Argentine: Des artistes saoudiens contribuent à la Bienalsur 2023

L'œuvre de Hmoud al-Attawi intitulée «Connexions» est composée d'anneaux de tasbih numériques et met en évidence l'utilisation des mains dans les pratiques religieuses. (Instagram/wasm_studio)
L'œuvre de Hmoud al-Attawi intitulée «Connexions» est composée d'anneaux de tasbih numériques et met en évidence l'utilisation des mains dans les pratiques religieuses. (Instagram/wasm_studio)
La Bienalsur continuera à collaborer avec son réseau de musées associatifs, de centres culturels et d'universités à travers le monde pour faire le tour de l'exposition. Les versions ultérieures du spectacle comprendront des œuvres supplémentaires de sept autres artistes saoudiens. (Photo fournie)
La Bienalsur continuera à collaborer avec son réseau de musées associatifs, de centres culturels et d'universités à travers le monde pour faire le tour de l'exposition. Les versions ultérieures du spectacle comprendront des œuvres supplémentaires de sept autres artistes saoudiens. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 14 août 2023

Argentine: Des artistes saoudiens contribuent à la Bienalsur 2023

  • L'exposition multipolaire, sur le thème «Des étrangers dans le palais», sera présentée dans 170 lieux dans 70 villes du monde
  • Cette année marquera la troisième collaboration de l'Arabie saoudite avec la Bienalsur

RIYAD : Un groupe d'artistes saoudiens atteint de nouveaux sommets grâce à leur participation à la Bienalsur, la Biennale d'art contemporain internationale de l'Amérique du Sud, dans la capitale argentine, Buenos Aires.

Le Musée national des arts décoratifs s'est transformé sous le thème de 2023, «Étrangers au Palais». Le spectacle a été inauguré par Anibal Jozami, directeur général de la Bienalsur, et Diana Wechsler, directrice artistique et conservatrice de l'exposition.

La Bienalsur présente les œuvres de plus de 400 artistes de 27 nationalités différentes, dont trois artistes saoudiens : Hmoud al-Attawi, Saad al-Howede et Sara Abdu. Leurs œuvres font partie du volet argentin de l'exposition internationale.

«Millat Ibrahim» de Saad al-Howede. (Photo fournie)
«Millat Ibrahim» de Saad al-Howede. (Photo fournie)

Al-Howede a déclaré à Arab News : «La participation des artistes saoudiens à des événements artistiques internationaux de la taille de la Bienalsur, ou de toute autre grande exposition internationale, renforce leur présence à l'échelle mondiale, accroît leur valeur et contribue à la création d'un mouvement culturel basé sur une culture authentique enracinée dans l'histoire humaine.»

«Cela stimule également le secteur artistique du Royaume, favorise la diffusion de l'art saoudien et crée un dialogue culturel conforme à la nature de la participation à une biennale mondiale importante.»

Respectant ses principes égalitaires, la Bienalsur est la première biennale d'art contemporain multipolaire voyageant à travers le monde : elle collabore avec son réseau de musées associatifs, de centres culturels et d'universités du monde entier au cours de son édition 2023.

Les versions ultérieures de l'exposition incluront des œuvres supplémentaires de sept artistes saoudiens : Zahra al-Ghamdi, Hatem Al-Ahmad, Saeed Gamhawi, Saeed Gebaan, Tasnim Sultan, Moath Aloifi et Shahad Yousef.

En 2019, l'Arabie saoudite est devenue le premier pays du Moyen-Orient à accueillir la Bienalsur au Musée national de Riyadh. Cette année marquera la troisième collaboration de l'Arabie saoudite avec la Bienalsur.

Saad al-Howede, Artiste saoudien
Saad al-Howede, Artiste saoudien

Lors de l'ouverture de l'exposition, Wechsler a déclaré : «Le Royaume a été le premier pays du Moyen-Orient à rejoindre le réseau de la Bienalsur. Pour nous à la Bienalsur, travailler avec des artistes du Royaume est une merveilleuse opportunité de découvrir la diversité et l'échange ».

Le titre de l'exposition fait référence à la nature contrastée des œuvres d'art contemporain et de l'espace dans lequel elles sont exposées.

Wechsler a ajouté : «Le Musée national des arts décoratifs est situé dans un palais historique qui abrite une collection unique d'œuvres d'art classiques et d'artefacts. Le titre reflète également la nature internationale de l'exposition, étant donné que des artistes du monde entier viennent participer à l’exposition en Argentine, contribuant ainsi à l'échange culturel par l'art.»

