La Maison de la famille abrahamique d'Abu Dhabi: priorité au dialogue interconfessionnel

L'Abrahamic Family House, conçue par l'architecte ghanéen-britannique Sir David Adjaye, raconte de manière innovante les valeurs communes de l'islam, du christianisme et du judaïsme et construit des ponts de compréhension entre les religions (Photo, WAM).
L'Abrahamic Family House, conçue par l'architecte ghanéen-britannique Sir David Adjaye, raconte de manière innovante les valeurs communes de l'islam, du christianisme et du judaïsme et construit des ponts de compréhension entre les religions (Photo, WAM).
Un imam, un prêtre et un rabbin se réunissent dans une église de la maison de la famille abrahamique lors d'une tournée avec Arab News. (Photo de Peter Harrison)
Un imam, un prêtre et un rabbin se réunissent dans une église de la maison de la famille abrahamique lors d'une tournée avec Arab News. (Photo de Peter Harrison)
Des notes de prière sont inscrites sur le mur à l'intérieur du lieu de culte juif qui fait partie de la maison de la famille abrahamique à Abu Dhabi (Photo,SRP)
Des notes de prière sont inscrites sur le mur à l'intérieur du lieu de culte juif qui fait partie de la maison de la famille abrahamique à Abu Dhabi (Photo,SRP)
Un imam dirige une prière à l'Abrahamic Family House, un nouveau centre d'apprentissage, de dialogue et de pratique de la foi situé dans le district culturel de Saadiyat à Abu Dhabi (Photo, WAM).
Un imam dirige une prière à l'Abrahamic Family House, un nouveau centre d'apprentissage, de dialogue et de pratique de la foi situé dans le district culturel de Saadiyat à Abu Dhabi (Photo, WAM).
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Publié le Samedi 24 juin 2023

La Maison de la famille abrahamique d'Abu Dhabi: priorité au dialogue interconfessionnel

  • L’établissement, qui a ouvert ses portes au public en mars, permet aux musulmans, aux chrétiens et aux juifs de se rencontrer et d'échanger des idées
  • Il a été créé après que le pape François et le grand imam d'Al-Azhar Ahmed el-Tayeb ont signé le document sur la fraternité humaine

DUBAÏ: Un rabbin, un évêque et un imam entrent dans une pièce. On dirait le début d'une bonne blague. En réalité, il s'agit d'un moment historique pour les relations interconfessionnelles, qui s'est concrétisé par la signature du document sur la fraternité humaine en février 2019.

Signé par le pape François et le grand imam d'Al-Azhar Ahmed el-Tayeb, ce document appelait les adeptes des trois religions abrahamiques à créer des liens de paix et de dialogue. Ce document a conduit à la création de la Maison de la famille abrahamique, qui a ouvert ses portes à Abu Dhabi en mars.

Avec une synagogue, une église et une mosquée, toutes décorées avec des variations sur les mêmes piliers — en zigzag, droits et arqués — la maison donne à chaque lieu de culte une identité visuelle distincte, tout en faisant allusion à leurs nombreuses similitudes.

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L'établissement situé dans le district culturel de Saadiyat, à Abu Dhabi, a été inauguré en mars par des représentants religieux et des responsables des Émirats arabes unis. Il s'agit d'un lieu de respect mutuel où les fidèles, notamment la minorité juive locale, peuvent se sentir en sécurité (Photo, WAM).

L'idée était d'offrir aux adeptes des trois religions un lieu unique où ils pourraient pratiquer leur culte séparément sur le même site. Grâce à son jardin sur le toit, les visiteurs de toutes les confessions peuvent également se mélanger librement et échanger des idées.

Ce lieu intime est un nouveau concept pour les relations interconfessionnelles suivi de près par les gouvernements et les chefs religieux du monde entier. Si le succès est au rendez-vous, l'idée pourrait être reprise ailleurs.

Les fondateurs de l'établissement n'ont pas l'intention de fusionner les trois religions de quelque manière que ce soit. Néanmoins, Mahmoud Nagah, l'imam de la mosquée de l'éminence Ahmed el-Tayeb, a déclaré que de nombreuses personnes étaient initialement confuses quant à son objectif.

«Lorsque la Maison de la famille abrahamique a été construite et inaugurée pour la première fois, de nombreuses fausses idées ont été soulevées, invoquant qu'elle appelait à une seule religion, à la création d'une seule religion, qui est la religion abrahamique», a signalé Nagah, à Arab News.

