Blinken cherche à faire pression sur le Hamas, Israël prépare une offensive

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) descend d'un avion à son arrivée à Amman, en Jordanie, le 12 octobre 2023. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) descend d'un avion à son arrivée à Amman, en Jordanie, le 12 octobre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

Blinken cherche à faire pression sur le Hamas, Israël prépare une offensive

  • Le chef de diplomatie américain rencontrera à Amman le roi Abdallah II de Jordanie, partenaire de longue date des Etats-Unis, et le président palestinien Mahmoud Abbas. Il se rendra ensuite au Qatar, en Arabie saoudite, en Egypte et aux EAU
  • Les Etats-Unis ont soutenu les représailles d'Israël, qui a appelé vendredi à la relocalisation immédiate de 1,1 million de personnes dans la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas depuis 2007

AMMAN: Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a entamé vendredi une tournée dans le monde arabe dans le but d'obtenir de faire pression sur le Hamas, alors qu'Israël prépare une probable offensive sur la bande de Gaza en riposte à l'attaque du mouvement islamiste.

Le chef de diplomatie américain rencontrera à Amman le roi Abdallah II de Jordanie, partenaire de longue date des Etats-Unis, et le président palestinien Mahmoud Abbas. Il se rendra ensuite au Qatar, en Arabie saoudite, en Egypte et aux Emirats arabes unis.

M. Blinken a passé la journée de jeudi à Tel-Aviv, où il a exprimé une solidarité sans faille à Israël, après l'attaque surprise du 7 octobre du Hamas, qui a fait plus de 1.200 victimes du côté d'Israël et pris 150 otages.

Les Etats-Unis ont soutenu les représailles d'Israël, qui a appelé vendredi à la relocalisation immédiate de 1,1 million de personnes dans la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas depuis 2007.

Depuis l'attaque du Hamas, mouvement qui souhaite la destruction de l'Etat israélien et qualifié d'organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne, les représailles d'Israël ont fait plus de 1.500 morts dans la bande Gaza qui a été privée de vivres, d'eau et d'électricité.

Le Qatar, où M. Blinken se rendra après la Jordanie, entretient des liens de longue date avec le Hamas et est considéré comme un intermédiaire afin de libérer des otages.

«Choix qui s'impose»

"Nous continuerons à faire pression sur des pays pour qu'ils contribuent à empêcher le conflit de s'étendre et pour qu'ils utilisent leur influence sur le Hamas afin qu'il libère les otages immédiatement et sans condition", a déclaré M. Blinken jeudi à Tel-Aviv.

"Nous discuterons également de la manière dont nous pouvons concrétiser notre vision d'une région plus pacifique, plus prospère, plus sûre et plus intégrée".

"En fait, c'est le choix qui s'impose et, d'une certaine manière, ce choix a été rendu encore plus brutal par les actions du Hamas", a ajouté M. Blinken.

Peu avant l'attaque du Hamas, l'Arabie saoudite avait fait état de progrès dans les efforts américains visant à normaliser ses relations avec Israël, un développement historique pour le royaume qui abrite les lieux les plus saints de l'islam.

Mais peu d'analystes s'attendent à ce que cet élan soit maintenu, les Saoudiens rejoignant le Qatar pour blâmer la politique israélienne à l'égard des Palestiniens pour la flambée de violence.

Les autorités américaines travaillent avec l'Egypte, limitrophe de la bande de Gaza et premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël, à un projet de corridor humanitaire en faveur de la population de l'enclave palestinienne peuplée de 2,4 millions d'habitants.

M. Blinken a déclaré avoir évoqué avec Israël "des possibilités de passage en toute sécurité pour les civils qui souhaitent quitter la bande de Gaza ou s'en éloigner".

Travailler avec Abbas

Agé de près de 88 ans, M. Abbas, dont l'Autorité palestinienne jouit d'une faible autonomie en Cisjordanie, est un ennemi de longue date du Hamas, dont le contrôle de la bande de Gaza est à l'origine d'un blocus israélien qui dure depuis plus de 15 ans.

Les Etats-Unis, sous la houlette du président Joe Biden, a soutenu l'Autorité palestinienne, y voyant la meilleure option pour une paix à long terme avec Israël.

Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, cherche à mettre l'Autorité palestinienne et M. Abbas sur la touche, estimant qu'elle n'est pas suffisamment déterminée à mettre fin à la violence. Le gouvernement israélien actuel, composé de partis de droite, d'extrême droite et ultra-orthodoxes, rejette la perspective d'une solution fondée sur la coexistence de deux Etats.

M. Abbas a eu jeudi sa première déclaration publique sur la guerre à Gaza, après avoir rencontré le roi Abdallah II de Jordanie. Il a appelé à "la fin immédiate de l'agression" contre le peuple palestinien et rejeté le "meurtre de civils des deux côtés".

M. Blinken s'est entretenu par téléphone avec M. Abbas au sujet de l'attaque, l'exhortant à condamner la violence et à maintenir la stabilité en Cisjordanie.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.