En Grèce, les victimes des inondations luttent pour reconstruire le peu qu'il reste

Cette photographie prise le 26 septembre 2023 montre des maisons endommagées après le retrait des eaux de crue de la tempête Daniel, dans le village de Vlochos, dans le centre de la Grèce. (Photo, AFP)
Cette photographie prise le 26 septembre 2023 montre des maisons endommagées après le retrait des eaux de crue de la tempête Daniel, dans le village de Vlochos, dans le centre de la Grèce. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 27 septembre 2023

En Grèce, les victimes des inondations luttent pour reconstruire le peu qu'il reste

  • Un nouveau front orageux, baptisé Elias par les météorologues, a commencé de s'abattre sur la Grèce mardi avec de fortes pluies et de la neige attendue à certains endroits
  • Le gouvernement a promis plus de deux milliards d'euros de fonds pour aider les habitants de la région à reconstruire leurs vies

VLOCHOS: Lorsque la tempête Daniel a déversé début septembre des trombes d'eau sur son village de Vlochos en Grèce centrale, Nikos Falangas a juste eu le temps de s'enfuir de sa maison avec sa femme et son enfant.

Trois semaines plus tard, alors que des tonnes de boue recouvrent encore une partie du village, cet employé de 51 ans a du mal à croire qu'il "reste si peu" de sa maison familiale.

"Tout ce que j'ai pu sauver, c'est une photo de famille et des jouets de mon enfant. C'est tout ce qui reste de la maison où je suis né et où j'ai grandi", raconte-t-il à l'AFP, les yeux embués de larmes.

"Les mots ne suffisent pas pour décrire la tragédie que nous vivons", poursuit-il.

Cette violente tempête, imputée au changement climatique et qui s'est abattue entre les 5 et 7 septembre, a fait 17 morts et dévasté la Thessalie, l'une de principales plaines agricole vitale pour le pays.

Les pluies diluviennes ont noyé des dizaines de milliers d'animaux d'élevage tout en détruisant des entrepôts contenant des céréales mais aussi des engrais, des désherbants, de l'essence et d'autres produits chimiques, laissant derrière elle un mélange toxique.

Cette tempête s'est ensuite déplacée vers la Libye provoquant des dégâts bien plus immenses.

«Plus rien à faire»

Eri, un ouvrier albanais de 35 ans qui habite un village voisin de Vlochos, aide à récupérer des appareils électroménagers à l'intérieur d'une autre maison.

Au plus fort de l'inondation, l'eau avait atteint "quatre mètres", soit les toits des maisons à étage", affirme-t-il.

"Maintenant il n'y a plus rien à faire ici. La plupart des villageois sont partis. Les quelques dizaines qui sont restés ont trouvé refuge dans l'église locale, située sur une colline proche, moins exposée au risque d'inondation", souligne-t-il.

Un fatras de meubles, d'appareils électroménagers détruits et de vêtements souillés sont encore entassés devant chaque maison à Vlochos et l'odeur pestilentielle des animaux morts et de l'eau souillée sature l'air.

Alors que les habitants s'affairent pour récupérer tout ce qui peut être sauvé, des nuages sombres s’amoncellent au-dessus de leur tête. Après quelques éclairs dans le ciel, d'épaisses gouttes de pluie ont commencé à tomber.

Un nouveau front orageux, baptisé Elias par les météorologues, a commencé de s'abattre sur la Grèce mardi avec de fortes pluies et de la neige attendue à certains endroits.

Le gouvernement a promis plus de deux milliards d'euros de fonds pour aider les habitants de la région à reconstruire leurs vies.

Les autorités grecques ont essuyé de vives critiques et la colère de nombreux habitants touchés par ces intempéries en raison notamment de la lenteur des secours due à un manque de coopération entre l'armée et la protection civile dans les heures qui ont suivi la catastrophe.

Dimitris Malai, un prof de gym de 27 ans, se dit déterminé à vivre dans son village natal.

"C'est ici que nous avons grandi. Nous voulons reconstruire notre village. Mais les autorités doivent faire quelque chose pour nous, sinon la vie ne pourra pas revenir ici", lâche-t-il.

«Ma vie arrachée»
Mais selon certains habitants de Vlochos, l'État est "absent".

"Personne n'est venu nous voir, nous aider. Seules quelques organisations caritatives nous ont soutenus", déplore Apostolis Makris, un officier de police de 62 ans.

"L'envoi par les autorités des bouteilles d'eau ne suffit pas", s'indigne Dimitris Anastasiou, 68 ans. "Nous avions tout et maintenant nous n'avons plus rien. Ce sont des escrocs", dit-il s'en prenant aux autorités gouvernementales.

Sa femme Gogo, 65 ans, s'est effondrée en rentrant dans leur maison dévastée. "Outre nos biens, les souvenirs de toute une vie ont été perdus. Nos objets de famille, nos photographies et nos objets de grande valeur sentimentale sont détruits", déplore-t-elle.

"C'est comme si une grande partie de ma vie avait été arrachée, c'est ce qui fait le plus mal", conclut-elle.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.