Brexit: ultimes négociations pour combler le «fossé» entre Londres et l'UE

Des pêcheurs nettoient et réparent leurs casiers à homard alors qu'ils se préparent pour leur prochain voyage en mer, sur la jetée sud du port de pêche du port de Bridlington, au nord-est de l'Angleterre, le 11 décembre 2020. (AFP)
Des pêcheurs nettoient et réparent leurs casiers à homard alors qu'ils se préparent pour leur prochain voyage en mer, sur la jetée sud du port de pêche du port de Bridlington, au nord-est de l'Angleterre, le 11 décembre 2020. (AFP)
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Publié le Vendredi 18 décembre 2020

Brexit: ultimes négociations pour combler le «fossé» entre Londres et l'UE

  • Européens et Britanniques tentent d’arracher un accord sur leur relation post-Brexit avant l'échéance du 31 décembre
  • Les négociations achoppent sur la question de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques

BRUXELLES : Européens et Britanniques étaient engagés vendredi dans une «dernière tentative» pour combler le «fossé» qui les sépare, en particulier sur la pêche, et arracher un accord sur leur relation post-Brexit avant l'échéance fatidique du 31 décembre.

«Je dois dire que la situation semble difficile, il y a un fossé à combler. Nous avons fait beaucoup et nous espérons que nos amis de l'UE (...) viendront à la table avec quelque chose», a averti le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Londres juge que les demandes de l'UE sur la pêche ne sont pas «raisonnables». Cette question est hypersensible pour plusieurs États membres, dont la France, les Pays-Bas et l'Espagne et les Européens ont répété à maintes reprises qu'il n'y aurait pas d'accord commercial sans compromis sur ce point.

Pour Bruxelles, les deux camps doivent faire «un effort réel et concret». «Nous sommes à un moment de vérité. Il nous reste très peu de temps, quelques heures utiles dans cette négociation», a mis en garde vendredi leur négociateur Michel Barnier.

Après un début de semaine marqué par un optimisme prudent, l'heure semble au durcissement des positions.

«Le pessimisme» de Boris Johnson «est tactique, pour tenter d'arracher des concessions de dernière minute aux Européens», estimait cependant l'expert de l'Eurasia group, Mujtaba Rahman, ajoutant que «retarder un accord jusqu'au dernier moment présentait aussi l'avantage de limiter son examen au strict minimum» par le Parlement britannique.

Le Parlement européen a averti, pour sa part, vouloir un accord d'ici «dimanche minuit», pour l'examiner et le ratifier afin qu'il puisse entrer en vigueur le 1er janvier, une fois que le divorce avec le Royaume-Uni – qui a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier dernier –  sera définitif.

La saga du Brexit a cependant été riche en rebondissements et il n'est pas exclu que les négociations puissent se poursuivre au-delà de dimanche. Reste la possibilité d'une entrée en vigueur provisoire d'un accord conclu dans les tout derniers jours de décembre, une option qui semble avoir la faveur des États membres mais à laquelle s'oppose le Parlement européen.

À l'issue de son coup de fil avec Boris Johnson jeudi soir, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit que les négociations se poursuivaient vendredi. «Elle ne voulait pas dire qu'elles se terminaient aujourd'hui, il n'y a pas de fin actée, prévue, officialisée», a rappelé un porte-parole, interrogé sur une date butoir autre que celle du 31 décembre.

Sur la question lancinante de la pêche, l'UE veut conserver un accès aux eaux poissonneuses britanniques mais le Royaume-Uni, qui en fait un symbole de sa souveraineté retrouvée, n'a proposé qu'un maintien de la situation actuelle pendant trois ans, avant de décider des droits de pêche qu'il accordera.

- «Ni juste ni acceptable» -

«Nous ne demandons rien de plus qu'un équilibre entre les droits et les obligations, et la réciprocité s'agissant de l'accès de nos marchés et des eaux» a répété Michel Barnier.

Si le Royaume-Uni veut pouvoir couper l'accès à ses eaux, «l'UE doit aussi avoir un droit souverain de réagir ou de compenser, en ajustant alors les conditions d'accès à son marché pour l'ensemble des produits et notamment les produits de pêche et c'est là où se trouve l'une des grandes difficultés», a-t-il reconnu.

« Il ne serait ni juste ni acceptable que les pêcheurs européens n'aient dans les eaux britanniques que des droits transitoires qui s'évaporeraient un jour alors que tout le reste de l'accord notamment pour les entreprises britanniques, lui, resterait stable», a-t-il expliqué.

Les deux autres sujets qui bloquaient jusqu'alors les discussions – les conditions de concurrence équitable et la gouvernance du futur accord – semblent en voie de résolution.

Sur les garanties réclamées par l'UE en matière de concurrence afin de se prémunir contre tout dumping social, fiscal ou environnemental de la part des entreprises britanniques, le Royaume-Uni a fait des concessions et attend en échange plus de souplesse de Bruxelles sur la pêche.

Sans accord commercial, les échanges entre l'UE et Londres se feront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.