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L'imam Mahmoud Nagah interviewé par Peter Harrison, rédacteur d'Arab News (Photo, AN).

C'est une idée qui s'est «ancrée dans le cœur des gens», a-t-il ajouté. Toutefois, ces idées fausses ont été rapidement corrigées, lorsque les gens ont eu la chance de visiter la maison et d'en faire l'expérience par eux-mêmes, a-t-il expliqué.

Lorsque les gens viennent à la mosquée — je parle des musulmans — ils disent: «C'est une mosquée normale comme les autres mosquées des Émirats arabes unis», a affirmé Nagah.

Il a tout à fait raison. La conception des trois lieux de culte est égalitaire; chacun occupe un espace de taille égale aux autres.

«Nous agissons ici en toute indépendance par rapport à l'église et à la synagogue», a indiqué Nagah. «Cela ne signifie pas que nous ne devrions pas nous rassembler ou nous engager dans un dialogue interconfessionnel afin de trouver les points qui nous rassemblent, et non ceux qui nous divisent.»

En effet, malgré ces espaces clairement délimités, la maison agit collectivement comme un symbole de tolérance religieuse et un lieu où toutes les confessions peuvent apprendre à se comprendre en harmonie.

«Nous ne devrions pas utiliser les religions comme quelque chose qui divise les gens ou qui les fait entrer en conflit les uns avec les autres», a estimé  Nagah. La moindre des choses, les croyances religieuses devraient rapprocher les communautés, a-t-il ajouté.

«Éliminer les barrières de l'ignorance qui, de mon point de vue personnel, sont considérées comme l'ennemi le plus puissant des gens», a-t-il jugé. «L'ignorance rend les gens incapables de communiquer les uns avec les autres.»

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Le cardinal Miguel Ángel Ayuso Guixot, fonctionnaire du Vatican, s'exprimant lors de l'inauguration de la Maison de la famille abrahamique, a déclaré que le nouvel établissement «est un exemple concret pour les personnes de différentes religions, cultures, traditions et croyances de revenir à l'essentiel: l'amour du prochain». (Photo, WAM).

Les musulmans représentent environ les trois quarts de la population des Émirats arabes unis, tandis que les diverses sectes chrétiennes représentent environ 10%. Les 15% restants comprennent un certain nombre d'autres religions, dont les hindous, les sikhs, les bouddhistes et les juifs, selon des chiffres publiés par le Washington Post.

Il convient de mentionner que les Émiratis — citoyens à part entière des Émirats arabes unis — ne représentent que 11% de la population totale du pays.

La constitution du pays garantit la liberté de culte, pour autant que cela n'aille pas à l'encontre de l'ordre public. L'islam est la religion officielle et il existe des lois interdisant le blasphème, le prosélytisme par des non-musulmans et la conversion de l'islam.

À partir de septembre 2020, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël en signant les accords d'Abraham sous l'égide des États-Unis, ouvrant ainsi la voie au commerce mutuel, aux relations diplomatiques et à la coopération en matière de sécurité. Ces accords ont également permis aux personnes de confession juive de visiter les Émirats arabes unis et d'y émigrer.

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Sir Ephraim Mirvis, grand rabbin des Congrégations hébraïques unies du Commonwealth, a déclaré: «Dans un monde où les différences peuvent nous séparer, disons ici que nos valeurs communes existeront au nom de nos aspirations universelles.» (Photo, WAM)

Les accords d'Abraham et leur rôle dans le processus de paix au Moyen-Orient suscitent encore beaucoup de scepticisme, d'autant plus que les autorités israéliennes continuent d'occuper les territoires palestiniens et de soutenir la construction de colonies.

Mais ces divergences avec Israël sur des questions politiques n'ont pas freiné la croissance de la population juive des Émirats arabes unis. La synagogue Moses Ben Maimon, située dans la Maison de la famille abrahamique, est la première synagogue construite à cet effet dans le Golfe depuis près de 100 ans. Son grand rabbin, Yehuda Sarna, a déclaré que la population juive continuait de croître «de façon naturelle».

«La population juive s'est développée parce que les gens se sentaient en sécurité. Ils avaient le sentiment que la qualité de vie était élevée. Ils avaient l'impression de pouvoir être eux-mêmes. C'est ce qui m'a attiré», a confié Sarna, originaire du Canada, à Arab News.

