Dans la rue et en justice, le monde de la culture en France prépare la riposte

Syndicats et artistes s'apprêtent à saisir la plus haute juridiction administrative, le Conseil d'Etat, via un «référé liberté», une procédure d'urgence, comme ont pu le faire ces dernières semaines les professionnels de la restauration ou bien le secteur du ski. Un appel à soutenir ce recours a été relayé par plusieurs centaines de directeurs et directrices de théâtres et compagnies à travers la France.(AFP)
Syndicats et artistes s'apprêtent à saisir la plus haute juridiction administrative, le Conseil d'Etat, via un «référé liberté», une procédure d'urgence, comme ont pu le faire ces dernières semaines les professionnels de la restauration ou bien le secteur du ski. Un appel à soutenir ce recours a été relayé par plusieurs centaines de directeurs et directrices de théâtres et compagnies à travers la France.(AFP)
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Publié le Mardi 15 décembre 2020

Dans la rue et en justice, le monde de la culture en France prépare la riposte

  • Mardi, théâtres et cinémas auraient dû lever le rideau après un mois et demi de fermeture pour cause de confinement. Mais c'est finalement dans la rue qu'ils donneront de la voix, avec des rassemblements prévus à Paris et dans les régions
  • Le Premier ministre Jean Castex avait annoncé jeudi que la fermeture des lieux culturels serait prolongée, au moins jusqu'au 7 janvier, en raison de la situation sanitaire et malgré la levée du confinement

PARIS: Cueilli à froid par la décision de prolonger la fermeture des théâtres et cinémas, le monde de la culture fait monter la pression: une mobilisation prévue dans la rue et des recours en préparation devant le Conseil d'Etat.

Mardi, théâtres et cinémas auraient dû lever le rideau après un mois et demi de fermeture pour cause de confinement. Mais c'est finalement dans la rue qu'ils donneront de la voix, avec des rassemblements prévus à Paris et dans les régions.

Le Premier ministre Jean Castex avait annoncé jeudi que la fermeture des lieux culturels serait prolongée, au moins jusqu'au 7 janvier, en raison de la situation sanitaire et malgré la levée du confinement.

De quoi faire fulminer le monde de la culture qui s'estime oublié par l'exécutif depuis le début de la crise sanitaire et a décidé cette fois de riposter.

Syndicats et artistes s'apprêtent à saisir la plus haute juridiction administrative, le Conseil d'Etat, via un «référé liberté», une procédure d'urgence, comme ont pu le faire ces dernières semaines les professionnels de la restauration ou bien le secteur du ski. Un appel à soutenir ce recours a été relayé par plusieurs centaines de directeurs et directrices de théâtres et compagnies à travers la France.

Et les salles obscures ne sont pas en reste: la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a décidé lundi de préparer son propre recours, en parallèle, auquel devraient se joindre d'autres professionnels du 7e art. Elle espère être reçue rapidement par le ministère.

Pour peser, la CGT-Spectacle veut aussi se faire entendre dans la rue. «Oui, la culture est essentielle», clame le syndicat qui appelle les salariés du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel à se rassembler à Paris, place de la Bastille, mardi à midi, pour dénoncer la «politique du yoyo du gouvernement».

Des rassemblements sont aussi prévus dans une quinzaine d'autres villes, de Brest à Nice en passant par Strasbourg, avec pour objectif de peser pour obtenir «la réouverture de tous les lieux de spectacle».

- Enseignes rallumées - 

De leur côté, les acteurs Jacques Weber, Audrey Bonnet et François Morel ont appelé à protester, toujours mardi, devant le Théâtre de l'Atelier (à Montmartre) à 18H30 pour exprimer leur «dégoût» et leur «colère» face aux décisions du gouvernement.

«Nous ne sommes pas des rebelles. Nous ne sommes pas des révolutionnaires. Nous ne sommes pas des agitateurs. Nous ne sommes pas fous, nous ne sommes pas inconscients», indique un communiqué du théâtre, dénonçant «un profond mépris à l'égard du secteur culturel et artistique tant nous atteignons une apogée en matière d’incohérence».

Même colère du côté des salles obscures. Elles qui étaient fin prêtes à rouvrir, avant la période cruciale des vacances de Noël, sont appelées à rallumer symboliquement leurs enseignes entre 17H00 et 18H00, «en signe de protestation», a expliqué à l'AFP le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Marc-Olivier Sebbag.

A Sarlat, au coeur de la Dordogne, toute l'équipe du Rex, un cinéma indépendant, a annoncé qu'elle se tiendrait symboliquement devant son établissement pour «faire part de sa colère».

Vécue comme une rupture d'égalité par rapport aux commerces, la décision de maintenir les lieux culturels fermés «est le coup de trop», résume Nicolas Rihet, patron d'un distributeur indépendant, Alba Films, qui compte se rendre au rassemblement parisien.

«On a l'impression que les lieux culturels sont fermés pour rien, alors que les centres commerciaux, eux, sont ouverts et bondés», explique-t-il à l'AFP. «Les Français ont besoin de se divertir, et pas seulement devant la télé. Ce gouvernement veut que les gens pètent un câble!».

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".