Parler avec la Chine est essentiel pour prévenir les conflits, selon Austin

Cette photo prise et diffusée par le ministère de la Défense de Singapour le 3 juin 2023 montre le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (3e à droite) posant pour des photos avec les ministres de la Défense de l'Asie du Sud-Est lors du 20e sommet du Shangri-La Dialogue à Singapour. (Photo, AFP)
Cette photo prise et diffusée par le ministère de la Défense de Singapour le 3 juin 2023 montre le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (3e à droite) posant pour des photos avec les ministres de la Défense de l'Asie du Sud-Est lors du 20e sommet du Shangri-La Dialogue à Singapour. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 03 juin 2023

Parler avec la Chine est essentiel pour prévenir les conflits, selon Austin

  • M. Austin s'exprimait à Singapour lors de la conférence Shangri-La de dialogue sur la défense, après que Pékin a décliné une invitation à une rencontre formelle entre lui et son homologue chinois Li Shangfu
  • Les deux ministres se sont toutefois serrés la main et se sont parlés pour la première fois lors du dîner d'ouverture de cette conférence

SINGAPOUR: Le dialogue entre les Etats-Unis et la Chine est "essentiel" et permettra d'éviter les erreurs d'appréciation qui pourraient conduire à un conflit, a déclaré samedi le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin.

M. Austin s'exprimait à Singapour lors de la conférence Shangri-La de dialogue sur la défense, après que Pékin a décliné une invitation à une rencontre formelle entre lui et son homologue chinois Li Shangfu. Les deux ministres se sont toutefois serrés la main et se sont parlés pour la première fois lors du dîner d'ouverture de cette conférence.

"Les Etats-Unis estiment que des lignes de communication ouvertes avec la République populaire de Chine sont essentielles, en particulier entre nos responsables militaires et de la défense", a souligné M. Austin dans une allocution.

"Plus nous parlerons, plus nous pourrons éviter les malentendus et les erreurs d'appréciation qui pourraient déboucher sur une crise ou un conflit", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis avaient invité M. Li à rencontrer M. Austin en marge de la conférence. Mais Pékin a refusé, une porte-parole officiel affirmant que "les Etats-Unis savent clairement pourquoi il y a actuellement des difficultés dans la communication militaire" entre les deux pays.

Li Shangfu, devenu ministre de la Défense en mars dernier, avait été sanctionné par le gouvernement américain en 2018 pour avoir acheté des armes russes. Mais le Pentagone affirme que cela n'empêche pas M. Austin de dialoguer officiellement avec lui.

"Une poignée de main cordiale au cours d'un dîner ne remplace pas un engagement substantiel", a regretté le ministre américain lors de la conférence.

«Cesser de provoquer»

Le colonel de l'armée chinoise Zhao Xiaozhuo a également déclaré au cours du forum que des lignes de communication entre les deux pays sont essentielles, tout en appelant les Etats-Unis "à cesser de provoquer la sécurité de la Chine".

Lloyd Austin effectue actuellement une tournée en Asie qui l'a déjà conduit au Japon et qui comprendra également une visite en Inde. Ce voyage s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par Washington pour renforcer ses alliances et partenariats dans la région face à la montée en puissance de la Chine.

En outre, M. Austin s'est dit "profondément préoccupé par le fait que (la Chine) n'ait pas souhaité s'engager plus sérieusement dans l'amélioration des mécanismes de gestion de crises entre nos deux armées", ajoutant espérer que Pékin change d'avis.

Il a également reproché à la Chine de procéder à "un nombre alarmant d'interceptions risquées d'appareils américains et alliés volant en toute légalité dans l'espace aérien international", faisant notamment écho à un récent incident survenu en mer de Chine méridionale entre un avion de chasse chinois et un appareil américain.

Préserver le statu quo

Un pilote d'avion de combat chinois a effectué la semaine dernière "une manœuvre agressive injustifiée" près d'un appareil de reconnaissance américain qui survolait la mer de Chine méridionale, selon des militaires américains.

Des images vidéo diffusées le 30 mai par l'armée américaine ont montré l'avion chinois passer devant un appareil américain, que l'on aperçoit secoué par les turbulences consécutives à ce passage.

Du point de vue d'un porte-parole militaire chinois, l'avion américain a "délibérément fait irruption" dans une zone d'entraînement de la Chine "pour effectuer (des opérations) de reconnaissance".

Les tensions sont à leur comble entre Pékin et Washington, en particulier à propos de Taïwan et à la suite du survol par un ballon chinois du territoire américain en début d'année.

Depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, la Chine considère Taïwan comme une province qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire, et Pékin vise cette réunification par la force si nécessaire.

Alors que les relations entre Pékin et Taipei se sont encore dégradées ces dernières années, la Chine a multiplié les incursions militaires autour de l'île.

En avril, l'armée chinoise a organisé de grandes manœuvres militaires qui ont simulé pendant trois jours un encerclement de l'île, menées en représailles à des escales quelques jours plus tôt de la présidente taïwanaise aux Etats-Unis.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.