«Je viens ici depuis 2010. Ce qui m'a attiré, c'est le mystère des raisons qui poussent les juifs à quitter les pays où ils sont nés pour venir s'installer ici. Et c'est parce qu'ils se sentent les bienvenus», a-t-il expliqué.

L'hostilité à l'égard des populations juives reste un problème très réel dans tous les pays du monde, mais pas dans les Émirats arabes unis, a assuré Sarna.

«Il y a eu des périodes, à différents moments, où il y a eu des pics d'actions antisémites dans le monde entier», a-t-il déclaré. «Ce qui est intéressant, c'est de voir que les juifs ici, aux Émirats arabes unis, sont ceux qui appellent maintenant leurs amis et leurs parents dans d'autres pays pour prendre de leurs nouvelles. Mais ici, ils se sentent en sécurité.»

La conception de la synagogue a été choisie par la communauté juive sans aucune intervention extérieure, a-t-il expliqué.

«Il n'y a eu aucun moment où quoi que ce soit a été imposé, du point de vue architectural. C'était emblématique de l'approche dans son ensemble», a indiqué Sarna.

«Certains juifs, enfants de survivants de l'Holocauste, sont venus ici. Il y a des gens qui ont été emprisonnés par les Houthis au Yémen en raison de leur religion. Il y a des gens qui ont échappé aux menaces de Saddam Hussein et de son régime en Irak, et qui sont venus ici. D'autres ont fui l'Iran avec leurs frères et sœurs. Nous sommes venus ici et nous faisons maintenant partie de cette communauté juive», a-t-il précisé.

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Des notes de prière sont inscrites sur le mur à l'intérieur du lieu de culte juif qui fait partie de la maison de la famille abrahamique à Abu Dhabi (Photo,SRP).

Compte tenu du succès initial de la Maison de la famille abrahamique, Sarna a déclaré qu'il entrevoyait un avenir prometteur pour des projets similaires dans d'autres parties du monde, qui pourraient contribuer à créer des liens de cohésion entre les adeptes de toutes les confessions, malgré leurs différences.

Sarna et Nagah s'accordent à affirmer que ces différences ne doivent pas faire obstacle à la coexistence pacifique, qui est l'objectif ultime de la Maison de la famille abrahamique.

Paulo Martinelli partage leur point de vue. Vicaire du vicariat apostolique d'Arabie du Sud et pasteur en chef de l'église Saint-François, il a été nommé par le pape François pour diriger la prière catholique à la Maison de la famille abrahamique. Il dirige également les communautés catholiques du Yémen et d'Oman. Avant la pandémie de la Covid-19, cette communauté combinée dans les trois pays était forte d'un million de personnes, concentrée principalement dans les Émirats arabes unis.

«C'est tellement beau de se rassembler ici pour célébrer la messe, pour prier ensemble», a déclaré Martinelli à Arab News.

«Ici aussi, certes, c'est un endroit particulièrement intéressant parce que ce n'est pas seulement une église catholique, mais c'est une église catholique dans la Maison de la Famille Abrahamique, dans laquelle nous avons trois lieux de culte différents», a-t-il ajouté.

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L'évêque Paulo Martinelli interviewé par Peter Harrison, rédacteur en ligne d'Arab News. (Photo, SRPC)

Il a spécifié: «Nous (les trois religions) sommes clairement différents, mais nous sommes aussi ensemble. Nous pouvons donc partager nos expériences et montrer au monde qu'il est possible de travailler ensemble, même si nous sommes différents.»

Martinelli estime qu'il existe un énorme potentiel de réussite pour des sites interconfessionnels similaires ailleurs dans le monde.

«Je suis convaincu que c'est une grande chance d'avoir un tel lieu et de montrer qu'il est possible d'être différent et, en même temps, d'être ensemble pour partager des valeurs», a-t-il soutenu.

La Maison de la famille abrahamique d'Abu Dhabi a ouvert ses portes au public en mars. Depuis lors, un rabbin, un évêque et un imam ont été régulièrement vus entrant dans le même bâtiment. Bien qu'ils prient dans des espaces distincts, ils partagent le même rêve d’une coexistence religieuse pacifique. Et un tel objectif n'a rien d'une plaisanterie.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.