Les poumons verts de la Grèce brûlent et avec eux leur biodiversité

Le 24 août 2023, une forêt a brûlé lors d'incendies à Kirki, un village près d'Alexandroupoli. (AFP)
Le 24 août 2023, une forêt a brûlé lors d'incendies à Kirki, un village près d'Alexandroupoli. (AFP)
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Publié le Samedi 26 août 2023

Les poumons verts de la Grèce brûlent et avec eux leur biodiversité

  • Une nouvelle vague de feux a ravagé depuis une semaine deux parcs nationaux à la biodiversité rare
  • Sur les contreforts du mont Parnès, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale, le vert du maquis et des chênes a disparu sur des versants entiers, métamorphosé en une palette lunaire de squelettes de pins et de tortues asphyxiées

FYLÍ, GRÈCE: L'ampleur des dégâts provoqués par les incendies dans deux poumons verts de la Grèce n'est pas encore connue que déjà des inquiétudes s'élèvent sur la capacité de ces forêts à surmonter cet énième sinistre et, pour la richesse naturelle, à être ravivée.

Une nouvelle vague de feux a ravagé depuis une semaine deux parcs nationaux à la biodiversité rare.

En juillet, ce furent les îles de Rhodes, Corfou et d'Eubée et une partie de l'Attique, la région qui entoure Athènes, qui ont été la proie des flammes.

Dans le nord-est de la Grèce, dans le parc Natura 2000 de Dadia, mondialement connu pour ses rapaces, "la dévastation écologique sera incalculable après cet incendie" déclenché le 19 août, prédit le maire de la petite ville de Soufli, Panagiotis Kalakikos.

Le nombre de pompiers déployés dans cette forêt parmi les plus protégées d'Europe, en partie déjà brûlée en 2022, est "minime du fait de la gravité de la situation sur l'ensemble du territoire grec", estime pour sa part Dora Skartsi, directrice de la Société pour la protection de la biodiversité de Thrace.

Des centaines de départs de feux ont été enregistrés à travers le pays ces derniers jours, dont un brasier particulièrement menaçant aux portes d'Athènes.

Sur les contreforts du mont Parnès, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale, le vert du maquis et des chênes a disparu sur des versants entiers, métamorphosé en une palette lunaire de squelettes de pins et de tortues asphyxiées.

"On ne reverra pas de si tôt les cerfs rouges", icônes de cette région de l'Attique, se désolent des responsables hôteliers interrogés le long de la route qui mène au sommet.

Il ne culmine qu'à 1 400 mètres, mais il est "très populaire" auprès de randonneurs, joggeurs ou fans de pique-nique, souligne Miltos Gletsos de l'ONG Société hellénique pour la protection de la nature.

Il est "le premier contact avec la nature sauvage" pour les plus de 3 millions d'habitants de la capitale grecque si minérale et densément peuplée. Or, "il est perdu".

Disparu aussi potentiellement l'habitat de certaines des 166 espèces d'oiseaux observées à Dadia, dont deux classées comme menacées en Grèce (la cigogne noire et la perdrix grise), et qui pourraient être contraintes de se disperser pour survivre.

Dadia, situé à la frontière avec la Turquie, est aussi le seul site de reproduction pour les vautours noirs dans les Balkans. Le sort des quelques 35 couples recensés inquiète donc tout particulièrement. "Les oisillons pourront peut-être s'en être tirés", estime M. Gletsos, "mais il n'y aura peut-être plus de quoi nicher l'année prochaine".

Ce parc national n'est "pas un écosystème autonome", relève par ailleurs Dora Skartsi. "Si nous prenons en compte les zones forestières brûlées par l'incendie dans le sud de l'Evros (la région qui entoure Dadia, ndlr), nous parlons d'un énorme désastre écologique".

Des airs de Sisyphe

Des foyers couvaient encore samedi. Il est donc difficile de quantifier précisément l'ampleur des lésions et la manière dont la flore se remettra, sans parler des risques inhérents d'inondation et de glissements de terrains.

Mais un constat est récurrent. "Il ne s'agit pas d'un incident unique. Les feux se répètent et l'impact va croissant, il s'accumule", insiste M. Gletsos.

Rien que pour le mont Parnès, la superposition des zones brûlées est selon lui "gigantesque" entre l'incendie de 2007, qui avait touché non seulement la zone méditerranéenne du massif mais aussi les forêts de sapins qui ne peuvent se rétablir facilement, celui de 2021 puis le feu actuel.

"Les écosystèmes méditerranéens sont assez résilients face aux incendies. Mais combien de ces zones pourront se régénérer après avoir brûlé tant de fois ?", interroge aussi le responsable de WWF.

Sans attendre que les braises ne refroidissent, les organisations interrogées préconisent que la forêt ne serve pas à la construction d'hôtels ou d'habitations, en rappelant le cadre législatif existant sensé sanctuariser les espaces forestiers.

"La plus grande menace est en fait de savoir comment gérer cette forêt afin d'éviter des incendies aussi intenses et étendus", estime Demetres Karavellas de WWF.

"Beaucoup d'efforts et d'argent sont consacrés à la régénération naturelle ou au reboisement, pour finalement voir ces magnifiques forêts brûler à nouveau dans 10 ou 15 ans", note-t-il.

C'est "comme le mythe de Sisyphe", mais, selon lui, "nous devons arrêter ce cycle, et gérer enfin nos forêts".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.