Aux Philippines, il n'est jamais trop tôt pour un karaoké

Cette photo prise le 3 octobre 2023 montre des femmes chantant depuis une machine à karaoké à Baseco, à Manille. (AFP)
Cette photo prise le 3 octobre 2023 montre des femmes chantant depuis une machine à karaoké à Baseco, à Manille. (AFP)
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Publié le Dimanche 22 octobre 2023

Aux Philippines, il n'est jamais trop tôt pour un karaoké

  • Pour seulement cinq pesos (8 centimes d'euros) par chanson, de nombreux habitants de ce pays pauvre s'offrent quelques minutes de bonheur
  • Dans un quartier populaire, des tuk-tuks livrent des boîtiers de machines à karaoké aux magasins où ils sont équipés d'enceintes, d'amplificateurs et d'écrans de télévision

MANILLE: Au niveau d'un terminus de tuk-tuks très fréquenté de Manille, le chauffeur Edgar Soriano glisse une pièce de monnaie dans une machine et entonne sa chanson préférée en plein milieu de la journée. Il n'est jamais trop tôt – ni trop tard – pour un karaoké aux Philippines.

Des villes aux campagnes, on trouve des machines partout, dans les bars bon marché des villages reculés comme dans les boîtes à karaoké modernes. De nombreuses familles possèdent la leur ou en louent une pour les fêtes.

Pour seulement cinq pesos (8 centimes d'euros) par chanson, de nombreux habitants de ce pays pauvre s'offrent quelques minutes de bonheur.

Edgar Soriano, 53 ans, sourit en chantant par une chaude après-midi "When I'm Gone" du Britannique Albert Hammond, qu'il semble connaître par cœur.

La machine à karaoké, située dans un petit restaurant, est l'une des six du terminus, mais les conducteurs et les passagers ne semblent pas gênés par la cacophonie des chansons qui sortent des haut-parleurs. "Je chante toujours cette chanson, c'est ma préférée", dit le conducteur de tuk-tuk, vêtu d'un T-shirt à manches longues et d'un pantalon de survêtement.

A son tour, le balayeur de rue Bernardo Aguire, 67 ans, consulte un dossier rempli de chansons et choisit "My Way" de Frank Sinatra au moment d'insérer une pièce de monnaie dans la fente.

Un choix audacieux dans un pays où l'on raconte que cette chanson a provoqué des meurtres, supposément parce que certains la chantaient mal. Mais le sexagénaire, insensible à ces histoires devenues légendes urbaines, achève son morceau.

La machine à karaoké démarre à 8h00 et ne s'arrête qu'à 22h00, voire plus tard, sept jours sur sept. Felomina Hernane, la propriétaire du restaurant âgée de 52 ans, l'a achetée pour attirer les clients. Et cela fonctionne: elle lui rapporte jusqu'à 18.000 pesos (300 euros) par mois.

"C'est d'une grande aide pour mon affaire", déclare la commerçante à l'AFP. Chanter rend les conducteurs heureux, affirme-t-elle. "Cela les divertit (...) C'est une façon de se détendre après avoir conduit."

Anti-stress

Dans un quartier populaire, des tuk-tuks livrent des boîtiers de machines à karaoké aux magasins où ils sont équipés d'enceintes, d'amplificateurs et d'écrans de télévision.

Les prix varient selon la qualité de leurs composants électroniques, et vont de 19 000 pesos à 46 000 pesos (316 à 765 euros).

Dans le magasin d'Alfred Condez, on trouve quantité de machines à différents stades d'assemblage. Il faut plusieurs heures aux employés pour terminer le câblage, et les clients ne se font pas prier pour attendre.

"Nous aimons chanter", explique M. Condez, 40 ans. Et comme pour le prouver, il prend un micro et se tient sur le trottoir pour tester la qualité sonore d'une machine assemblée, faisant résonner sa voix grave à travers la rue bruyante.

La période la plus chargée pour les vendeurs d'équipements de karaoké s'étale entre novembre et décembre, lorsque les Philippins préparent les fêtes de Noël et du Nouvel An, indique-t-il.

Son magasin vend jusqu'à 10 machines par jour à la fin de l'année.

Le karaoké a pris son essor aux Philippines dans les années 1980, selon Krina Cayabyab, professeur du département de musique de l'Université des Philippines.

Mais l'amour du pays pour la chanson est profondément enraciné dans son passé colonial, la musique des Espagnols puis des Américains ayant été intégrée à la culture locale.

Le karaoké est "lié à l'imitation et à l'emprunt de choses que les Philippins entendaient", note Krina Cayabyab.

Ce loisir est l'un des rares divertissements abordables pour de nombreux Philippins, à l'instar d'enfants et des jeunes rassemblés devant un petit magasin d'un quartier difficile de Manille, dont la machine à karaoké est très prisée.

"Je ne suis pas vraiment une chanteuse, c'est juste que quand on n'a rien de mieux à faire à la maison, on vient ici et on chante", dit Honey Servito, 24 ans, aux côtés de ses amis. "Cela me libère du stress et de l'ennui."


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".