Aux origines de la procédure de destitution contre Biden, les soupçons distillés par Trump

Kevin McCarthy, "speaker" républicain de la Chambre des représentants, a demandé ce mardi une enquête en destitution contre Joe Biden (Photo, AFP).
Kevin McCarthy, "speaker" républicain de la Chambre des représentants, a demandé ce mardi une enquête en destitution contre Joe Biden (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 14 septembre 2023

Aux origines de la procédure de destitution contre Biden, les soupçons distillés par Trump

  • Donald Trump voit une procédure en destitution contre Joe Biden son successeur comme un juste retour de bâton
  • La demande d'enquête en destitution formulée mardi par Kevin McCarthy est a priori vouée à l'échec

WASHINGTON: Voici quatre ans, les pressions de l'ancien président Donald Trump sur l'Ukraine pour obtenir des informations potentiellement compromettantes concernant son rival Joe Biden, lui ont valu un procès en destitution.

Aujourd'hui, à partir des mêmes soupçons diffus, la droite américaine a engagé une procédure similaire contre Joe Biden, successeur de Donald Trump à la Maison Blanche.

La demande d'enquête en destitution formulée mardi par le président républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a priori vouée à l'échec puisque les démocrates sont majoritaires au Sénat, fait suite à des récriminations répétées de Donald Trump.

"Les républicains au Congrès, qui veulent bien faire, passent leur temps à parler d'une enquête en destitution contre Joe Biden-la-Crapule", soupirait-il fin août sur son réseau Truth Social. "Biden est une pure crapule, il n'y a pas besoin d'une longue enquête pour le prouver, c'est déjà prouvé", affirmait-il.

L'ancien président voyait une procédure en destitution contre son successeur comme un juste retour de bâton. "Ils nous l'ont fait à nous!", concluait-il en référence aux deux procès en destitution qui ont abouti à son acquittement, en 2020 et 2021, le Sénat étant alors contrôlé par les républicains.

Le 25 juillet 2019, lors d'un échange téléphonique controversé - le premier d'une série d'appels, qualifiés de "parfaits" par Donald Trump - il demandait au président ukrainien Volodymyr Zelensky une enquête dans son pays sur Joe Biden, son probable adversaire à la présidentielle de novembre 2020, et sur le groupe gazier ukrainien Burisma.

Ses soupçons se concentraient sur Burisma car le fils de Joe Biden, Hunter Biden, avait siégé plusieurs années au conseil d'administration du groupe, moyennant de généreuses rémunérations, alors que M. Biden était vice-président de Barack Obama (2009-2017) et supervisait la politique américaine en Ukraine.

Dès 2018, Donald Trump avait dépêché en Ukraine son avocat personnel, Rudy Giuliani, afin d'y dénicher des informations susceptibles d'embarrasser Joe Biden, court-circuitant et dénigrant l'ambassadrice américaine à Kiev, Marie Yovanovitch, finalement rappelée brutalement à Washington en 2019.

Procureur ukrainien limogé
Fait aggravant: l'appel téléphonique du 25 juillet 2019 coïncidait avec le gel du versement d'une aide militaire de 400 millions de dollars à l'Ukraine, conférant à la demande du président républicain une possible dimension de chantage.

Le 24 septembre 2019, la prédécesseuse démocrate de Kevin McCarthy, Nancy Pelosi, lançait la première procédure en destitution contre lui.

Mais le parallèle s'arrête là: contrairement à la discussion téléphonique devant témoins entre MM. Trump et Zelensky, les agissements potentiellement répréhensibles de Hunter Biden, voire de son père, restent à établir.

Les parlementaires conservateurs reprochent à Hunter Biden d'avoir fait des affaires douteuses en Ukraine et en Chine en capitalisant sur les réseaux et le nom de son père.

Mais ils vont encore plus loin, en s'interrogeant sur de possibles motivations inavouables aux pressions exercées sur Kiev par Joe Biden en tant que vice-président pour obtenir le limogeage du procureur général Viktor Chokine.

L'éviction du procureur en 2016 faisait suite à des efforts coordonnés des Etats-Unis avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), qui l'accusaient de couvrir la corruption et de saboter les réformes du gouvernement.

Dans une lettre au département d'Etat datée de mardi, l'élu républicain dirigeant la commission d'audit de la Chambre des représentants, James Comer, demande à la diplomatie américaine des explications sur son "soudain changement d'attitude" en 2015 envers M. Chokine et ses services.

Donald Trump et ses alliés ont souvent affirmé, sans fournir ni preuve ni motif plausible, que le procureur avait été écarté en raison de la menace qu'il aurait représentée pour Hunter Biden.

Le fils du président est actuellement poursuivi pour fraude fiscale et pour acquisition d'une arme à feu alors qu'il était toxicomane mais n'a pas été inquiété par la justice pour ses activités à l'étranger.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.