Grève après le recours d'Israël à un drone pour tuer des combattants palestiniens

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Publié le Vendredi 23 juin 2023

Grève après le recours d'Israël à un drone pour tuer des combattants palestiniens

  • Une grève générale a été déclarée dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, jeudi, pour protester contre l'assassinat de trois Palestiniens
  • Le gouvernement israélien poursuit ses campagnes de colonisation en dépit des avertissements internationaux

RAMALLAH: Une grève générale a été déclarée dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, jeudi, pour protester contre l'assassinat de trois Palestiniens par un drone israélien, vingt-quatre heures plus tôt.

Cette attaque s'inscrit dans le cadre d'une recrudescence de la violence au cours des derniers jours.

L'armée israélienne a déclaré qu'un bataillon de militants avait été identifié dans un véhicule après avoir mené une attaque par balles près de la ville de Jalamah.

Un communiqué du Djihad islamique a signalé que deux des hommes étaient ses combattants, tandis que le troisième appartenait aux Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, la branche armée du mouvement Fatah.

Bien que l'utilisation de drones de surveillance soit courante, l'attaque menée par un drone Elbit Hermes était la première menée par l'armée israélienne en Cisjordanie depuis 2006, selon l'armée israélienne.

Des hélicoptères de combat ont également été utilisés dans l'opération de Jénine.

L'expert militaire israélien Eyal Alima a déclaré à Arab News que les hommes armés constituent la principale menace pour l'armée israélienne et les colons en Cisjordanie, et que l'armée a donc décidé d'utiliser des drones afin d’éliminer le danger.

Le spécialiste a ajouté que les services de sécurité israéliens s'opposent à toute opération militaire de grande envergure dans le nord de la Cisjordanie, car ils redoutent que les retombées ne l'emportent sur les avantages.

Toutefois, selon l'expert politique israélien Yoni Ben Menachem, Israël a recours aux assassinats parce que les États-Unis l'empêchent de mener une opération militaire dans le nord de la Cisjordanie.

L'Arabie saoudite a fermement condamné jeudi les attaques menées par des colons israéliens contre plusieurs villages palestiniens de Cisjordanie.

Des centaines de colons israéliens ont pris d'assaut une ville palestinienne mercredi, incendiant des dizaines de voitures et de maisons.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé le rejet catégorique du Royaume des actes d'intimidation à l'encontre des civils palestiniens.

Il a renouvelé son soutien indéfectible à tous les efforts internationaux qui visent à trouver une solution juste et globale à la question palestinienne sur la base des résolutions internationales et de l'initiative de paix arabe.

Par ailleurs, des données israéliennes ont révélé jeudi que le gouvernement israélien d'extrême droite, dirigé par Benjamin Netanyahou, avait approuvé la construction de 13 000 logements dans les colonies de Cisjordanie au cours des six derniers mois, soit le double du nombre approuvé en 2020.

Mercredi, Netanyahu a annoncé l'extension de la colonie d'Eli, au nord de Ramallah, avec environ 1 000 unités.

Au cours de la dernière année du mandat de l'ancien président américain Donald Trump, les travaux de quelque 7 000 unités de colonisation en Cisjordanie ont commencé. Cette année a été considérée comme particulièrement fructueuse pour la construction de colonies en Cisjordanie, puisque le nombre d'unités approuvées a franchi la barre des 10 000.

Malgré l'opposition du président Joe Biden, le gouvernement israélien actuel a enregistré 13 000 unités, approuvées en seulement six mois.

Ce dernier poursuit ses campagnes de colonisation en dépit des avertissements internationaux, dont le dernier en date est une déclaration du chef de l'ONU, Antonio Guterres, qui a demandé lundi à Israël de mettre fin à ses «décisions inquiétantes» relatives aux activités de colonisation en Cisjordanie occupée.

Dans le cadre d'un récent accord conclu avec l'Autorité palestinienne sous l'égide des États-Unis, le gouvernement israélien a accepté de ne pas légaliser les avant-postes en Cisjordanie pendant six mois.

Des ministres israéliens en exercice et d'anciens commandants militaires appellent le gouvernement Netanyahou à lancer une opération militaire de grande envergure dans les villes du nord de la Cisjordanie.

Avigdor Lieberman, ancien ministre de la Défense, a déclaré jeudi: «Des roquettes Qassam [la branche militaire du Hamas] seront bientôt lancées vers les colonies du nord de la Cisjordanie et le Gush Dan à partir de Jénine.»

«Toute personne sensée comprend que les organisations palestiniennes du nord de la Cisjordanie s'efforcent de se doter d'une capacité de tir de missiles, et ce n'est qu'une question de temps avant qu'elles ne disposent de dizaines, voire de centaines de roquettes Qassam, comme cela a commencé dans la bande de Gaza.»

Lieberman a exigé que les frappes soient dirigées contre la bande de Gaza: «Ceux qui veulent éliminer la résistance en Cisjordanie doivent commencer par la bande de Gaza, et cela signifie qu'il faut commencer à cibler les dirigeants du Hamas.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.