Au G20, une famille internationale «dysfonctionnelle» va chercher des compromis

Les drapeaux des pays participants sont représentés à l'intérieur du centre des médias internationaux sur le site du G20, quelques jours avant son ouverture à New Delhi le 7 septembre 2023. (Photo Money SHARMA / AFP)
Les drapeaux des pays participants sont représentés à l'intérieur du centre des médias internationaux sur le site du G20, quelques jours avant son ouverture à New Delhi le 7 septembre 2023. (Photo Money SHARMA / AFP)
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Publié le Vendredi 08 septembre 2023

Au G20, une famille internationale «dysfonctionnelle» va chercher des compromis

  • La plupart des chefs d'Etat et de gouvernement sont arrivés vendredi à New Delhi, pour participer à une réunion de deux jours, samedi et dimanche
  • Modi a réitéré son souhait d'élargir le bloc en G21 avec «l'inclusion de l'Union africaine en tant que membre permanent»

NEW DELHI: La réunion d'une famille "dysfonctionnelle": voilà comment le patron de l'Onu a décrit vendredi le sommet du G20, qui cherchera des compromis en matière d'économie et de climat, mais qui reste profondément divisé sur la guerre en Ukraine.

La plupart des chefs d'Etat et de gouvernement sont arrivés vendredi à New Delhi, pour participer à une réunion de deux jours, samedi et dimanche.

Elle se tiendra sans le président russe Vladimir Poutine et sans le président chinois Xi Jinping, dont l'absence pose la question de la pertinence de ce grand raout diplomatique.

Le G20 est né en 2008 de la volonté de réguler la finance mondiale, alors dévastée, en mettant autour d'une même table vieilles nations industrialisées et puissances émergentes.

Biden et Modi

Joe Biden, qui compte bien occuper l'espace laissé vacant par ses grands rivaux, a commencé vendredi par une réunion bilatérale avec Narendra Modi.

Le Premier ministre indien veut profiter de ce sommet des 20 premières économies mondiales pour affirmer sa place dans la hiérarchie diplomatique mondiale.

Le chef de gouvernement nationaliste hindou et le président démocrate, à l'issue d'une rencontre fermée à la presse mais dont New Delhi a diffusé des images, ont vanté dans un communiqué commun un "partenariat solide et durable".

Dans la foulée, depuis Washington, le gouvernement américain a annoncé que les deux pays mettaient fin à leur tout dernier différend à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui concernait l'importation en Inde de produits agricoles américains.

Washington et New Delhi avaient déjà mis fin à plusieurs autres litiges commerciaux en juin, lors de la visite d'Etat de M. Modi à la Maison Blanche.

Et ce dernier s'est dit vendredi "impatient" de recevoir à nouveau M. Biden l'an prochain pour une réunion du Quad (Japon, Australie, Inde, Etats-Unis), ce format diplomatique que Washington a relancé pour en remontrer à la Chine.

L'absence des dirigeants chinois et russe "est une déception pour l'Inde", a commenté Kurt Campbell, un conseiller de Joe Biden, mais "pour nos interlocuteurs indiens, c'est à la fois gratifiant et rassurant que les Etats-Unis soient au rendez-vous".

Les Américains entendent peser de tout leur poids au moment où la famille mondiale se montre bien "dysfonctionnelle", comme l'a déploré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

"Les divisions s'accroissent, les tensions explosent et la confiance s'érode - ce qui, (mis) ensemble, fait planer le spectre de la fragmentation et, à terme, de la confrontation" a-t-il déclaré.

Vers un G21?

Kurt Campbell, côté américain, a toutefois assuré que les négociations avaient progressé sur le climat, et sur la formulation qui figurerait en la matière dans le communiqué final de la réunion.

Sur l'Ukraine en revanche, il a laissé entendre que les désaccords subsistaient, lors d'un échange avec la presse: "les Etats-Unis et leurs alliés restent concentrés, déterminés et résolus pour ce qui concerne l'Ukraine, et nous l'avons dit tout à fait clairement à tous nos interlocuteurs."

L'Inde n'a pas adhéré aux sanctions contre Moscou après l'invasion. Et d'autres pays émergents refusent de s'aligner sur les Occidentaux.

Les Etats-Unis en sont conscients, et de toute façon leur priorité à New Delhi est économique: doper les capacités de financement de la Banque mondiale notamment, pour offrir une alternative aux gigantesques plans d'investissement chinois, les "Nouvelles routes de la soie."

La Russie est représentée par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, qui a déjà donné le ton dans un communiqué: "Nous travaillons étroitement avec tous les pays du G20 afin de (...) lutter contre les tentatives d'expliquer les problèmes humanitaires et économiques dans le monde uniquement par 'le conflit en Ukraine'".

La Chine envoie quant à elle le Premier ministre Li Qiang.

Jeudi, M. Modi a réitéré son souhait d'élargir le bloc en G21 avec "l'inclusion de l'Union africaine en tant que membre permanent". Un projet qui, c'est chose rare au G20, semble plus ou moins faire consensus.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.