Surmonter culpabilité et solitude: le défi des réfugiées ukrainiennes

Lana Lisetska (à droite), une réfugiée ukrainienne, parle avec une volontaire humanitaire de Médecins du Monde, dans la pièce où elle vit avec son jeune fils au Centre d'hébergement pour réfugiés de Nisporeni, près de Chisinau, le 6 février 2023. (AFP).
Lana Lisetska (à droite), une réfugiée ukrainienne, parle avec une volontaire humanitaire de Médecins du Monde, dans la pièce où elle vit avec son jeune fils au Centre d'hébergement pour réfugiés de Nisporeni, près de Chisinau, le 6 février 2023. (AFP).
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Publié le Lundi 10 juillet 2023

Surmonter culpabilité et solitude: le défi des réfugiées ukrainiennes

  • «Les premiers mois, il y a ce qu'on appelle le syndrome du survivant. Tu sais qu'ici tu es en sécurité mais dans ton for intérieur, tu as ce sentiment de culpabilité, que tu as trahi ton pays, tes parents», raconte Lana Lisetska
  • Cette femme de 32 ans a laissé son mari et ses proches pour fuir avec son fils de sept ans à Nisporeni, à environ 75 km de la capitale Chisinau, et rejoindre l'un des centres officiels d'hébergement en Moldavie

CHISINAU : Lana Lisetska s'est pardonnée de "s'être sauvée", Elena Bavyko ne se sent plus seule: ces Ukrainiennes réfugiées en Moldavie racontent comment elles ont surmonté leur détresse après avoir bénéficié d'un programme crucial de santé mentale.

Plus d'un an après le début de la guerre, la première a réussi à faire fi de ses souffrances, soutenue par les psychologues de l'ONG Médecins du Monde (MdM), jusqu'à se remettre à travailler à distance comme responsable de réservations hôtelières.

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Lana Lisetska (à droite), une réfugiée ukrainienne, se tient près de son père dans la cuisine de leur petit appartement au centre d'hébergement pour réfugiés de Nisporeni, près de Chisinau, le 6 février 2023. (AFP). 

"Les premiers mois, il y a ce qu'on appelle le syndrome du survivant. Tu sais qu'ici tu es en sécurité mais dans ton for intérieur, tu as ce sentiment de culpabilité, que tu as trahi ton pays, tes parents", raconte à l'AFP Lana Lisetska, qui ne quitte jamais son pendentif en forme de coeur aux couleurs de l'Ukraine.

Cette femme de 32 ans a laissé son mari et ses proches pour fuir avec son fils de sept ans à Nisporeni, à environ 75 km de la capitale Chisinau, et rejoindre l'un des centres officiels d'hébergement en Moldavie.

Dans les premiers mois, Lana se souvient avoir fondu en larmes chez le coiffeur. "Il y a des gens à Marioupol, Boutcha qui n'ont même pas de quoi manger", avait-elle ressenti à ce moment-là.

Mais "le plus terrible, c'est que tu apprends à vivre avec cela", glisse-t-elle.

86% de femmes

Pays frontalier de l'Ukraine et sous la menace de la Russie, la Moldavie et ses 2,6 millions d'habitants ont accueilli plus de 100.000 réfugiés depuis l'offensive russe en Ukraine en février 2022.

Candidate à l'Union européenne, cette ex-république soviétique a été épaulée par une quarantaine d'ONG pour faire face à cet afflux. Parmi elles, Médecins du Monde a fait de la santé mentale une priorité et a déjà accompagné près d'un millier de personnes dans le petit Etat.

"C'est un domaine essentiel dans toute intervention humanitaire. Les symptômes n'apparaissent pas toujours dans les premiers jours d'une crise mais au fil du temps et de différentes façons", souligne l'Américaine Liz Devine, coordinatrice générale pour l'organisation.

Selon l'experte, 86% des réfugiés présents en Moldavie sont des femmes et des mineurs.

"C'est un ratio incroyablement élevé par rapport à d'autres situations. Les maris, les frères, les fils sont restés en Ukraine pour combattre ou participer à la réponse" ukrainienne au conflit, explique-t-elle.

Le sentiment de solitude est donc plus fort. Dans le petit appartement d'Elena Bavyko, 23 ans, les photos des siens restés en Ukraine occupent l'espace.

Ces souvenirs lui permettent de "se sentir chez elle", tout en lui rappelant le but ultime: revenir en Ukraine.

Si elle va mieux aujourd'hui, elle le doit au soutien psychologique reçu, estime-t-elle.

Art thérapie

"J'ai découvert une méthode absolument nouvelle avec les séances en groupe, où nous avons pu pleurer et parler ensemble de nos problèmes", raconte la jeune femme.

"Quand tu écoutes l'histoire de quelqu'un d'autre, tu comprends que tu n'es pas seule à vivre et survivre à ces événements, cela devient plus facile", exprime celle qui vient désormais en aide à ses compatriotes en fuite, pour l'ONG Acted.

Elle a aussi apprécié l'utilisation de l'art thérapie, comme Larissa Demcenco, juriste à Odessa, qui vit avec sa fille de 20 ans dans la capitale moldave, où elle a trouvé un emploi auprès d'enfants.

"On faisait des peintures avec visualisation, on dessinait nos objectifs, nos rêves. C'est notre mission que d'utiliser en revenant ces techniques pour ceux qui sont restés en Ukraine et ont subi plus de malheurs".

Beaucoup imaginaient que cet exode en Moldavie serait bref mais le conflit perdure. Evoquant "une impossibilité de se projeter usante", MdM note "une grande lassitude" et "un état de stress endémique" chez les plus vulnérables.

L'organisation se soucie aussi de ceux qui aident les réfugiés - un programme initié au Liban il y a deux ans.

"C'est dur quand vous voyez ce que les réfugiés ukrainiens traversent, surtout que c'est si proche", commente Nadia Pascaru Botnaru, 41 ans, chef de projet de l'association People in need.

"Et qui plus est, quand vous êtes vous aussi sous cette menace" d'une invasion russe. "Vous vous dites que vous serez peut-être le prochain".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.