La grève à Hollywood prive la Mostra de Venise de ses paillettes

C'est le président du jury Damien Chazelle, dont les films "La La Land" (2016) et "First Man" (2018) ont fait l'ouverture en grande pompe du festival, qui a donné son coup d'envoi officiel du festival (Photo, AFP).
C'est le président du jury Damien Chazelle, dont les films "La La Land" (2016) et "First Man" (2018) ont fait l'ouverture en grande pompe du festival, qui a donné son coup d'envoi officiel du festival (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 31 août 2023

La grève à Hollywood prive la Mostra de Venise de ses paillettes

  • La Mostra est le premier grand festival mondial à faire les frais de la grève des scénaristes américains
  • C'est le président du jury Damien Chazelle qui a donné son coup d'envoi officiel, tout en étant lui-même un fervent soutien de la grève

VENISE: Victime de la grève à Hollywood, la 80e Mostra de Venise s'est ouverte mercredi soir sans stars ni paillettes, avec un film italien remplaçant au pied levé la production américaine initialement prévue.

C'est le président du jury Damien Chazelle, dont les films "La La Land" (2016) et "First Man" (2018) ont fait l'ouverture en grande pompe du festival, qui a donné son coup d'envoi officiel, tout en étant lui-même un fervent soutien de la grève, un sujet sur toutes les bouches à Venise.

"Toute oeuvre d'art a une valeur en soi et n'est pas juste un contenu - un mot très en vogue à Hollywood en ce moment - pour alimenter un tuyau", a ainsi estimé lors d'une conférence de presse le cinéaste, qui arborait un T-shirt de soutien au mouvement. "L'art passe avant les contenus", a-t-il insisté.

La Mostra est le premier grand festival mondial à faire les frais de la grève des scénaristes américains, rejoints par les acteurs, qui demandent une meilleure rémunération et un encadrement de l'intelligence artificielle.

Leur puissant syndicat, le SAG-AFTRA, interdit à ses membres de tourner mais aussi de participer à la promotion des films.

Ainsi, la nouvelle coqueluche d'Hollywood Zendaya devait inaugurer la Mostra avec "Challengers" de Luca Guadagnino mais le mouvement social américain en a décidé autrement.

Le film a été remplacé par une production italienne, "Comandante", sur un épisode méconnu du début de la Seconde Guerre mondiale.

Privée de ses stars américaines, la cérémonie d'ouverture au palais du cinéma, sur le Lido, a dû se contenter d'un tapis rouge très italo-italien, mais a été touchée par un moment de grâce lorsque Charlotte Rampling a remis un Lion d'or d'honneur à la cinéaste italienne Liliana Cavani, auteure du sulfureux "Portier de nuit".

Dans un hommage émouvant à la réalisatrice de 90 ans, l'actrice britannique, qui incarnait dans ce film sorti en 1974 une rescapée des camps de concentration ayant une relation avec son ex-tortionnaire, a rappelé comment Cavani, à travers cet "électrochoc", avait "exploré les recoins les plus sombres de l'âme humaine".

Liliana Cavani, émue, a profité de sa tribune pour réclamer davantage "d'équilibre" entre hommes et femmes dans le cinéma. "Il y a des femmes, des scénaristes, des réalisatrices, qui travaillent aussi bien que les hommes", a-t-elle glissé dans un sourire.

Jeudi, "Ferrari" de Michael Mann sera l'un des évènements de la compétition. Ce biopic du fondateur de la marque bénéficie d'une dérogation qui permet à son protagoniste Adam Driver d'être présent.

Il faudra par contre se passer de Bradley Cooper, en lice à la fois comme réalisateur et acteur pour "Maestro", un biopic du compositeur américain Leonard Bernstein.

Egalement en lice pour le Lion d'Or, remporté l'an dernier par la documentariste Laura Poitras ("Toute la beauté et le sang versé"), David Fincher et Sofia Coppola.

«L'homme et l'artiste»
Cette édition se distingue aussi par le retour de cinéastes mis en cause dans des affaires d'agressions sexuelles, qu'ils contestent.

Parmi eux, Roman Polanski, 90 ans, vit en Europe à l'abri de la justice américaine qu'il fuit depuis plus de 40 ans après une condamnation pour des relations sexuelles illégales avec une mineure.

Persona non grata à Hollywood, le réalisateur de "Rosemary's baby" a vu sa situation basculer en France depuis la polémique autour du César de la réalisation obtenu en 2020, alors qu'il était visé par de nouvelles accusations d'agressions sexuelles.

Il est désormais considéré par une large partie de la profession comme l'un des symboles d'une certaine impunité. La Mostra le remet en lumière avec "The Palace", présenté hors compétition. Polanski n'a toutefois pas prévu de venir à Venise.

Woody Allen, lui, a vu la quasi-totalité de l'industrie lui tourner le dos après des accusations d'agression sexuelle de sa fille adoptive, qu'il nie et pour lesquelles aucune enquête n'a abouti. Il présentera hors compétition son 50e film, "Coup de chance", tourné à Paris avec des acteurs français.

"Il faut de toute façon faire la distinction entre l'homme et l'artiste. L'histoire de l'art est pleine d'artistes qui étaient des criminels et, pourtant, nous continuons à admirer leurs oeuvres", a estimé le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, interrogé par l'AFP.

La sélection de 23 films compte cinq femmes pour 19 hommes en lice pour le Lion d'Or, décerné le 9 septembre et qui a été remporté par des réalisatrices ces trois dernières années.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".