Rapprochement en cours entre le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite

La réunion semestrielle du Joint Business Council (Conseil d’entreprises commun) saoudien-britannique, organisée par le Conseil des chambres saoudiennes. (Photo Fournie)
La réunion semestrielle du Joint Business Council (Conseil d’entreprises commun) saoudien-britannique, organisée par le Conseil des chambres saoudiennes. (Photo Fournie)
Short Url
Publié le Jeudi 17 décembre 2020

Rapprochement en cours entre le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite

  • Le ministre saoudien du Commerce, le Dr Majid al-Qasabi, affirme qu'il existe d'innombrables opportunités dans lesquelles les deux royaumes peuvent coopérer, dans différents secteurs
  • Le lord-maire de Londres, William Russell, insiste également sur les opportunités liées à la fintech et au financement vert dans les deux pays, soulignant l’expérience de Londres dans ces secteurs

RIYAD: D’investissements dans des mégaprojets de plusieurs milliards de dollars jusqu’à l'apprentissage en ligne, en passant par la fintech (technologie financière) et le financement vert, il existe de nombreux secteurs que l'Arabie saoudite et le Royaume-Uni considèrent comme des opportunités de croissance, alors que ce dernier se prépare à quitter l'Union européenne (UE) et à adopter une approche plus globale, dans une perspective de commerce indépendante.

S'exprimant lors de la réunion semestrielle du Joint Business Council (Conseil d’entreprises commun) saoudien-britannique, organisée par le Conseil des chambres saoudiennes, le ministre saoudien du Commerce, le Dr Majid al-Qasabi, a affirmé qu'il existe d'innombrables opportunités dans lesquelles les deux royaumes peuvent coopérer, dans différents secteurs.

Le Dr Emad al-Thukair, président du Joint Business Council saoudien-britannique, a lui aussi déclaré lors de l'événement virtuel que dans un monde post-Brexit, «il existe d'énormes opportunités de coopération entre le Royaume et le Royaume-Uni dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'énergie.»

La professeure Lilac al-Safadi, présidente de l'Université électronique saoudienne, souligne les perspectives dans le secteur de l'enseignement à distance, précisant que le plan Vision 2030 de l'Arabie saoudite met l'accent sur l'innovation et l'éducation en tant que facteurs fondamentaux de la croissance sociale et économique.

«La pandémie de Covid-19 elle seule n’a pas abouti à la transformation de l'apprentissage en ligne en Arabie saoudite. Des facteurs fondamentaux ont conduit à la transformation de l'éducation avant la pandémie. Il s’agissait des besoins en constante évolution du marché du travail, de l’accélération de la diffusion de la technologie, et de la facilité de déploiement dans le pays, ainsi que de la détermination des dirigeants à mener une transformation numérique et à améliorer l’efficacité des dépenses gouvernementales», précise Lilac al-Safadi.

Elle déclare qu'une récente étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en collaboration avec l'université de Harvard, a reconnu l'Arabie saoudite comme l'un des pays les mieux préparés à répondre aux urgences liées à l’éducation.

La professeure affirme que la préparation numérique du Royaume, la formation des enseignants à l’utilisation d’outils pédagogiques modernes, et la relation de coopération dont jouissent les éducateurs du Royaume au sein de la communauté sociale au sens large, sont à la base des résultats obtenus.

Ajlan al-Ajlan, président du Conseil des chambres saoudiennes, explique que le Royaume a connu des réformes économiques sans précédent depuis le lancement de Vision 2030 et des mégaprojets saoudiens. Il déclare que la ville de Neom, le développement du centre de divertissement de Qiddiya, ainsi que le projet de la mer Rouge axé sur le tourisme sont des «manifestations concrètes» des réformes du Royaume.

«Il existe de nombreuses opportunités dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de la fintech. Nos partenaires britanniques sont invités à explorer ces opportunités d'investissement prometteuses», ajoute-t-il.

Le projet de la mer Rouge constitue l’un des mégaprojets présentés au cours du volet consacré à l’investissement. Annoncée par le prince héritier Mohammed ben Salmane en juillet 2017, la première phase du projet phare devrait être inaugurée en 2022. Une fois achevé, en 2030, le programme de développement côtier comprendra 50 hôtels, – proposant jusqu'à 8 000 chambres et 1 300 propriétés résidentielles – répartis sur vingt-deux îles et sur six sites intérieurs.

Ajlan al-Ajlan souligne l'importance du partenariat saoudien-britannique, le qualifiant d'«unique». Faisant écho à ses propos, la baronne Elizabeth Symons, coprésidente du Joint Business Council saoudien-britannique, déclare que les relations économiques saoudo-britanniques sont «fortes et en évolution», saluant la récente présidence du Groupe des vingt (G20) par le Royaume et sa contribution pour soutenir la reprise économique mondiale.

Le lord-maire de Londres, le conseiller municipal William Russell, insiste également sur les opportunités liées à la fintech et au financement vert dans les deux pays, soulignant l’expérience de Londres dans ces secteurs.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.