La Russie échoue à revenir au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Les délégués de l'Assemblée générale de l'ONU attendent les résultats de l'élection des nouveaux membres du Conseil des droits de l'homme, au siège de l'ONU à New York, le 10 octobre 2023 (Photo de Bryan R. Smith / AFP).
Les délégués de l'Assemblée générale de l'ONU attendent les résultats de l'élection des nouveaux membres du Conseil des droits de l'homme, au siège de l'ONU à New York, le 10 octobre 2023 (Photo de Bryan R. Smith / AFP).
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Publié le Mardi 10 octobre 2023

La Russie échoue à revenir au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

  • L'Assemblée générale de l'ONU renouvelait mardi, pour la période 2024-2026, 15 des 47 membres du Conseil des droits de l'Homme qui siège à Genève
  • En octobre 2020, la Russie avait été élue au Conseil des droits de l'Homme pour trois ans avec 158 voix --l'Ukraine avait remporté l'autre siège avec 166 voix

NATIONS UNIES: La Russie a échoué mardi à regagner un siège au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, dont elle avait été écartée après son invasion de l'Ukraine, réunissant toutefois, avec 83 voix, plus de soutien que ne devaient l'espérer l'Ukraine et ses alliés.

"La Russie peut se vanter d'avoir été soutenue par près de la moitié" des 193 Etats membres de l'ONU, a commenté Richard Gowan, de l'International Crisis Group.

"Cela appuie les affirmations de la Russie qui assure que son isolement diplomatique décroît progressivement alors que de nombreux Etats se lassent des débats autour de l'Ukraine", a-t-il déclaré à l'AFP, même si "les amis de l'Ukraine restent la force la plus puissante".

L'Assemblée générale de l'ONU renouvelait mardi, pour la période 2024-2026, 15 des 47 membres du Conseil des droits de l'Homme qui siège à Genève.

Alors que les Etats sont répartis par grande région, chaque groupe régional pré-sélectionne en général ses candidats approuvés ensuite sans difficulté par l'Assemblée générale.

Mais cette année, deux groupes comptaient plus de candidats que de sièges: l'Amérique latine (4 candidats pour 3 sièges) et l'Europe de l'Est (3 candidats pour 2 sièges).

Quelques jours après la frappe russe sur le village ukrainien de Groza où 52 personnes ont été tuées, tous les yeux étaient tournés vers la candidature russe.

Malgré un vote à bulletins secrets qui soulevait une certaine inquiétude du côté des Occidentaux, la Bulgarie et l'Albanie ont finalement été élues, avec respectivement 160 et 123 voix. La Russie a recueilli 83 suffrages.

"Les Etats membres de l'ONU ont envoyé un signal fort aux autorités russes", a estimé Louis Charbonneau, de l'ONG Human Rights Watch. "Nous sommes soulagés que les Etats ayant voté soient d'accord que (la Russie) ne peut légitimement pas avoir un siège" à ce Conseil, a ajouté Madeleine Sinclair, de l'International Service for Human Rights.

Défenseurs des droits de l'Homme et diplomates occidentaux avaient mis en garde ces derniers jours contre une réélection de la Russie.

L'Assemblée générale "a un choix important à faire, pour prouver qu'elle n'est pas prête à confondre pyromane et pompier", avait lancé lundi l'ambassadeur albanais à l'ONU Ferit Hoxha lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur le carnage de Groza.

Chine, Cuba, Burundi

"La réélection de la Russie dans cet organe, alors qu'elle continue à commettre des crimes de guerre et d'autres atrocités, serait une horrible tache qui saperait la crédibilité" des Nations unies, avait renchéri l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood.

La Russie s'était elle défendue. "Il n'y a pas de modèle de démocratie ou d'Etat voyou", a récemment déclaré son ambassadeur à l'ONU Vassili Nebenzia. "Aucun Etat membre ne peut affirmer être à l'abri de violations des droits humains".

En octobre 2020, la Russie avait été élue au Conseil des droits de l'Homme pour trois ans avec 158 voix --l'Ukraine avait remporté l'autre siège avec 166 voix--, mais l'Assemblée générale avait voté pour sa "suspension" en avril 2022 (93 voix pour, 24 contre, 58 abstentions).

Cette majorité contre la Russie était moins écrasante que celle des résolutions défendant l'intégrité territoriale de l'Ukraine (autour de 140 voix), mais la question du Conseil des droits de l'Homme était plus complexe, certains pays au bilan contestable en la matière craignant de subir un jour le même sort.

Les défenseurs des droits humains ont d'autre part dénoncé l'élection ou réélection de plusieurs autres pays, en particulier la Chine accusée de violations des droits de la minorité ouïghoure.

Mais la Chine ne risquait rien avec quatre candidats pour quatre sièges asiatiques. Elle est toutefois arrivée quatrième, avec 154 voix. "Cela laisse penser que s'il y avait eu une compétition dans le groupe Asie, la Chine aurait perdu et ça aurait dû se produire", a insisté Louis Charbonneau, réclamant une véritable compétition pour ces sièges.

Autres pays montrés du doigt par les ONG: Cuba, réélu avec 146 voix, et le Burundi, élu avec 168 voix.

Les 15 membres du Conseil élus ou réélus pour la période 2024-2026 sont Malawi (182), Côte d'Ivoire (181), Ghana (179), Burundi (168), Indonésie (186), Koweït (183), Japon (175), Chine (154), Bulgarie (160), Albanie (123), Brésil (144), Cuba (146), République dominicaine (137), Pays-Bas (169) et France (153).

"Il est légèrement embarrassant que la France ait eu une voix de moins que la Chine", a noté Richard Gowan.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.