L'intelligence artificielle taboue chez Apple

Tim Cook, PDG d'Apple, s'exprime lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple sur le campus Apple Park à Cupertino, en Californie, le 5 juin 2023. (Photo, AFP)
Tim Cook, PDG d'Apple, s'exprime lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple sur le campus Apple Park à Cupertino, en Californie, le 5 juin 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 juin 2023

L'intelligence artificielle taboue chez Apple

  • Depuis le lancement phénoménal de ChatGPT par la start-up californienne OpenAI l'année dernière, toutes les entreprises de la tech rivalisent sur le terrain de l'IA générative
  • Mais Apple, voisin de Google et Meta (Facebook, Instagram), n'a pas évoqué une seule fois l'IA générative, ni même l'intelligence artificielle tout court, lors de sa conférence annuelle pour les développeurs lundi dernier

SAN FRANCISCO: Apple a accompli un tour de force en présentant ses dernières nouveautés et innovations, y compris un casque de réalité virtuelle et augmentée ultra sophistiqué, sans jamais mentionner l'intelligence artificielle (IA) - la technologie désormais incontournable de tous les événements dans la Silicon Valley.

Depuis le lancement phénoménal de ChatGPT par la start-up californienne OpenAI l'année dernière, toutes les entreprises de la tech rivalisent sur le terrain de l'IA générative.

Elles n'ont pas vraiment le choix: analystes, investisseurs et consommateurs se sont pris de passion pour ces programmes capables de produire du texte, des images et des vidéos sur simple requête en langage naturel.

Microsoft et Google ajoutent de l'IA générative à marche forcée dans leurs moteurs de recherche et logiciels de bureautique, pour séduire des utilisateurs ravis que des robots rédigent leurs emails et planifient leurs vacances.

Et de nombreuses sociétés, de Snapchat à des banques et voyagistes, ajoutent des chatbots dernier cri à leurs services pour ne pas se faire distancer.

Mais Apple, voisin de Google et Meta (Facebook, Instagram), n'a pas évoqué une seule fois l'IA générative, ni même l'intelligence artificielle tout court, lors de sa conférence annuelle pour les développeurs lundi dernier.

"Apple ignore la révolution de l'IA générative", a titré le magazine spécialisé Wired après l'événement.

Discrétion?

Non que le fabricant de l'iPhone soit étranger à l'intelligence artificielle, un concept vague qui recouvre de nombreuses technologies ni rares ni particulièrement complexes.

L'expression est critiquée notamment parce qu'elle évoque un futur de science-fiction où des machines conscientes et omniscientes prendraient le contrôle de l'humanité.

Pour cette raison, certaines entreprises, dont TikTok et Facebook (Meta), déploient des innovations qui relèvent de l'IA sans forcément insister sur le terme.

"Nous en intégrons dans nos produits bien sûr, mais les gens n'y pensent pas nécessairement comme de l'IA", a souligné le patron d'Apple, Tim Cook, lors d'une interview sur la chaîne ABC News cette semaine.

Plusieurs fonctionnalités mises en évidence lundi comportent en effet cette technologie.

Craig Federighi, le responsable des logiciels, a par exemple déclaré que des algorithmes de "machine learning" (apprentissage automatisé) allaient améliorer l'outil de correction automatique de l'orthographe.

Il aurait pu expliquer que grâce à l'IA, le clavier va devenir moins borné quand un utilisateur veut écrire certains jurons communs, et aussi apprendre ses préférences et lui faire des suggestions.

Mais il n'a pas mentionné les fameux algorithmes.

L'IA va aussi jouer un rôle majeur dans le premier casque de réalité mixte de la marque à la pomme, qui sera commercialisé à partir de 3 500 dollars l'année prochaine.

L'ordinateur du Vision Pro sera en effet capable de générer un avatar numérique hyperréaliste de l'utilisateur qui le porte, grâce à des enregistrements vidéo de cette personne et des capteurs pour suivre les mouvements de la bouche et des mains en temps réel.

Ou retard?

Pour certains observateurs, le tabou de l'IA montre qu'Apple a perdu du terrain sur ses rivaux.

"Ils sont très en retard", assure l'analyste indépendant Rob Enderle.

Le succès de ChatGPT les a "pris par surprise", estime-t-il. "Je crois qu'ils pensaient que ce type d'IA n'allait pas arriver avant longtemps. (...) Maintenant ils vont être obligés d'acquérir une start-up dans le domaine".

Les performances aléatoires de Siri, l'assistant vocal d'Apple, qui a été lancé il y a dix ans, donnent aussi l'impression que le géant californien a du chemin à rattraper.

"Il est clair pour à peu près tout le monde qu'Apple a perdu en compétitivité avec Siri. C'est probablement le produit où le retard est le plus évident", commente Yory Wurmser, d'Insider Intelligence.

Mais cet expert rappelle aussi que la firme est avant tout une société d'équipements informatiques. Les logiciels à base d'IA sont "un moyen d'améliorer l'expérience des utilisateurs plutôt qu'une fin en soi", pour Apple.

Selon Dan Ives de Wedbush, malgré le non-dit, la présentation du Vision Pro démontre le potentiel du groupe dans l'IA.

"C'est la première étape au sein d'une stratégie plus large d'Apple pour construire un écosystème d'applications d'IA génératives" sur le nouveau casque, prédit-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.