Prigojine et Loukachenko peuvent «se trahir» à tout moment selon la cheffe de l'opposition bélarusse

Svetlana Tikhanovskaya, chef de l'opposition biélorusse en exil, donne une conférence de presse à l'école de Sciences Po à Paris, le 7 octobre 2022, après que le prix Nobel de la paix a été décerné à un trio de défenseurs des droits de l'homme de Biélorussie, de Russie et d'Ukraine. (Photo par JULIEN DE ROSA / AFP)
Svetlana Tikhanovskaya, chef de l'opposition biélorusse en exil, donne une conférence de presse à l'école de Sciences Po à Paris, le 7 octobre 2022, après que le prix Nobel de la paix a été décerné à un trio de défenseurs des droits de l'homme de Biélorussie, de Russie et d'Ukraine. (Photo par JULIEN DE ROSA / AFP)
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Publié le Jeudi 29 juin 2023

Prigojine et Loukachenko peuvent «se trahir» à tout moment selon la cheffe de l'opposition bélarusse

  • «A tout moment, Loukachenko peut trahir Prigojine ou Prigojine trahir Loukachenko. Ce ne sont pas des alliés. Ils ne peuvent pas se faire confiance», a affirmé Mme Tikhanovskaïa dans un entretien accordé mercredi
  • Selon la cheffe de l'opposition bélarusse en exil, la décision de M. Loukachenko d'aider le président Poutine était un acte de convenance personnelle pour sauver son propre régime

BRUXELLES : Le chef du groupe Wagner Evguéni Prigojine et le président du Bélarus Alexandre Loukachenko ne sont pas alliés et pourraient se montrer déloyaux l'un envers l'autre, a affirmé à l'AFP Svetlana Tikhanovskaïa, cheffe de l'opposition bélarusse en exil.

«A tout moment, Loukachenko peut trahir Prigojine ou Prigojine trahir Loukachenko. Ce ne sont pas des alliés. Ils ne peuvent pas se faire confiance», a affirmé Mme Tikhanovskaïa dans un entretien accordé mercredi.

Prigojine est arrivé mardi au Bélarus, a annoncé le président Loukachenko. Le chef du groupe Wagner s'est rendu dans ce pays dans le cadre d'un accord négocié pour mettre mis fin à sa rébellion en Russie.

Mais Mme Tikhanovskaïa, qui a revendiqué la victoire contre M. Loukachenko lors de l'élection présidentielle de 2020, estime que beaucoup de choses restent floues sur le prétendu accord conclu.

Selon elle, la décision de M. Loukachenko d'aider le président Poutine était un acte de convenance personnelle pour sauver son propre régime.

«Il n'a pas agi pour sauver la face de Poutine, ni pour sauver Prigojine, ni pour éviter que la guerre civile n'éclate en Russie», soutient-elle. «Il ne s'est soucié que de sa survie personnelle, car Loukachenko sait que si les factions en Russie s'affrontent, il en fera les frais».

Si Prigojine et les combattants de Wagner affluaient en nombre au Bélarus, cela pourrait menacer l'Europe, estime-t-elle par ailleurs.

«La présence de Prigojine lui-même ou du groupe Wagner sur notre territoire constitue en premier lieu une menace pour le peuple bélarusse et pour notre indépendance», affirme Svetlana Tikhanovskaïa.

«En outre, cette présence pourrait constituer une menace pour l'Ukraine et nos voisins occidentaux», ajoute la cheffe de l'opposition, dont le mari est emprisonné au Bélarus.

Ancien allié du Kremlin et entrepreneur en restauration, Evguéni Prigojine a mis sur pied l'armée privée la plus puissante de Russie et a recruté des milliers de détenus pour combattre en Ukraine.

Il a mené une rébellion en fin de semaine dernière qui a semblé faire vaciller l'emprise de Vladimir Poutine sur la Russie.

Mme Tikhanovskaïa dénonce le fait que M. Loukachenko soit présenté comme un «artisan de la paix» après avoir prétendument contribué à résoudre la crise.

- «Des violeurs et des meurtriers» -

Et elle avertit qu'il pourrait utiliser les forces de Wagner pour réprimer davantage toute dissidence. «Il est la personne qui a amené des violeurs et des meurtriers sur notre terre», accuse-t-elle.

«Que feront ces gens dans notre pays ? C'est la grande question. Comment se comporteront-ils ?», s'interroge-telle.

Mme Tikhanovskaïa dénoncé aussi le «manque d'attention» de l'Occident à l'égard de la situation dans son pays, de plus en plus sous l'emprise de Moscou depuis que Vladimir Poutine a soutenu M. Loukachenko.

L'absence de réaction ferme de la part de la communauté internationale face au transfert d'armes nucléaires par la Russie au Bélarus a enhardi Moscou et Minsk, déplore-t-elle.

«Nous attendons toujours une réponse au déploiement d'armes nucléaires sur notre territoire. Lorsque le monde garde le silence durant un moment aussi important, les dictateurs le perçoivent comme une faiblesse».

Les dernières sanctions de l'Union européenne contre le régime bélarusse pour son rôle dans l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes remontent à plus d'un an.

Les Européens avaient auparavant déjà infligé à Minsk plusieurs séries de sanctions pour la répression brutale des manifestations.

L'arrivée de M. Wagner au Bélarus pourrait favoriser l'adoption de nouvelles mesures punitives «par exemple contre ceux qui ont permis que cela se produise», estime Svetlana Tikhanovskaïa.

Depuis des mois, les Etats membres de l'UE négocient de nouvelles sanctions contre Minsk, sans parvenir à se mettre d'accord.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.