Après les plateformes, la fiction télé se prépare à la révolution de l'IA

Les 5 logos des chaînes de télévision publiques françaises (Photo, AFP).
Les 5 logos des chaînes de télévision publiques françaises (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 16 septembre 2023

Après les plateformes, la fiction télé se prépare à la révolution de l'IA

  • Preuve de son caractère brûlant, l'IA a volé vendredi la vedette à la «plateformisation»
  • En attendant, l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français, suit «avec attention le développement» de l'IA

LA ROCHELLE: "Révolution industrielle" pour la patronne de France Télévisions, "occasion unique" pour son homologue de TF1... Après l'essor du streaming, l'intelligence artificielle s'impose comme le prochain gros défi de l'audiovisuel, à l'heure où Hollywood se mobilise pour mieux encadrer ces bouleversements technologiques.

Preuve de son caractère brûlant, l'IA a volé vendredi la vedette à la "plateformisation" - le basculement de la télé traditionnelle vers les contenus numériques à la demande -, thème initialement retenu pour le grand débat organisé chaque année au Festival de la fiction de La Rochelle.

"L'intelligence artificielle, c'est formidable, au double sens du terme", a notamment résumé la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. "C'est formidable au sens +extraordinaire+" et "au sens latin, c'est-à-dire +qui fait peur+" puisqu'on "ne sait pas bien jusqu'où ça va aller", a-t-elle ajouté.

"C'est la révolution industrielle des cols blancs", a-t-elle prévenu, à l'heure où le déploiement rapide des IA dites génératives, capables de créer des textes, des sons et des images, fait craindre un remplacement des métiers et un pillage culturel.

La France ayant "toujours été aux avant-postes de l'exception culturelle, du droit d'auteur, on a tous ensemble (auteurs, producteurs, éditeurs, gouvernement, etc.) une responsabilité particulière à élaborer ensemble une sorte de régulation" pour "éviter" les dérives de l'IA sans "empêcher son développement", a souligné la dirigeante du groupe public.

«Logique défensive»

"C'est nécessaire, c'est urgent", a abondé Nora Melhli, du Syndicat des producteurs indépendants (SPI), rappelant que la grève en cours depuis mai à Hollywood "a démarré en partie à cause de l'IA".

Favorable lui aussi à une "logique défensive" pour protéger notamment les auteurs, le PDG de TF1, Rodolphe Belmer, a tenu à insister sur les bénéfices potentiels des nouvelles technologies.

Outre une optimisation de certaines tâches, l'intelligence artificielle pourrait, selon lui, aider à "produire des valeurs de spectacle", comme des effets spéciaux, à moindre frais, permettant de rivaliser avec les géants américains malgré "des budgets européens".

"Il faut voir cela aussi comme une occasion qui est probablement unique de remettre l'industrie de la création européenne au centre du jeu audiovisuel mondial", a résumé M. Belmer.

"C'est un phénomène qu'il vaut mieux embrasser parce que, de toute façon, il est là et il va grandissant", a estimé la présidente de l'Union syndicale de la production audiovisuelle (Uspa), Iris Bucher.

Obligation de transparence, subventions fléchées vers les sociétés recourant à des humains... La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a déjà quelques pistes, même s'il est "trop tôt pour avoir des solutions définitives", selon son directeur général, Pascal Rogard.

Télés connectées 

En attendant, l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français, suit "avec attention le développement" de l'IA et "son impact sur la création", avait indiqué en introduction du débat son président, Roch-Olivier Maistre.

Il a insisté sur la "triple révolution" affectant déjà le paysage audiovisuel français, avec la baisse de la durée d'écoute de la télé traditionnelle, la puissance des plateformes numériques américaines, qui vampirisent les recettes publicitaires et ne sont pas soumises aux même règles, et l'essor des télés connectées.

Concernant ces dernières, Rodolphe Belmer voit un "sujet majeur" dans le système d'exploitation développé par Google car il favorise l'accès à sa plateforme de vidéos Youtube, au détriment de celles de TF1 ou M6.

Cette question n'a pas échappé à l'Arcom, qui délibérera prochainement sur une mesure censée garantir "la bonne exposition" des "acteurs nationaux", selon Roch-Olivier Maistre.

Au rang des bonnes nouvelles, le top 20 des fictions les plus regardées à la télé traditionnelle en 2022 est intégralement tricolore pour la troisième année consécutive.

"On a réduit fortement la dépendance de nos chaînes au marché américain", a d'ailleurs souligné Guillaume Charles, responsable des antennes et des contenus du groupe M6, pour qui la grève hollywoodienne est "gênante mais pas vitale".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".