Tunisie: Un spectacle pour «casser les murs» des handicaps et des différences

Des danseurs se produisent lors d'un spectacle visant à sensibiliser les enfants handicapés, à Tunis le 20 septembre 2023 (Photo, AFP).
Des danseurs se produisent lors d'un spectacle visant à sensibiliser les enfants handicapés, à Tunis le 20 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 25 septembre 2023

Tunisie: Un spectacle pour «casser les murs» des handicaps et des différences

  • Son spectacle réunit 15 danseurs dont 5 professionnels et 5 porteurs de handicaps
  • Dans son spectacle, le chorégraphe s'inspire du rythme de la «hadra»

TUNIS: Rayen est atteint d'un trouble moteur, Nourhène porteuse d'une trisomie 21, Sondos et Ahmed sont des artistes reconnus, mais quand ces Tunisiens dansent ensemble, leurs différences s'estompent pour produire un spectacle inédit et émouvant, capable de "casser tous les murs".

Voir Iyed, un adolescent non-voyant de 13 ans, soulevé dans les airs par d'autres danseurs ou Rayen, 16 ans, descendu de son fauteuil roulant pour inventer sa chorégraphie au sol, suscite l'étonnement mais aucun sentiment de voyeurisme.

Le chorégraphe du spectacle, le Franco-Britannique Andrew Graham, 35 ans, basé à Marseille (France), est habitué à travailler avec des personnes aux "corporalités multiples", des personnes porteuses de handicap, des sans domiciles fixes.

"Le spectacle n'est pas du tout sur le handicap, j'ai créé une situation de diversité, de mixité, mais on ne fait que parler de danse", explique-t-il à l'AFP en marge des répétitions.

Son spectacle, Lines (Lignes) sera présenté à six reprises d'ici le 8 octobre, pendant le Festival Dream City, qui s'est ouvert vendredi à Tunis.

"Il y a beaucoup d'enfants en situation de handicap donc ça va poser pas mal de questions. Mais rapidement, les gens vont s'intéresser à la danse, à ce qu'ils font et pas à ce qu'ils sont". L'idée étant de "casser tous les murs qui nous empêchent d'inventer des choses exceptionnelles comme ce moment-là".

«Identités confondues»

Il a imaginé Lines après avoir dirigé en 2021 à Tunis des ateliers pour L'Art Rue, organisatrice de Dream City et promotrice d'activités pour rendre l'art accessible aux enfants défavorisés.

Son spectacle réunit 15 danseurs dont 5 professionnels et 5 porteurs de handicaps, leurs mamans, frères ou soeurs et même une interprète de la langue des signes.

"Ces identités confondues se mélangent", souligne M. Graham, qui y trouve un écho aux récits de son grand-père, un Sicilien de Tunisie, sur "ce pays extrêmement mixte, qui a brassé beaucoup de cultures".

Dans son spectacle, le chorégraphe s'inspire du rythme de la "hadra", les chants de la tradition soufie, complétés par de la musique électronique.

Il y fait figurer des mamans comme Hakima Bessoud, 49 ans, mère d'Iyed, qui a quitté en 2018 un poste à responsabilité dans le tourisme pour suivre son fils à la voix d'or, admis au conservatoire à Tunis.

La danse c'était "un rêve d'enfance qu'elle n'a pas pu continuer". Cette forte personnalité dit aussi avoir dû vaincre les réticences de son mari qui a "posé beaucoup de questions au début".

Depuis Lines, sa vie est "bouleversée: avant j'avais la routine d'une femme au foyer, les enfants, la maison, et j'avais la flemme. Maintenant j'ai plein d'énergie, je me dépêche de tout faire pour courir aux répétitions".

«L'artiste qu'est Nourhène»

Il est époustouflé d'avoir "découvert l'artiste qu'est Nourhène", sa soeur de 21 ans atteinte de trisomie. "On a tous un handicap, les gens qui verront le spectacle vont découvrir leur handicap de l'intérieur, ici c'est le paradis des gens différents", dit-il.

Pour la performeuse Sondos Belhassen, 55 ans, habituée aux spectacles bien calibrés, cette expérience "unique pour un danseur" l'a contrainte à "tout réadapter". "On est obligés d'être dans l'expérimentation, on n'a pas (en face) un corps formaté comme un danseur, on a un corps libre qui peut tout faire, même l'inattendu."

Cédric Mbourou, un danseur gabonais de 29 ans qui a dû se faire discret en mars, après une campagne xénophobe suscitée par un virulent discours anti-migrants du président tunisien Kais Saied, s'inscrit aussi "dans une optique de partage et d'entraide". Dans un spectacle où chacun est "le chorégraphe de son propre module", même les plus handicapés "parviennent à accomplir 80% de ce qu'ils veulent faire", s'étonne-t-il.

Ces personnes ont vécu "quelque chose de merveilleux", ont eu "de l'espace, du temps, des professionnels à leurs côtés pour les emmener ailleurs". "Je me demande quel poids ça va laisser dans leur univers", s'inquiète Mme Belhassen.

Pour combler ce vide, Andrew Graham espère que ce spectacle "très ambitieux" pourra "voyager dans le monde entier, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".