Abdallah Alghufaily: Psychiatre le jour, pâtissier la nuit

Des bancs de la faculté de médecine aux métiers de psychiatre et de pâtissier passionné, Abdallah Alghufaily poursuit ses rêves (Photo, Instagram: @abodbinmoha).
Des bancs de la faculté de médecine aux métiers de psychiatre et de pâtissier passionné, Abdallah Alghufaily poursuit ses rêves (Photo, Instagram: @abodbinmoha).
Des bancs de la faculté de médecine aux métiers de psychiatre et de pâtissier passionné, Abdallah Alghufaily poursuit ses rêves (Photo, Instagram: @abodbinmoha).
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Publié le Lundi 23 octobre 2023

Abdallah Alghufaily: Psychiatre le jour, pâtissier la nuit

  • La boutique d'Abdallah Alghufaily propose des pâtisseries créatives au gré des mois
  • Floated ouvre ses portes cette semaine

RIYAD: La pâtisserie, un passe-temps qui lui a permis de s'évader et de supporter ses dernières années à la faculté de médecine, s'est transformée en une passion qui est devenue la profession d'Abdallah Alghufaily.

Alghufaily est aujourd'hui psychiatre le jour et pâtissier la nuit. Il ouvre sa première pâtisserie cette semaine.

Son parcours de pâtissier commence par un simple cheesecake. Sans expérience préalable en cuisine, il se met à mélanger les ingrédients en suivant la recette trouvée sur YouTube.

Cette source se révèle vite insuffisante pour satisfaire la curiosité d'Alghufaily pour la boulangerie et la pâtisserie.

«Je voulais améliorer la qualité des pâtisseries que je préparais, car à un moment donné, YouTube n'était plus une source d'information utile. Je voulais aller plus loin et développer une véritable compréhension de la pâtisserie», confie-t-il.

Il se promène alors dans les librairies, à la recherche de la clé qui lui permettrait d'approfondir la science de la pâtisserie, mais se heurte aux notions de base.

Fin 2019, la fondation Misk lui offre une chance en or de devenir le pâtissier qu'il est aujourd'hui, l'occasion d'étudier la science de la pâtisserie au Cordon Bleu à Paris, la capitale mondiale de la pâtisserie.

Le programme de Misk est proposé pendant la dernière année de médecine d'Alghufaily à l'université du roi Saoud ben Abdelaziz pour les sciences de la santé à Riyad.

«Je ne pouvais pas refuser cette chance exceptionnelle, car les études coûtent environ 1 million de riyals saoudiens (266 000 dollars, 1 dollar = 0,95 euro), sans compter le coût de la vie, et j'ai donc dû repousser ma dernière année et demander une année entière de césure», raconte-t-il.

«Cela n'a pas été facile. Je devais obtenir l'accord de ma famille et de l'université, ce qui n'a pas été facile car la durée la plus longue proposée pour un congé à l'université est généralement d'un à deux mois.»

Après avoir obtenu cette autorisation, Alghufaily charge ses bagages d'un bol à mélanger et de tasses à mesurer et s’envole pour la capitale mondiale de la pâtisserie. 

Alghufaily commence le programme au Cordon Bleu au début de l'année 2020, à une époque où la pandémie de Covid-19 touche le monde entier.

«Avec la pandémie de Covid-19, j'ai senti que j'étais engagé dans une course contre la montre, car le temps que j'avais demandé pour être à Paris était perdu», explique-t-il.

«Je devais demander un autre congé et je me débattais car je n'étais sûr de rien et tous mes projets semblaient vagues à ce moment-là.»

Nouveau départ

Tout finit par s'arranger pour Alghufaily. Il termine son parcours au Cordon Bleu, obtient un diplôme en pâtisserie, puis retourne à Riyad pour obtenir son diplôme de médecine.

«Le Cordon Bleu m'a permis d'affiner mes compétences de pâtissier, mais c'est le fait d'être à Paris et de tester différentes pâtisseries qui a fait de moi le chef que je suis aujourd'hui», indique-t-il.

«Les pâtisseries parisiennes sont tenues par des chefs de différentes nationalités, chacun insufflant les saveurs de sa propre culture dans les pâtisseries qu'il confectionne, ce qui permet de créer un cadre de saveurs différentes», poursuit-il.

Paris a eu un impact important sur Alghufaily et sur les pâtisseries qu'il a choisi d'inclure dans le menu de sa boutique de rêve.

Tout en élaborant le plan de son entreprise, Alghufaily s'est fait un nom en présentant son talent et ses pâtisseries lors de plusieurs festivals gastronomiques dans le Royaume et à l'étranger.

«J'ai participé au festival du café saoudien et au festival de la gastronomie saoudienne à Riyad, avec des gaufres spécialement conçues, infusées d'épices kleija qui jouent avec les saveurs locales», révèle-t-il.

«Les gaufres aux épices kleija ont connu un grand succès et ont voyagé jusqu'à Paris, car la Commission saoudienne de la mode m'a donné l'occasion de participer à la Semaine de la mode de Paris dans le cadre d'un événement pop-up organisé en France pour mettre en valeur les talents créatifs saoudiens.»

Les gaufres aux épices kleija d'Alghufaily seront bientôt disponibles, ainsi que d'autres produits, dans sa première boutique, Floated, qui ouvre ses portes cette semaine après une ouverture en douceur jeudi.

Floated se veut créatif et unique, et promet de nouveaux produits tous les mois.

Alghufaily indique une boîte en verre à l'extérieur de la boutique: «Cette boîte présentera le produit du mois.»

«Le nom Floated vient de l'idée que cette boutique n'a pas de menu fixe. Ce que nous faisons, c'est flotter au gré des différentes saveurs. Vous trouverez ici les pâtisseries les plus inattendues et les plus délicieuses à un prix modique, quelque chose que tout le monde peut apprécier.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".