Guerre au Soudan: plus d'un million d'enfants ont été déplacés

Plus d'un million d'enfants, parmi lesquels 270 000 au Darfour, ont été contraints de fuir les combats meurtriers entre l'armée et les paramilitaires au Soudan, a indiqué l'Unicef. (AFP)
Plus d'un million d'enfants, parmi lesquels 270 000 au Darfour, ont été contraints de fuir les combats meurtriers entre l'armée et les paramilitaires au Soudan, a indiqué l'Unicef. (AFP)
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Guerre au Soudan: plus d'un million d'enfants ont été déplacés

  • D'après l'Unicef, plus de 13,6 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire au Soudan
  • Parmi eux, 620 000 souffrent de malnutrition aiguë et la moitié pourrait mourir s'ils ne sont pas aidés à temps, a prévenu l'organisation

KHARTOUM: Plus d'un million d'enfants, parmi lesquels 270 000 au Darfour, ont été contraints de fuir les combats meurtriers entre l'armée et les paramilitaires au Soudan, a indiqué l'Unicef, qui a évoqué un "cauchemar" pour ces mineurs "piégés" par le conflit.

"Deux mois de guerre au Soudan ont entraîné le déplacement de plus d'un million d'enfants, tandis que 330 autres ont été tués et plus de 1.900 ont été blessés", a détaillé jeudi le Fonds des Nations unies pour l'enfance dans un communiqué.

La représentante de l'Unicef au Soudan, Mandeep O'Brien, citée dans le communiqué, a dénoncé "le cauchemar implacable dans lequel sont piégés les enfants", qui "portent le fardeau le plus lourd de cette crise", selon lui.

"Les enfants représentent plus de la moitié de la population du Soudan", qui compte 45 millions d'habitants, a affirmé vendredi à l'AFP un responsable régional de la communication de l'Unicef, Ammar Ammar.

D'après l'Unicef, plus de 13,6 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire au Soudan. Parmi eux, 620.000 souffrent de malnutrition aiguë et la moitié pourrait mourir s'ils ne sont pas aidés à temps, a prévenu l'organisation.

Depuis le 15 avril, les combats qui opposent l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires du général Mohamed Hamdane Daglo, dit "Hemedti", ont mis le pays, déjà l'un des plus pauvres au monde avant la guerre, à genoux.

Les hôpitaux, situés dans les zones de combats, ne fonctionnent plus que partiellement, quand ils ne sont pas fermés. Et la crise devrait s'aggraver avec l'approche de la saison des pluies, synonyme de recrudescence du paludisme, d'insécurité alimentaire et de malnutrition infantile.

Soudan du Sud: plus de 400 civils tués entre janvier et mars, selon l'ONU

Un total de 405 civils ont été tués, et 235 autres blessés, entre janvier et mars au Soudan du Sud, principalement dans des violences intercommunautaires, a déploré vendredi la Mission des Nations unies dans le pays (Minuss).

Plus jeune pays de la planète, le Soudan du Sud est en proie à l'instabilité chronique et aux violences à caractère politico-ethnique depuis son indépendance du Soudan en 2011.

Sur les trois premiers mois de l'année, la Minuss "a documenté 920 cas de violence contre des civils", dont 243 contre des enfants. Durant ces affrontements, "405 civils ont été tués, 235 blessés, 266 enlevés et 14 ont été victimes de violences sexuelles", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

La plupart de ces violences ont eu lieu dans la région administrative du Grand Pibor, près de la frontière éthiopienne, et dans l'Etat de Jonglei, dans le centre-est du pays.

Les cas de violences contre les civils ont augmenté de 12%, par rapport à la même période l'année dernière, et les enlèvements de 113%, selon l'ONU. Les violences sexuelles et le nombre de personnes tuées sont, eux, en baisse.

La Minuss a également relevé 22 exécutions extrajudiciaires entre janvier et mai, "qui auraient été commises par des membres de l'appareil de sécurité sud-soudanais".

"Je condamne ces incidents qui se produisent sans aucune procédure régulière", a réagi dans le communiqué le chef de la mission onusienne, Nicholas Haysom, demandant des enquêtes aux autorités.

L'ONU met également en garde sur l'arrivée depuis deux mois de plus de 100.000 personnes fuyant les combats meurtriers au Soudan voisin, qui "a le potentiel de générer des violences intercommunautaires".

Après avoir obtenu son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud a sombré dans une guerre civile qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés entre 2013 et 2018. Un accord de paix signé en 2018 a prévu le principe d'un partage du pouvoir entre les rivaux Salva Kiir et Riek Machar au sein d'un gouvernement d'union nationale.

Mais les tensions demeurent et les violentes armées locales continuent d'ensanglanter ce pays où la majorité des gens vivent sous le seuil de pauvreté, qui est également en proie aux aléas climatiques extrêmes (sécheresse, inondations).

La Mission des Nations unies au Soudan du Sud est l'un des missions onusiennes les plus coûteuses au monde avec un budget annuel de 1,2 milliard de dollars, avec notamment la présence de quelque 17.000 militaires.

Au Darfour (ouest), où les témoignages sur des violences de grande ampleur contre les civils se multiplient, "vivent 5,6 millions d'enfants dont 270.000 ont été déplacés par le conflit", a déclaré l'Unicef.

Dans cette vaste région frontalière du Tchad, "le manque d'eau potable expose les enfants à la déshydratation, la diarrhée et la malnutrition".

Les violences au Soudan ont fait plus de 2.000 morts, selon le dernier bilan de l'ONG ACLED. Plus de 2,2 millions de personnes ont fui le pays, parmi lesquels plus d'un million ont quitté Khartoum, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), tandis que plus de 528.000 réfugiés sont arrivés dans les pays voisins.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.