Kiev défie Moscou avec un navire cargo en mer Noire

Le premier cargo empruntant les nouvelles voies maritimes de la mer Noire quitte le port d'Odessa, dans le sud du pays, le 16 août 2023 (Photo, AFP).
Le premier cargo empruntant les nouvelles voies maritimes de la mer Noire quitte le port d'Odessa, dans le sud du pays, le 16 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 17 août 2023

Kiev défie Moscou avec un navire cargo en mer Noire

  • L'annonce de la sortie en mer Noire du « Joseph Schulte», battant pavillon de Hong Kong, a eu lieu malgré un nouveau bombardement nocturne russe des infrastructures céréalières ukrainiennes sur le Danube
  • Le Danube est devenu l'une des principales voies de sortie des produits agricoles ukrainiens depuis que Moscou a mis fin en juillet à l'accord sur les exportations de céréales, source de revenus pour Kiev

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié mercredi d'"étape importante" le départ d'un premier cargo du port d'Odessa en mer Noire, un défi lancé à la Russie qui menace de couler de tels navires depuis qu'elle a mis fin à l'accord permettant à l'Ukraine d'exporter ses céréales.

L'annonce de la sortie du porte-conteneurs "Joseph Schulte", battant pavillon de Hong Kong, a eu lieu malgré un nouveau bombardement nocturne russe des infrastructures céréalières ukrainiennes sur le Danube, dans la région d'Odessa.

Ce bâtiment "navigue le long du couloir provisoirement établi pour les navires civils", a annoncé Oleksandre Koubrakov, le ministre ukrainien chargé des infrastructures.

Dans l'après-midi, le "Joseph Schulte" se dirigeait vers le port turc d'Ambarli en mer de Marmara.

"L'Ukraine vient de franchir une étape importante dans le rétablissement de la liberté de navigation en mer Noire. Le premier navire civil a emprunté le nouveau couloir humanitaire ukrainien, au départ du port d'Odessa", a s'est félicité dans la soirée M. Zelensky sur X (ex-Twitter).

Les autorités ukrainiennes avaient annoncé la semaine dernière ouvrir à titre "provisoire" de tels couloirs maritimes.

Et ce malgré l'attitude de la Russie qui a procédé le week-end dernier à des tirs de sommation à l'intention d'un cargo qui se dirigeait vers Izmaïl, un port du Danube dans le sud de l'Ukraine.

Ce fleuve est devenu l'une des principales voies de sortie des produits agricoles ukrainiens depuis que Moscou a rendu caduc en juillet l'accord sur les exportations de céréales, source de revenus pour Kiev.

Frappes sur le Danube

L'armée russe a continué dans la nuit de mardi à mercredi de bombarder les infrastructures portuaires du Danube, avec une nouvelle attaque de drones.

Conséquence, "des entrepôts de céréales ont été endommagés", a annoncé le gouverneur de la région d'Odessa Oleg Kiper.

Ces raids russes le long de ce fleuve montrent que le président russe Vladimir Poutine "se moque" de l'approvisionnement en denrées alimentaires essentielles des pays en voie de développement, a réagi mercredi la diplomatie américaine.

Un autre bombardement russe a provoqué dans l'après-midi la mort d'un homme de 18 ans et fait quatre blessés dans la région de Dnipro, dans le centre-est, selon les autorités locales.

S'agissant de la difficile contre-offensive ukrainienne en cours depuis juin, Kiev a annoncé mercredi la libération d'Ourojaïné, une localité de la région de Donetsk, sur le front sud, le principal axe d'attaque des Ukrainiens.

L'Ukraine avait déjà revendiqué lundi quelques gains dans les parties orientale et méridionale de son territoire, en particulier aux alentours de Bakhmout, dans l'est. Des avancées qui restent modestes, après deux mois de combats.

Situation «plus compliquée»

L'armée ukrainienne reconnaît une situation devenue "plus compliquée" dans le nord-est, autour de Koupiansk, où les Russes sont à l'offensive depuis plusieurs semaines.

"Tous les jours, l'ennemi tente de percer notre défense en différents endroits", a à cet égard raconté le commandant des forces terrestres Oleksandre Syrsky.

Les autorités locales encouragent d'ailleurs l'évacuation des personnes les plus vulnérables.

"Je suis malade et il faut que je sorte mon petit-fils de là", a témoigné auprès de l'AFP une habitante de la région de Koupiansk, Vira Vouneskou, 53 ans, avant de monter dans un minibus en demandant à ses proches de "ne pas pleurer".

L'armée russe a assuré mercredi avoir encore "amélioré" ses positions dans ce secteur du front.

45 000 combattants moscovites

"Il est absolument clair que nous avons appris à contrer" les armes occidentales fournies à Kiev, a pour sa part lâché l'ex-président russe Dmitri Medvedev, ajoutant : "les tentatives de contre-offensive menées par l'Ukraine (...) sont essentiellement infructueuses".

Il faisait ces remarques à l'occasion de la visite d'une exposition présentant en périphérie de Moscou des "trophées" de l'armée russe en Ukraine, dont des chars français et des engins britanniques.

Rare estimation chiffrée d'une partie des forces déployées par la Russie chez son voisin, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a quant à lui affirmé que près de 45 000 Moscovites combattaient actuellement sur le sol ukrainien.

Kiev, qui réclame encore et toujours plus d'aide occidentale, assure toujours de son côté que sa contre-offensive progresse méthodiquement, face à des lignes de défense russes faites de tranchées, de champs de mines et de pièges antichars.

Parallèlement, le territoire russe continue d'être la cible de frappes ukrainiennes.

Une personne a ainsi été tuée et deux autres blessées mardi au cours d'un bombardement dans la région frontalière russe de Belgorod, a dit mercredi le gouverneur régional, Viatcheslav Gladkov.

Les services de sécurité russes (FSB) ont le même jour affirmé avoir "éliminé" quatre "saboteurs" ukrainiens qui tentaient de pénétrer à partir de l'Ukraine dans la région de Briansk, également proche du territoire ukrainien. La deuxième tentative d'incursion en deux jours annoncée par Moscou.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.