En Birmanie, la longue attente des 48 000 personnes évacuées après les inondations

Une femme patauge dans une rue inondée de la commune de Bago, dans la région de Bago, au Myanmar, le 12 août 2023. (AFP).
Une femme patauge dans une rue inondée de la commune de Bago, dans la région de Bago, au Myanmar, le 12 août 2023. (AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 13 août 2023

En Birmanie, la longue attente des 48 000 personnes évacuées après les inondations

  • Les inondations et les glissements de terrain provoqués par la mousson en Birmanie ont fait cinq morts et contraint environ 48 000 personnes à fuir leur domicile
  • Des bénévoles distribuent des repas, composés de riz et d'œufs au curry dans un monastère, aux centaines de familles qui attendent là, assises sur des nattes disposées sur le sol, dans une grande salle ouverte sur l'extérieur

BAGO : Sous une moustiquaire, dans un monastère birman, un bébé dort paisiblement, indifférent aux centaines de personnes qui, samedi, font la queue pour obtenir un peu de nourriture, en attendant une décrue pour rentrer chez eux.

''
Des habitants déplacés par les inondations se réfugient dans l'enceinte d'un monastère à la suite des pluies de mousson dans la commune de Bago, dans la région de Bago, au Myanmar, le 12 août 2023. (AFP). 

Les inondations et les glissements de terrain provoqués par la mousson en Birmanie ont fait cinq morts et contraint environ 48 000 personnes à fuir leur domicile, selon le ministère en charge de la gestion des catastrophes.

Dans la ville de Bago, au nord-est de la capitale Rangoun, des enfants flottent sur des pneus en caoutchouc, en faisant entendre leurs cries de joie. De leur côté, les adultes pagayent dans des canoës en bois remplis de provisions pour rejoindre les abris au milieu d'une eau trouble et brunâtre.

Des bénévoles distribuent des repas, composés de riz et d'œufs au curry dans un monastère, aux centaines de familles qui attendent là, assises sur des nattes disposées sur le sol, dans une grande salle ouverte sur l'extérieur.

Parents et enfants sont à l'étroit, recroquevillés au milieu des sacs qui contiennent leurs maigres possessions - des vêtements suspendus à des cordes à linge de fortune.

Même dans ces conditions exiguës, les victimes des inondations sont contentes d'être en sécurité et au sec, assure l'une d'elles, Tin Win, 52 ans.

"S'il ne pleut plus, nous espérons rentrer chez nous dans trois jours", dit-elle à l'AFP.

Dans toute la ville, des chiens se sont précipités dans des temples bouddhistes ou sur des marches pour échapper aux eaux de crue, sous la pluie battante.

Cinq morts

Selon le bureau météorologique de Birmanie, la rivière Bago est montée d'environ 30cm et devrait entamer sa décrue dans les prochains jours.

La Birmanie est frappée par de fortes pluies chaque année à la même époque, mais des phénomènes météorologiques extrêmes se sont produits dans le monde entier ces dernières semaines, aggravés, selon les scientifiques, par le changement climatique.

Les inondations ont commencé fin juillet et ont touché neuf Etats et régions du nord au sud du pays.

Ohm Kyi, 64 ans, raconte les difficultés qu'elle a rencontrées pour échapper au déluge.

"Nous avons loué un bateau pour transporter quelques affaires de la maison, mais le bateau ne pouvait pas s'approcher. Nous avons donc dû marcher dans l'eau et porter tout ce que nous pouvions", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Nous n'avons pris que quelques vêtements, des casseroles et des assiettes".

Cinq personnes ont trouvé la mort à travers le pays ces derniers jours, a déclaré à l'AFP Lay Shwe Zin Oo, haute fonctionnaire au ministère chargé des secours.

"Nous avons fourni la nourriture de première nécessité, dont des nouilles instantanées et de l'eau potable", a-t-elle expliqué, précisant que les personnes déplacées sont hébergées dans des monastères, des écoles et des lieux plus élevés.

Dans l'Etat Karen, fortement frappé par les inondations, des volontaires de la Croix-Rouge en Birmanie continuent à évacuer des familles, distribuer de la nourriture et à prodiguer des soins, a indiqué l'organisation sur X (anciennement Twitter).

Outre les intempéries, la Birmanie est en proie à un conflit civil sanglant entre la junte, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État en février 2021, et des groupes armés opposés à son régime.

Le pays est le théâtre d'un violent conflit civil, qui a fait plus de 3 000 morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers d'habitants, depuis le putsch du 1er février 2021 qui a renversé la dirigeante élue Aung San Suu Kyi.

Les Nations unies ont vivement critiqué la junte pour sa gestion des conséquences du cyclone Mocha, qui a tué au moins 148 personnes et détruit de nombreuses habitations. Elle avait refusé d'autoriser l'aide internationale à être acheminée vers la région touchée.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.