Luigi Di Maio à Arab News: « La nomination du représentant de l'UE pour le Golfe illustre l'ambition de travailler ensemble »

Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, est interviewé par la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Nour Nougali, jeudi à Riyad. (Photo AN/Abdelrahmane Alchuhub).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, est interviewé par la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Nour Nougali, jeudi à Riyad. (Photo AN/Abdelrahmane Alchuhub).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, interviewé par Arab News (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, interviewé par Arab News (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, déguste des spécialités traditionnelles saoudiennes à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, déguste des spécialités traditionnelles saoudiennes à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, a entamé sa visite à Riyad par une rencontre avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG (Photo CCG).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, a entamé sa visite à Riyad par une rencontre avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG (Photo CCG).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, avec les ambassadeurs des États membres de l'UE à Riyad. (Photo @eusimonpa).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, avec les ambassadeurs des États membres de l'UE à Riyad. (Photo @eusimonpa).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre le prince Turki al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre le prince Turki al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères (Photo @KSAmofaEN).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères (Photo @KSAmofaEN).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 14 juillet 2023

Luigi Di Maio à Arab News: « La nomination du représentant de l'UE pour le Golfe illustre l'ambition de travailler ensemble »

  • M. Di Maio se félicite des perspectives de coopération entre l'UE et le Golfe dans les domaines de l'énergie, du climat et des grands projets
  • Il se réjouit de rencontrer des responsables arabes avant la réunion ministérielle UE-CCG d'octobre à Oman, déclare-t-il dans une interview exclusive

RIYAD: À l’occasion de son premier voyage en Arabie saoudite depuis qu'il a été nommé premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio a déclaré à Arab News que les récents événements mondiaux montrent que de nouvelles collaborations sont nécessaires.

Il s’est exprimé ainsi alors qu’on lui demandait si les pays européens pouvaient se permettre d'ignorer la montée en puissance du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des États arabes du Golfe dans un monde multipolaire.

«Je pense que le monde change et qu'il y a de nouveaux partenariats à bâtir», a déclaré M. Di Maio au cours d'un entretien qui évoquait des sujets aussi variés que le conflit entre la Russie et l'Ukraine ou l'émancipation économique des femmes et des jeunes en Arabie saoudite.

«Il existe de vieux partenariats que nous avons construits au cours des dernières décennies. Mais nous sommes dans une période où tout change? C’est lié à la terrible agression russe contre l'Ukraine, mais aussi à la pandémie.

«Et, dans la région, vous [l'Arabie saoudite et les États du Golfe] prenez des initiatives très intéressantes pour nous et qui sont très bien accueillies si elles sont orientées vers le désamorçage des crises. Je pense donc qu'il ne s'agit pas d'ignorer ou de considérer, mais que nous devons travailler ensemble.»

M. Di Maio, qui a pris ses nouvelles fonctions le 1er juin, a révélé que la création de son poste devrait lever tous les doutes quant à l'intention de l'Union européenne (UE) d'approfondir ses relations avec la région du Golfe.

«Le fait que l'UE et ses 27 États membres aient nommé pour la première fois un représentant spécial pour la région du Golfe témoigne de notre nouvelle ambition de porter notre collaboration à un nouveau niveau stratégique. Et quand je dis “partenariat”, j'entends un véritable partenariat fondé sur le dialogue, le respect et les résultats», a-t-il précisé.

Interrogé sur le fait de savoir si la décision de créer le bureau du représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe avait été accélérée par l'invasion russe de l'Ukraine et la crise énergétique mondiale qui s'en est suivie, M. Di Maio a indiqué que cette décision était antérieure au conflit et qu'elle reflétait plutôt le désir sincère de l'UE de favoriser des relations bilatérales plus étroites.

«Nous avons entamé les négociations et la création d'une communication commune avant l'agression russe contre l'Ukraine», a-t-il affirmé.

«J'étais encore ministre à l'époque. Je me souviens du processus. L'idée reposait sur l'importance que vous avez au niveau multilatéral et bilatéral et la manière dont l'UE peut faire davantage afin d’adapter le niveau du partenariat.»

