«Ce que la Palestine apporte au monde», une exposition événement à l’Institut du monde arabe

L'exposition «Les Palestiniens et les Palestiniennes en leurs musées» met en lumière les correspondances entre une sélection d’œuvres issues des collections du futur Musée de Jérusalem-Est et celles du musée de l’IMA. (Photo fournie)
L'exposition «Les Palestiniens et les Palestiniennes en leurs musées» met en lumière les correspondances entre une sélection d’œuvres issues des collections du futur Musée de Jérusalem-Est et celles du musée de l’IMA. (Photo fournie)
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L'exposition «Les Palestiniens et les Palestiniennes en leurs musées» met en lumière les correspondances entre une sélection d’œuvres issues des collections du futur Musée de Jérusalem-Est et celles du musée de l’IMA. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

«Ce que la Palestine apporte au monde», une exposition événement à l’Institut du monde arabe

  • «Cet événement est exceptionnel, tant par sa durée que par son ampleur. Il puise ses sources autant dans l’histoire que dans la vitalité de la scène contemporaine», indique Jack Lang
  • Depuis 2016, l’IMA abrite en ses murs la collection du futur Musée national d’art moderne et contemporain de la Palestine, qui devrait être mise en place un jour à Jérusalem-Est

PARIS: «Ce que la Palestine apporte au monde» est le titre d’une exposition qui porte sur la créativité artistique et culturelle palestinienne. Elle se tient à l’Institut du monde arabe (IMA) du 31 mai et au 19 novembre 2023. Initiée par Jack Lang, président de l’institution, cette manifestation est une première. Son objectif est «la mise en valeur l’ampleur et l’originalité de la créativité artistique et culturelle palestinienne». 

«Cet événement est exceptionnel, tant par sa durée que par son ampleur. Il puise ses sources autant dans l’histoire que dans la vitalité de la scène contemporaine», indique Jack Lang. Ce dernier précise que cette manifestation propose au public quatre expositions ainsi que l’édition d’un livre dans la collection Araborama, en partenariat avec les éditions du Seuil. L’ouvrage est consacré à la Palestine, à son peuple, à ses frontières et à son histoire. Il évoque l’organisation de diverses manifestations culturelles – qu’il s’agisse de musique, de littérature, de cinéma, de poésie ou de danse – autour de cette thématique. 

«Cette exposition, qui s’étend jusqu’à novembre 2023, est une manifestation fondamentale. Elle montre un visage qu’on n’a pas l’habitude de voir, qui est celui de l’obsession de la passion culturelle palestinienne», explique de son côté Elias Sanbar, écrivain, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco et commissaire général de l’exposition, à Arab News en français. 

Depuis 2016, l’IMA abrite en ses murs la collection du futur Musée national d’art moderne et contemporain de la Palestine, qui devrait être mise en place un jour à Jérusalem-Est. Lancée à l’initiative d’Elias Sanbar avec la collaboration de l'artiste Ernest Pignon-Ernest, la collection présente un ensemble de quatre cents œuvres – de l’art informel à l’hyperréalisme – réalisées par des artistes des cinq continents. 

L’exposition en trois parties

Selon les organisateurs, l'exposition «Les Palestiniens et les Palestiniennes en leurs musées» met en lumière les correspondances entre une sélection d’œuvres issues des collections du futur Musée de Jérusalem-Est et celles du musée de l’IMA. Proposant trois thèmes, l’exposition comprend une partie consacrée au projet Sahab («Nuage») porté par trois artistes, Mohamed Abusal à Gaza, Mohamed Bourouissa à Paris et Salman Nawati en Suède, ainsi que l’architecte Sondos al-Nakhala à Gaza. Sahab interroge sur la façon de traiter le passé, d’agir dans le présent et d’imaginer le futur en Palestine. 

La manifestation réserve un espace à Mahmoud Darwich, maître incontesté de la poésie palestinienne, dont les œuvres demeurent une référence pour les artistes et les mélomanes du monde arabe. Ses textes seront mis en regard avec les œuvres de l’artiste algérien Rachid Koraïchi.

Deux regards et deux approches 

L’espace donateurs accueillera un fonds inédit de photographies colorisées du XIXe siècle qui font partie d’une collection privée. «Les images seront exposées face aux œuvres de photographes palestiniens contemporaines, opposant deux regards, deux approches et deux conceptions de la Palestine», souligne le commissaire général de l’exposition. Les organisateurs précisent que le premier ensemble est composé d’une trentaine de clichés qui représentent des paysages, des scènes de genre et des portraits tirés selon le procédé photochrome, breveté en 1889 par le Suisse Orell Füssli. 

Le second ensemble, plus actuel, reflète la vitalité et l’énergie des artistes palestiniens des villes de Gaza, Jérusalem ou des territoires occupés. Ces derniers «se réapproprient l’espace public par le corps, qui l’habite tout autant qu’il le “performe”, faisant acte de résistance à la colonisation», soulignent les organisateurs de l’exposition. Ces derniers indiquent que la sélection rassemble des photographes nés entre les années 1960 et 1990; ils vivent et travaillent sur place ou dans la diaspora. Parmi eux, citons Shady al-Assar, Mohamed Abusal, Taysir Batniji, Rehaf al-Batniji, Raed Bawayah, Tanya Habjouqa, Rula Halawani, Maen Hammad, Safaa Khatib, Eman Mohamed, Nasser Amer, Steve Sabella ou Raeda Saadeh. 

«La première partie, qu’on a appelée “Terre habitée”, comprend une série de photographies contemporaines qui reflètent la réappropriation des territoires et interrogent sur les contraintes, la circulation, l’embargo sur Gaza et l’enfermement», nous explique Marion Slitine, anthropologue, chercheuse postdoctorale à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess), spécialiste de l’art contemporain palestinien et commissaire associée de l’exposition. Ces projets artistiques parlent des contraintes de la vie au quotidien sous occupation d’une manière décalée et alternative», montrant «ce qu’on n’a pas l’habitude de voir à travers les images médiatiques ou dominantes sur la Palestine», conclut-elle.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".