Grève des enseignants non rémunérés dans les zones contrôlées par les Houthis

Des élèves participent à des exercices matinaux à Sanaa, une ville contrôlée par les Houthis, au Yémen. (Reuters/File Photo)
Des élèves participent à des exercices matinaux à Sanaa, une ville contrôlée par les Houthis, au Yémen. (Reuters/File Photo)
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Publié le Lundi 14 août 2023

Grève des enseignants non rémunérés dans les zones contrôlées par les Houthis

  • L'indignation grandit face à la milice qui manque de payer les fonctionnaires
  • Des milliers d'employés du gouvernement dans les zones contrôlées par les Houthis n'ont pas été payés depuis la fin de l'année 2016

AL-MUKALLA : Les enseignants yéménites se sont mis en grève dans les zones contrôlées par les Houthis, alors que l'indignation grandit face à la milice qui ne paye pas les employés du secteur public.

Lors d'une rare manifestation publique, les enseignants de la capitale du Yémen, Sanaa, et d'autres grandes villes ont séché les cours pour faire pression sur les Houthis afin qu'ils versent leurs salaires, qu'ils n'ont pas reçus depuis sept ans.

Le Teachers Club, une organisation regroupant les enseignants des zones contrôlées par les Houthis, a indiqué dans une série de communiqués que les enseignants avaient décidé de faire grève après avoir appris que les hauts dirigeants houthis du Conseil politique suprême, les ministres, les députés et les fonctionnaires des ministères de l'Électricité et de l'Eau, entre autres, étaient payés.

Dimanche, le club a confirmé la grève et a déclaré que les Houthis avaient commencé à enlever des enseignants et à en licencier d'autres afin de les inciter à ne pas débrayer.

Les enseignants ont déclaré que les Houthis avaient approuvé un « calendrier d'urgence » qui prévoit le remplacement des enseignants en grève par d'autres qui peuvent donner des cours sur une courte période.

Selon le plan des Houthis, « au lieu de seize, un professeur de physique ne donnera que quatre cours par mois ».

Des milliers d'employés du gouvernement dans les zones contrôlées par les Houthis n'ont pas été payés depuis la fin de l'année 2016, lorsque la milice a refusé de remettre les revenus de l'État à la Banque centrale à Aden pour protester contre son déménagement de Sanaa.

Bien qu'ils aient collecté des milliards de riyals yéménites auprès d'entités publiques et d'autres sources, les Houthis ont refusé de payer les fonctionnaires et ont insisté pour que le gouvernement yéménite d'Aden le fasse.

Les Houthis ont réagi au boycott en kidnappant des enseignants, dont un chef de syndicat nommé Mohsen Al-Dar, en interrogeant d'autres personnes dans des centres de sécurité et en les accusant de travailler pour le gouvernement internationalement reconnu et pour la coalition arabe.

Abu Zaid Al-Kumaim, directeur du syndicat des enseignants, a déclaré avoir reçu des témoignages « douloureux » d'enseignants non rémunérés qui se sont suicidés ou qui ont rompu avec leur conjoint parce qu'ils n'étaient pas en mesure de nourrir leurs enfants ou de payer leur loyer.

Al-Kumaim a publié sur sa page Facebook un message d'un enseignant non rémunéré depuis trois décennies, qui vit avec un seul rein et a deux enfants malades. Il se plaint que les Houthis l'aient étiqueté, ainsi que d'autres enseignants qui réclamaient leur salaire, comme partisan de leurs opposants.

« Quiconque réclame son salaire devient-il soudainement un mercenaire et violent ? N'est-ce pas mon droit, en tant qu'enseignant depuis 33 ans, d'obtenir mon petit salaire pour que moi et mes enfants puissions vivre ? », a-t-il déclaré dans sa lettre.

Dimanche, Al-Kumaim a déclaré à Arab News que 80 à 100 % des enseignants avaient respecté l'appel à la grève lancé par le syndicat et que les Houthis avaient libéré les enseignants enlevés.

Des militants et des journalistes yéménites ont exprimé leur soutien aux enseignants en grève et ont demandé aux Houthis de les indemniser afin que les cours puissent reprendre. Le journaliste Jameel Mofereh a reproché aux Houthis d'insister pour que les fonctionnaires yéménites se fassent payer par l'Arabie saoudite.

« Parce que vous (les Houthis) êtes une autorité, vous avez des comptes à rendre non seulement à nous, mais aussi à Dieu, pour les personnes dont vous avez la charge. Ne me dites pas que j'attends mes salaires de l'Arabie saoudite », a déclaré Mofereh.

Abdul Wahab Qatran, un militant juridique basé à Sanaa, a également demandé aux Houthis d'indemniser les enseignants en grève et de cesser de les intimider.

« Payez le salaire des enseignants du Yémen. Vos tentatives pathétiques d'instiller la terreur au sein du Club des enseignants échoueront », a-t-il déclaré sur Twitter.

Selon les estimations du gouvernement yéménite, les Houthis ont amassé 4 620 milliards de riyals yéménites (1 YER = 0,0036 euros) provenant des taxes, des douanes, de la zakat, du pétrole, des compagnies de téléphonie mobile et de la vente de gaz importé d'Iran depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU au début de 2022.

Les recettes sont plus que suffisantes pour indemniser les fonctionnaires dans les zones contrôlées par les Houthis, a déclaré le gouvernement.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.