«Puis l'agression russe a eu lieu. Je pense que c'était une très bonne chose d'approuver la communication commune et de travailler sur la nomination du représentant spécial de l'UE, parce que dans une période où, au niveau multilatéral et bilatéral, tout change dans le cadre géopolitique, il est très important d'être plus proche de nos partenaires, de nos partenaires stratégiques», a-t-il expliqué.

M. Di Maio a commencé sa visite à Riyad par une réunion avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG, au cours de laquelle les parties concernées ont «fait avancer les préparatifs en vue d'un prochain Conseil UE-CCG fructueux le 10 octobre prochain à Oman – une étape clé pour la mise en œuvre de notre partenariat stratégique.»

M. Di Maio a également rencontré le prince Turki al-Faisal, le président du centre roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères.

Il a ensuite rencontré ses collègues européens, parmi lesquels Patrick Simonnet, ambassadeur de l'UE en Arabie saoudite, ainsi que les autres envoyés européens au Bahreïn et à Oman.

M. Di Maio a même été invité à déguster quelques spécialités saoudiennes.

Bien que l'énergie continue de jouer un rôle clé dans les relations, M. Di Maio a souligné que l'UE et ses États membres étaient enthousiasmés par le programme de réforme sociale et de diversification économique, la Vision 2030 de l'Arabie saoudite. Selon lui, elle s'aligne sur de nombreux projets de l'UE tels que le plan de relance européen NextGenerationEU, le Pacte vert pour l’Europe (European Green Deal) et l'intérêt croissant de la région pour l'énergie à base d'hydrogène.

«Les projets d'hydrogène que vous développez ici sont très importants et nous pouvons essayer d'établir un dialogue solide sur les ambitions dans le domaine de l'hydrogène, en particulier sur la demande de l'Europe, sur l'hydrogène et sur votre approvisionnement en hydrogène en direction de l'Europe», a-t-il signalé.

«Et, surtout, nous ne parlons pas seulement d'énergie. Nous parlons de technologies et de recherche. Nous parlons d'universités et de facultés. Car tout est lié au nouvel horizon de l'hydrogène et de l'énergie.

«Et vous, en tant que pays fournisseurs d'énergie à l'Europe, vous investissez beaucoup dans les nouvelles technologies, dans les énergies renouvelables. Il s'agit donc d'un domaine fructueux dans lequel nous pouvons dialoguer et essayer de créer davantage de synergies, j'en suis certain.»

Lors de la visite de cette semaine, M. Di Maio a pu constater les progrès de la Vision 2030 depuis son lancement par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, en 2016. Ce dernier a inauguré une série de réformes qui visent à stimuler la participation économique des femmes et des jeunes ainsi qu’à créer un environnement commercial propice hors pétrole au profit de nouvelles industries.

«J'ai rendu visite au Conseil de la Choura hier et on m'a expliqué le nombre de lois qu'ils sont en train de modifier afin d'aligner la Vision 2030 sur le cadre des réglementations du pays», a relevé M. Di Maio.

«Vous êtes en train de transformer votre pays. Et la Vision 2030 est l'un des points importants qui nous montrent ce changement. J'ai rencontré à Bruxelles non seulement votre formidable ambassadeur, mais aussi, par exemple, le directeur général adjoint du projet Neom.

«Lorsque j'ai rencontré SAR le prince héritier, nous avons parlé de Neom et des projets, de la Vision 2030 et de certains projets innovants comme Neom. Je pense que le vrai défi est maintenant d'essayer de travailler ensemble sur ces projets, sur notre Pacte vert, sur notre NextGenerationEU et votre Vision 2030, sur les projets Neom, entre autres.»

M. Di Maio estime qu'il est possible d'accroître considérablement les investissements européens dans les grands projets de l'Arabie saoudite, notamment la ville intelligente Neom, qui prend forme actuellement sur la côte de la mer Rouge de l’Arabie saoudite.

