Le roman classique de Tawfik Al-Hakim fait l'objet d'une édition en langue anglaise à l'occasion de son 85e anniversaire

L'éditeur londonien Saqi Books marque le 85e anniversaire de la parution de la satire classique de l'écrivain égyptien Tawfik Al-Hakim, « Diary of a Country Prosecutor », en publiant une édition spéciale de poche en anglais le 11 juillet. (Photo fournie)
L'éditeur londonien Saqi Books marque le 85e anniversaire de la parution de la satire classique de l'écrivain égyptien Tawfik Al-Hakim, « Diary of a Country Prosecutor », en publiant une édition spéciale de poche en anglais le 11 juillet. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 08 juillet 2023

Le roman classique de Tawfik Al-Hakim fait l'objet d'une édition en langue anglaise à l'occasion de son 85e anniversaire

  • Il s'agit du journal fictif d'un procureur général en poste quelque part dans l'Égypte rurale
  • «La comédie d'Al-Hakim est plus noire que tout ce qu'ont écrit Gogol ou Dickens parce que la vie de la paysannerie égyptienne était plus sombre que celle du serf russe ou du pauvre anglais du XIXe siècle»

DUBAΪ : L'éditeur londonien Saqi Books marque le 85e anniversaire de la publication de la satire classique de l'écrivain égyptien Tawfik Al-Hakim, « Diary of a Country Prosecutor », avec une édition spéciale de poche en langue anglaise le 11 juillet. 

« À la fois comédie noire et satire sociale acerbe, ce classique de l'un des plus grands dramaturges du monde arabe n'a rien perdu de son mordant », déclare l'éditeur dans son communiqué de presse.  

Comme son titre l'indique, il s'agit du journal fictif d'un procureur général en poste quelque part dans l'Égypte rurale. Teinté du genre d'humour noir qui ne naît que des circonstances les plus horribles, le livre « s'en prend à une classe dirigeante intéressée et aux fonctionnaires infortunés qui sont à sa disposition », poursuit le communiqué.  

Dans son avant-propos, feu le romancier P.H. Newby écrit : « La comédie d'Al-Hakim est plus noire que tout ce qu'ont écrit Gogol ou Dickens parce que la vie de la paysannerie égyptienne était plus sombre que celle du serf russe ou du pauvre anglais du XIXe siècle », ajoutant que « l'humour acerbe » d'Al-Hakim se concentre sur « une réalité sociale qu'il considérait clairement comme choquante et, puisqu'il ne voyait aucun moyen immédiat d’y remédier, désespérante ». 

Al-Hakim est largement considéré comme l'un des grands noms de la littérature et du théâtre arabes, au même titre que son grand ami et confrère Naguib Mahfouz. (Lorsque Mahfouz a reçu le prix Nobel de littérature en 1988, il a insisté sur le fait qu'Al-Hakim l'aurait reçu s'il avait été encore en vie). 

Elizabeth Biggs, directrice éditoriale de Saqi, raconte à Arab News : « Il existe une magnifique photographie d'Al-Hakim et de Mahfouz, prise dans un café en 1982, alors que les deux hommes sont âgés et iconiques. Mahfouz porte des lunettes noires et un manteau impeccable ; Al-Hakim gesticule avec animation dans une casquette beige impeccable. Ils sourient tous les deux et partagent une plaisanterie. Il est évident, d'après cette photographie, que ces deux-là connaissent une sagesse et une bienveillance à l'égard de la condition humaine que le reste d'entre nous essaie encore de trouver ».  

Elle décrit Al-Hakim et Mahfouz comme « les véritables pionniers du roman en arabe » : « Ils se sont appuyés sur l'héritage de l'un et de l'autre et ont inspiré les générations suivantes d'écrivains dans le monde entier. Leur capacité à transformer les faiblesses humaines universelles en classiques intemporels n'a pas d'égal, si ce n'est l'un pour l'autre. Le « Journal d'un procureur de campagne » est rempli de ce genre de situations, mettant en scène des personnes qui « veulent bien faire », mais qui n'ont pas les connaissances ou les compétences requises pour réaliser leurs ambitions, et qui tentent de mettre de l'ordre dans la confusion.  

« Il est difficile de se détacher de cette petite mais riche trame d'un roman d'un seul fil, alors qu'elle est composée de tant de sujets vivants : des observations sociales, politiques, locales, nationales et internationales. Al-Hakim a souvent choisi de centrer son écriture sur les agriculteurs du delta et sur la « force qui les habite et dont ils ne sont pas conscients ». Comme un autre roman d'Al-Hakim, « Return of the Spirit », il s'agit d'une sorte de roman d'apprentissage », poursuit-elle. « Nous sommes tous des œuvres en devenir qui doivent monter sur scène alors que nous ne sommes vraiment prêts que pour la répétition générale tandis que, de l'autre côté de la pièce, Mahfouz et Al-Hakim sirotent un café, prennent des notes, nous sourient gentiment et nous encouragent à continuer ». 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".