Israël dit avoir tué à Gaza le responsable de l'attaque d'un kibboutz

Un convoi de véhicules militaires israéliens circule sur une route dans un lieu tenu secret à la frontière avec la bande de Gaza, le 15 octobre 2023 (Photo de Menahem KAHANA / AFP).
Un convoi de véhicules militaires israéliens circule sur une route dans un lieu tenu secret à la frontière avec la bande de Gaza, le 15 octobre 2023 (Photo de Menahem KAHANA / AFP).
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Publié le Dimanche 15 octobre 2023

Israël dit avoir tué à Gaza le responsable de l'attaque d'un kibboutz

  • D'après des médias israéliens, au moins cinq personnes ont été tuées à Nirim, où les habitants ont vécu un siège de neuf heures avant l'intervention des forces israéliennes qui y ont affronté des combattants du Hamas islamiste
  • Plus de 1 300 personnes ont été tuées lors de l'attaque des commandos du Hamas le 7 octobre, surtout des civils, dont des enfants, et au moins 120 personnes prises en otage

JERUSALEM: Un commandant du Hamas palestinien, responsable d'une attaque contre un kibboutz israélien adjacent à la bande de Gaza la semaine dernière, a été tué dans une frappe, a rapporté l'armée israélienne dimanche.

Billal al Kedra, commandant des forces du Hamas dans le secteur de Khan Younès (sud de la bande de Gaza) et responsable de l'attaque du kibboutz de Nirim, "a été tué hier soir (samedi)" par l'aviation israélienne, indique un communiqué militaire.

D'après des médias israéliens, au moins cinq personnes ont été tuées à Nirim, où les habitants ont vécu un siège de neuf heures avant l'intervention des forces israéliennes qui y ont affronté des combattants du Hamas islamiste.

Dans les kibboutz meurtris d'Israël, il faut «trouver une autre manière de vivre»

La terreur était palpable dans le kibboutz de Sha'ar Hagolan lorsqu'ont hurlé les sirènes: pour ses habitants, les déplacés du sud d'Israël traumatisés par l'attaque du Hamas et aussi ceux de la frontière nord qui craignent un assaut du Hezbollah.

Jusqu'à mercredi soir, dans cette communauté située à quelques centaines de mètres de la Jordanie, aucune alarme n'avait sonné depuis des décennies. Ses 500 résidents, auxquels de nombreux arrivants se sont ajoutés cette semaine, tremblent tous ou presque.

Les 270 autres kibboutz d'Israël, ces villages agricoles collectivistes qui dessinent pour une bonne part les frontières actuelles du pays avec ses voisins, sont tout autant aux abois.

Vardit, 34 ans, a passé le 7 octobre dans un abri, avec son mari et leurs quatre enfants, à "essayer de les occuper" pendant que des tirs incessants éclataient à l'extérieur, l'alarme résonnant "60 à 80 fois". Des combattants du Hamas avaient attaqué son village de Netivot à partir de la bande de Gaza, à moins de dix kilomètres de la langue de terre palestinienne.

Alors que les sirènes retentissaient pour une intrusion aérienne --finalement non advenue-- depuis le Liban, la trentenaire a descendu lentement l'escalier menant au bunker de Sha'ar Hagolan, son benjamin dans les bras. Durant de longues minutes, une équipe de l'AFP l'a vue figée debout au sous-sol, le regard fixe.

La cinquantaine d'Israéliens venus du sud pour se réfugier est dévastée, remarque Gali Dror, une cadre de Sha'ar Hagolan. "Ils ne parlent pas, ils ne sortent pas (...) Ils mangent à peine", se désole-t-elle. "Un enfant m'a dit: +Je n'ai plus de copains, plus de profs. Ils sont tous morts+."

La centaine de déplacés du nord, également accueillie dans son kibboutz, n'a pas vécu l'attaque du Hamas, qui a fait plus de 1 300 morts dans le sud d'Israël, très largement des civils, et quelque 120 otages. Mais tous ont quitté leurs maisons par crainte d'une offensive du Hezbollah libanais, les incidents frontaliers s'étant multipliés à la frontière.

"Quand je m'assieds hors de chez moi, j'entends le muezzin au Liban", observe une psychothérapeute rencontrée à Sha'ar Hagolan, qui demande à témoigner sous le pseudonyme de Sarah et à ne pas indiquer son lieu d'habitation. "Dans mon jardin, j'ai parfois l'impression qu'on m'observe".

Plus de 1 300 personnes ont été tuées lors de l'attaque des commandos du Hamas le 7 octobre, surtout des civils, dont des enfants, et au moins 120 personnes prises en otage, selon des responsables israéliens. Des centaines de personnes restent portées disparues, et des corps sont toujours en cours d'identification.

La riposte israélienne a tué plus de 2 300 personnes, dont plus de 700 enfants, dans la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien et contrôlé par le Hamas.

L'armée israélienne a également indiqué dimanche avoir visé d'autres membres du mouvement islamiste palestinien, des centres de commandements, des sites militaires et de lancement de missiles et des postes d'observation.

Des frappes ont également visé des membres et le quartier général du Djihad islamique présente à Gaza, qui a été détruit, a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne dans un communiqué.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.