L'UE et l'Arabie saoudite entretiennent déjà des relations étroites en matière de commerce et d'investissement. En effet, l'UE est le deuxième partenaire commercial de l'Arabie saoudite et le premier investisseur direct étranger. M. Di Maio a affirmé qu'il ne doutait pas que les relations en matière de commerce et d'investissement se renforceraient.

«Bien sûr, aujourd'hui, en particulier avec vos nouveaux programmes sur les nouvelles technologies, les nouvelles énergies et même l'éducation, ainsi que les programmes et les projets que nous développons au sein de l'UE, où la Commission européenne et les États membres développent de nouveaux projets orientés de la même manière, dans la même direction, je pense que nous avons l’occasion de faire davantage.»

«Il ne s'agit pas seulement d'augmenter les chiffres, mais d'accroître la substance de nos relations par le biais de ce type de projets liés à l'avenir de nos jeunes et de nos jeunes pays. Il y a alors de quoi se réjouir des nouvelles opportunités qui s'offriront à ces jeunes.»

Les relations entre l'UE et les États du Golfe vont toutefois au-delà du commerce et de l'énergie. M. Di Maio a déclaré que les préoccupations communes en matière de sécurité jouaient également un rôle clé dans le partenariat stratégique.

«Il est très important de dire que dans mon mandat, l'un des piliers est la sécurité», a-t-il assuré.

«Mais pas seulement d'une manière classique – la sécurité maritime, le concept classique de sécurité, ou même la cybersécurité, les initiatives de lutte contre le terrorisme. Nous devons parler, comme je l'ai dit, d'une manière innovante, du lien entre la sécurité et le climat. C’est très important.»

M. Di Maio a ajouté: «Mon mandat consiste à faciliter la recherche de solutions intelligentes, à soutenir les efforts diplomatiques régionaux qui visent à pérenniser les actuels efforts de désescalade. Je suis ici pour écouter, pour comprendre les sensibilités et les priorités des pays de la région. Je me consacre à 100% à cette grande responsabilité et au succès de sa mise en œuvre avec les États membres de l'UE, les institutions de l'UE, avec vous et les pays de la région du Golfe.»

La semaine dernière, les pays du Golfe ont fermement condamné la décision de la Suède d'autoriser un migrant irakien à brûler un exemplaire du Coran dans la capitale Stockholm.

Interrogé sur le rôle de son bureau dans la prévention de tels actes dans le cadre de son mandat de construction d'un partenariat stratégique avec les pays du Golfe, M. Di Maio a déclaré que l'UE rejetait catégoriquement le fait de brûler des textes sacrés, un point de vue qu'il a évoqué lors des réunions de cette semaine.

«Dans toutes les réunions bilatérales que j'ai eues au cours de cette visite, j'ai soulevé ce point dès le début de la réunion afin de dire que cet incendie individuel du Coran est inacceptable et que tout type d'incendie d'un Livre saint est une provocation évidente, un manque de respect, et en même temps, comme je l'ai dit, l'UE le rejette», a-t-il affirmé.

«Je pense que toute forme de racisme, de xénophobie et de provocation n'a pas sa place dans nos sociétés. Le moment est venu de travailler ensemble de manière à éviter une nouvelle escalade et empêcher ces actes de se produire», a-t-il clarifié.

Lors de leur réunion mercredi, M. Albudaiwi, secrétaire général du CCG, a déclaré que M. Di Maio avait fait part des regrets, du rejet et de la condamnation de l'UE concernant l'incendie de l’exemplaire du Coran.

Après avoir été ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de l'Italie, M. Di Maio a déclaré qu'il avait toujours été favorable à ce que l'UE joue un rôle plus important dans l'établissement de relations entre les Européens et le reste du monde.

«À l'époque où j'étais ministre des Affaires étrangères, pendant deux ans, et avant cela vice-Premier ministre, pendant deux ans, je soutenais totalement l'idée selon laquelle pour être plus forts en tant qu'États membres, nous avions besoin de l'UE comme interlocuteur dans d'autres régions du monde», a-t-il insisté.

«Le continent européen, l'UE en particulier, est la véritable institution qui peut servir d’influence aux États membres de l'UE pour établir de nouveaux partenariats avec le reste du monde.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.