L'Irlande du Nord marque le 25e anniversaire de l'attentat d'Omagh

Des hommages floraux sont déposés dans le jardin en tant que membres de la famille des personnes tuées dans l'attentat à la bombe d'Omagh (Photo, AFP)
Des hommages floraux sont déposés dans le jardin en tant que membres de la famille des personnes tuées dans l'attentat à la bombe d'Omagh (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 14 août 2023

L'Irlande du Nord marque le 25e anniversaire de l'attentat d'Omagh

  • Pour marquer l'anniversaire, un service commémoratif organisé par des groupes de victimes a eu lieu dans la petite ville du centre de l'Irlande du Nord
  • Le 15 août 1998, une voiture piégée, posée par des républicains dissidents, explose dans le centre-ville animé d'Omagh, tuant 29 personnes

OMAGH: Familles des victimes, survivants et responsables politiques se sont réunis dimanche pour marquer le 25e anniversaire de l'attentat à la bombe d'Omagh, le plus meurtrier du conflit nord-irlandais, dans un contexte de tensions sécuritaires et politiques dans la province britannique.

Le 15 août 1998, une voiture piégée, posée par des républicains dissidents, explose dans le centre-ville animé d'Omagh, tuant 29 personnes et en blessant 220. L'attentat a lieu quatre mois après la signature de l'accord du Vendredi Saint, censé mettre un terme à trois décennies de violences entre unionistes (surtout protestants) et républicains (en majorité catholiques) en Irlande du Nord, un conflit qui a fait plus de 3.000 morts.

Pour marquer l'anniversaire, un service commémoratif organisé par des groupes de victimes a eu lieu dans la petite ville du centre de l'Irlande du Nord. Une cérémonie privée sera aussi organisée pour les familles mardi 15 août.

Perpétré par l'IRA véritable, un groupe dissident opposé à la paix, pendant un cessez-le-feu de l'IRA (Armée républicaine irlandaise), l'attentat avait permis de rallier une grande partie de l'opinion publique à l'accord de paix.

Parmi les victimes figuraient des catholiques comme des protestants, une femme enceinte et de nombreux jeunes, dont deux touristes espagnols. Un quart de siècle plus tard, après des années de querelles juridiques et d'enquêtes, personne n'a été condamné pour l'attentat.

Le service commémoratif a enchainé musiques traditionnelles jouées à la cornemuse irlandaise, hymnes et prières en anglais, en espagnol et en irlandais. Les noms des 29 victimes ont été lus et un moment de silence a été observé en leur mémoire.

Michael Gallagher, dont le fils Aidan est mort dans l'attentat à l'âge de 21 ans, a remercié "ceux que nous avons perdus en chemin et qui ont contribué à reconstruire les coeurs et les esprits de ceux qui ont été touchés par cette atrocité".

Il a qualifié le mémorial de "témoignage puissant de l'esprit et de la cohésion de la communauté, 25 ans après que notre petite ville a été déchirée".

Enquête indépendante 

Jonathan Caine, ministre britannique au sein du ministère en charge de l'Irlande du Nord, ainsi que Peter Burke, ministre irlandais de la Défense, ont participé aux commémorations à Omagh.

En février, le gouvernement britannique a annoncé l'ouverture d'une enquête indépendante pour déterminer si l'attentat aurait pu être évité, après que la Haute Cour de Belfast a jugé cette hypothèse "plausible" en 2021.

Un quart de siècle après la fin des "Troubles", le Brexit a ravivé les tensions dans la province britannique.

Les commémorations ont lieu alors que les institutions politiques issues de l'accord de paix sont à l'arrêt depuis un an et demi, le principal parti unioniste (DUP) refusant de participer à l'exécutif.

Opposé aux règles commerciales imposées après le Brexit qui menacent, selon lui, les liens de la province avec le reste du Royaume-Uni, le DUP boycotte depuis plus d'un an les institutions locales, censées être partagées avec les républicains du Sinn Fein, vainqueurs des dernières élections dans la province.

Du point de vue sécuritaire, un policier a été visé en février par une tentative de meurtre dans la banlieue d'Omagh. A la suite de cette attaque, le gouvernement britannique a relevé le niveau de la menace terroriste dans la province.

La tentative de meurtre de John Caldwell, membre des forces de l'ordre depuis 26 ans, avait été unanimement condamnée en Irlande du Nord. Revendiquée par le groupe Nouvelle IRA, elle rappelle que les policiers, régulièrement pris pour cible pendant le conflit nord-irlandais, peuvent être encore dans le collimateur.

Le dernier policier assassiné par des républicains dissidents, Ronan Kerr, a trouvé la mort à Omagh en 2011 dans l'explosion d'une voiture piégée devant son domicile.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.