Des cyberattaques anti-US sophistiquées mettent Washington en état d'alerte

Les Etats-Unis ont fait face à des cyberattaques d’envergure (Photo/AFP).
Les Etats-Unis ont fait face à des cyberattaques d’envergure (Photo/AFP).
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Publié le Mardi 15 décembre 2020

Des cyberattaques anti-US sophistiquées mettent Washington en état d'alerte

  • Washington prend très au sérieux des cyberattaques ayant visé des services fédéraux aux Etats-Unis, dont le ministère de la Sécurité intérieure
  • Les contenus que les pirates ont cherché à dérober et l'éventuel succès de leurs tentatives ne sont pas connus à ce jour

NEW YORK: Washington prend très au sérieux des cyberattaques ayant visé des services fédéraux aux Etats-Unis, dont le ministère de la Sécurité intérieure, ainsi que des entreprises et qui pourraient avoir été coordonnées par un gouvernement étranger, d'autant que ces piratages sont susceptibles de se multiplier.

L'agence américaine en charge de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures (Cisa), rattachée au ministère de la Sécurité intérieure (DHS), a émis dimanche soir une consigne d'urgence après la révélation de ces piratages.

« La directive de ce soir a pour but de réduire les risques potentiels au sein des réseaux de l'administration fédérale. Nous exhortons l'ensemble de nos partenaires - dans la sphère publique et privée - à évaluer leur exposition à ce risque et à sécuriser leurs réseaux contre toute exploitation », a imploré Brandon Wales, le patron de Cisa.

Le responsable des relations avec la presse du DHS, Alexei Woltornist, a confirmé lundi dans un communiqué être au courant de ces attaques informatiques qui, selon le Washington Post, auraient notamment ciblé son ministère.

« Si quiconque a des informations supplémentaires liées aux cyber-intrusions, merci de contacter Cisa à [email protected] », a ajouté Woltornist.

Infiltration et vol de données 

Selon le groupe de sécurité informatique FireEye, lui-même victime de cyberattaques la semaine dernière, des gouvernements et des entreprises du domaine du conseil, de la tech et de l'énergie ont été ciblés en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

Aux Etats-Unis, en plus du DHS, les départements du Trésor et du Commerce ainsi que plusieurs agences fédérales auraient été touchés, selon des informations de presse.

Les pirates ont infiltré les systèmes informatiques de ces différentes entités, profitant d'une mise à jour d'un logiciel de surveillance développé par l'entreprise SolarWinds et utilisé par des dizaines de milliers d'entreprises et d'administrations dans le monde.

« Cette campagne a possiblement débuté dès le printemps 2020 et se poursuit à l'heure actuelle », a indiqué FireEye dans un article de blog, qui précise que les cybercriminels ont tenté d'infiltrer l'ensemble des réseaux de leurs cibles et de voler des données.

Les contenus que les pirates ont cherché à dérober et l'éventuel succès de leurs tentatives ne sont pas connus à ce jour.

La Russie soupçonnée

Les méthodes employées portent en revanche la marque d'un acteur étatique, croit savoir Microsoft, qui mène également l'enquête sur ces attaques.

« Nous pensons qu'il s'agit d'une opération menée à large échelle par un Etat-nation, visant à la fois le gouvernement et le secteur privé », a estimé le géant informatique dans un article de blog.

Si Microsoft s'est gardé de nommer un pays, plusieurs médias américains ont pointé du doigt le groupe russe « APT29 », également connu sous le nom de « Cozy Bear ».

Selon le Washington Post, ce groupe fait partie des services de renseignement de Moscou et a déjà piraté l'administration américaine pendant la présidence de Barack Obama.

Dans un communiqué diffusé sur Facebook, l'ambassade de Russie aux Etats-Unis a démenti catégoriquement ces accusations, assurant que « la Russie ne mène pas d'opérations offensives dans le cyberespace ».  

Pour Hank Schless, de l'entreprise californienne de cybersécurité Lookout, la sphère publique comme la sphère privée doivent de plus en plus se méfier des piratages orchestrés depuis l'étranger.

« Des Etats-nations hostiles reconnaissent l'intérêt de cibler les deux secteurs, ce qui signifie qu'aucun n'est préservé de ce genre d'attaques, soutenues par des ressources gouvernementales », explique l'expert.

Recommandations

Face à cette menace grandissante, Cisa a ordonné à l'ensemble des agences fédérales américaines de se déconnecter immédiatement de la plateforme de SolarWinds.

FireEye et Microsoft ont également énuméré une série de recommandations, dont le renouvellement des mots de passe, l'utilisation d'antivirus et le passage en revue des appareils utilisant le logiciel piraté.

Selon Matt Walmsley de Vectra, un fournisseur californien de services de détection de cyberattaques, des piratages comme celui révélé dimanche sont appelés à se multiplier, présentant de nouveaux défis pour les entreprises comme pour les gouvernements.

« Les équipes en charge de la sécurité doivent radicalement réduire le risque d'intrusion en repérant et en comprenant immédiatement qui accède à leurs données ou modifie leurs configurations, indépendamment de la façon dont ces acteurs opèrent et de leur localisation », préconise Walmsley.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.