avec l'Iran.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".