L'œuvre de Sara Abdu, intitulée «Le déchargé est désenchaîné de ce qui ne lui appartient pas», est une installation vidéo de 6 minutes qui explore le processus infini de devenir. Ce processus est personnifié à travers des mouvements et des motions. (Photo fournie par l'artiste)
L'œuvre de Sara Abdu, intitulée «Le déchargé est désenchaîné de ce qui ne lui appartient pas», est une installation vidéo de 6 minutes qui explore le processus infini de devenir. Ce processus est personnifié à travers des mouvements et des motions. (Photo fournie par l'artiste)

 

EN BREF

  • La Biennale d'art contemporain internationale de l'Amérique du Sud a ouvert ses portes à Buenos Aires en juillet
  • Elle présente les œuvres de plus de 400 artistes de 27 nationalités différentes, dont trois artistes saoudiens

«Mon œuvre d'art couvre les trois religions abrahamiques - le judaïsme, le christianisme et l'islam. Ces trois religions sont répandues en Argentine, ont une présence active et sont homogènes et en harmonie. Le concept de mon œuvre renforce cette harmonie et ce rapprochement ».

Saad al-Howede, artiste saoudien

Le thème suscite différentes notions. Pour les artistes saoudiens, il les place dans le contexte d'une scène mondiale : alors que le monde de l'art, considéré comme assez jeune dans la région, continue de croître, les artistes basés en Arabie saoudite sont de nouvelles figures émergentes qui apportent des nuances différentes dans leur travail.

Selon Al-Howede, ils sont «étrangers en termes de nationalité, de langue, de culture, d'identité et de patrimoine culturel. Nos relations humaines et nos circonstances mutuelles sur cette planète sont ce que nous avons en commun.»

Le travail contemporain des artistes locaux et internationaux juxtapose les sculptures et les peintures classiques du palais, créant un dialogue autour de la fugacité de l'art et contrastant le classique et le contemporain.

«Travailler avec des artistes saoudiens à Bienalsur est une opportunité magnifique de découvrir la diversité et de promouvoir l'échange,» affirme Diana Wechsler, directrice artistique et conservatrice
«Travailler avec des artistes saoudiens à Bienalsur est une opportunité magnifique de découvrir la diversité et de promouvoir l'échange,» affirme Diana Wechsler, directrice artistique et conservatrice

L'œuvre d'Al-Howede, intitulée «Millat Ibrahim» (soit La Croyance d'Abraham), accueille les visiteurs sur le balcon de l'entrée principale du palais, l'un des emplacements importants réservés aux œuvres saoudiennes.

Al-Howede a déclaré : «Mon œuvre d'art couvre les trois religions abrahamiques - le judaïsme, le christianisme et l'islam. Ces trois religions sont répandues en Argentine, ont une présence active et sont homogènes et en harmonie. Le concept de mon œuvre renforce cette harmonie et ce rapprochement.»

«Mon travail explore la possibilité de développer des valeurs universelles communes plus proches de la solidarité et de la fraternité humaine. Il remet également en question la capacité de l'humanité à développer un nouveau système dédié à la compréhension des relations entre les êtres humains ».

En tant que saoudien, exposer son œuvre d'art à travers le monde lui confère un sentiment de responsabilité envers les philosophies et les récits que les artistes créent, a-t-il ajouté.

L'œuvre de Sara Abdu, intitulée «Le déchargé est désenchainé de ce qui ne lui appartient pas», est une installation vidéo de six minutes qui explore le processus infini de devenir, personnifié à travers des mouvements et des motions. Alors qu'une figure énigmatique se transforme en un groupe d'oiseaux, cela joue sur la recherche constante de soi pour un voyage plus grand.

L'œuvre puise dans les représentations coraniques des oiseaux, en particulier l'histoire du prophète Daoud et des oiseaux qui l'ont accompagné lors de son passage. Abdu s'inspire également du poème de Farid ud-Din Attar, «La Conférence des Oiseaux». Son travail met en avant l'idée que le soi est en constante transformation, éphémère, en arrivée et en devenir.

La Bienalsur cherche à créer de nouvelles formes d'échange en reliant des artistes et des conservateurs interculturels dans diverses atmosphères, suscitant un discours autour de notions rarement liées.

Depuis l'Argentine, les œuvres seront exposées dans 170 lieux de 70 villes à travers le monde, incluant la présentation de 2023 à l'Université des Beaux-Arts de Tokyo, au Japon, en décembre.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".