Pour réduire l'immigration, le Royaume-Uni s'attaque aux visas étudiants

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'exprime lors de la London Defence Conference, au King's College, dans le centre de Londres, le 23 mai 2023. (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'exprime lors de la London Defence Conference, au King's College, dans le centre de Londres, le 23 mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 23 mai 2023

Pour réduire l'immigration, le Royaume-Uni s'attaque aux visas étudiants

  • Le Royaume-Uni a déjà enregistré une immigration nette record d'un demi-million de personnes entre juin 2021 et juin 2022 et de nouveaux chiffres attendus cette semaine devraient confirmer la tendance
  • Les étudiants étrangers ne pourront plus passer du visa étudiant au visa travail avant d'avoir terminé leurs études

LONDRES: A la peine pour remplir sa promesse de réduire l'immigration après le Brexit, le gouvernement britannique a annoncé mardi son intention de restreindre drastiquement le regroupement familial pour les étudiants étrangers.

Le Royaume-Uni a déjà enregistré une immigration nette record d'un demi-million de personnes entre juin 2021 et juin 2022 et de nouveaux chiffres attendus cette semaine devraient confirmer la tendance, embarrassante pour l'exécutif conservateur dirigé par Rishi Sunak.

Le sujet est d'autant plus délicat que la très à droite ministre de l'Intérieur Suella Braverman est actuellement fragilisée par sa gestion d'un excès de vitesse.

Alors que les prestigieuses universités britanniques attirent de nombreux étrangers, les nouvelles restrictions sur les visas étudiants "réduiront considérablement le solde migratoire en limitant la possibilité pour les étudiants étrangers de faire venir des membres de leur famille", indique le gouvernement dans un communiqué.

Ces mesures, qui entreront en vigueur en janvier, concernent tous les étudiants "à l'exception des chercheurs de troisième cycle".

Par ailleurs, les étudiants étrangers ne pourront plus passer du visa étudiant au visa travail avant d'avoir terminé leurs études.

Le gouvernement promet d'agir contre les "agents sans scrupules" qui utilisent les visas étudiants comme route migratoire.

En 2022, environ 136 000 visas ont été délivrés à des personnes à la charge des étudiants étrangers, contre 16 000 en 2019, selon les chiffres du gouvernement.

"Nous avons vu une augmentation sans précédent du nombre de personnes à la charge des étudiants arrivant dans le pays avec des visas", a relevé Suella Braverman, citée dans le communiqué.

La ministre a jugé que les nouvelles mesures représentaient un "juste équilibre" et permettrait "à moyen terme" de faire revenir le solde migratoire au niveau d'avant-Covid.

Les réactions ont été vives du côté des universités, qui craignent de perdre avec les étrangers qui payent des frais de scolarité exorbitants une source vitale de revenus et une partie de leur attractivité sur la scène mondiale.

Le Russell Group, qui représente les établissements les plus prestigieux comme Oxford ou Cambridge, s'est inquiété de mesures qui vont affecter les efforts "de diversification des recrutements internationaux".

"Ceux qui choisissent d'étudier au Royaume-Uni, d'où qu'ils viennent, apportent une valeur considérable à notre société et méritent de vivre aux côtés de leurs proches pendant leurs études", a critiqué de son côté Jo Grady, secrétaire général du syndicat de l'enseignement supérieur UCU. "Au lieu de cela, ils sont traités avec mépris".

Pénuries de bras

La question du contrôle de l'immigration a dominé les débats pendant la campagne de 2016 qui a abouti au départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Mais le gouvernement conservateur n'est pas depuis parvenu à faire baisser de l'immigration légale et illégale, malgré la promesse de reprendre le contrôle des frontières.

En 2022, plus de 45 000 migrants, un record, ont traversé la Manche illégalement. "Stopper les bateaux" est l'une des cinq priorités de Rishi Sunak.

Le gouvernement veut envoyer dans des pays tiers comme le Rwanda les demandeurs d'asile arrivés illégalement. Mais ce projet, attaqué devant la justice, est au point mort.

Dans le même temps, le Royaume-Uni est, depuis le Brexit, confronté à une pénurie de main d'oeuvre notamment dans l'agriculture et la santé, créant de régulières tensions au sein de la majorité.

Le Premier ministre Rishi Sunak a récemment reconnu qu'il allait devoir accorder des dizaines de milliers de visas saisonniers pour l'agriculture, semblant aller à l'encontre de sa ministre de l'Intérieur.

Cette dernière est intervenue dans une conférence ultraconservatrice pour déclarer ne voir "aucune bonne raison pour laquelle le Royaume-Uni ne peut pas former ses propres conducteurs de poids-lourds et ses ramasseurs de fruits pour faire baisser l'immigration".

Dans ce contexte de tensions politiques, Suella Braverman est attaquée depuis la révélation dans la presse ce week-end qu'elle avait demandé à des fonctionnaires de l'aider à obtenir un traitement de faveur après un excès de vitesse l'été dernier, sous la forme d'un stage de sensibilisation particulier.

Sa demande a été refusée mais Rishi Sunak a indiqué consulter son conseiller éthique Laurie Magnus pour décider d'éventuelles suites à donner à ce que l'opposition dénonce comme une violation du code ministériel.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.