Blinken appelle le G7 à parler d'«une seule voix» sur Gaza

Les chefs de la diplomatie du G7 se réunissent mardi et mercredi à Tokyo. (Photo, AFP)
Les chefs de la diplomatie du G7 se réunissent mardi et mercredi à Tokyo. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 novembre 2023

Blinken appelle le G7 à parler d'«une seule voix» sur Gaza

  • Les chefs de la diplomatie du G7 se réunissent mardi et mercredi à Tokyo où ils s'efforceront de trouver une ligne commune sur le conflit Israël-Hamas, tout en réaffirmant leur soutien à l'Ukraine et en évoquant d'autres enjeux
  • Mais le groupe des Sept pourrait avoir du mal à parler d'une seule voix s'agissant des appels à un cessez-le-feu ou d'une trêve humanitaire dans la bande de Gaza

TOKYO: Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé mardi soir ses pairs du G7, qui se réunissent à Tokyo, à "parler d'une seule voix claire" sur le conflit entre Israël et le Hamas.

"C'est un moment très important où le G7 doit se rassembler face à cette crise et parler d'une seule voix claire", a-t-il affirmé avant une réunion bilatérale avec son homologue japonaise Yoko Kamikawa et un diner dans la soirée réunissant les ministres des Affaires étrangères des pays du G7.

Les chefs de la diplomatie du G7 se réunissent mardi et mercredi à Tokyo où ils s'efforceront de trouver une ligne commune sur le conflit Israël-Hamas, tout en réaffirmant leur soutien à l'Ukraine et en évoquant d'autres enjeux, du Caucase à l'Asie-Pacifique.

Mais le groupe des Sept pourrait avoir du mal à parler d'une seule voix s'agissant des appels à un cessez-le-feu ou d'une trêve humanitaire dans la bande de Gaza. Le Conseil de sécurité des Nations unies n'y parvient pas lui-même pour l'instant et Israël y est opposé tant que ses ressortissants enlevés par le Hamas lors de l'attaque menée par ce mouvement islamiste le 7 octobre n'auront pas été libérés.

Les États-Unis ont discuté avec Israël de la possibilité de "pauses tactiques" pour permettre aux civils palestiniens d'évacuer en sécurité les zones de combat, mais la durée de ces trêves semble faire encore débat.

"Un appel à une trêve humanitaire ou à une déclaration de principe est possible entre les membres du G7 qui partagent les mêmes valeurs. Mais certainement sans discours contraignant et dans des termes généraux", prévient Valérie Niquet, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique interrogée par l'AFP.

Antony Blinken est arrivé mardi au Japon dans la foulée d'une nouvelle tournée diplomatique intense au Proche-Orient, où il n'est pas parvenu à convaincre Israël de marquer une "pause" dans son offensive militaire.

M. Blinken doit "informer ses homologues" du G7 de son voyage dans la région et "des progrès réalisés dans la fourniture d'aide humanitaire aux civils de Gaza et des efforts déployés pour contenir le conflit", a indiqué mardi un haut responsable du département d’État américain.

"Nous allons discuter de la manière dont nous pourrions obtenir ensemble des pauses humanitaires, afin d'alléger la souffrance de la population à Gaza" a déclaré la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock dans un communiqué lundi.

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi rappelé la nécessité de "déployer tous les efforts possibles pour empêcher un embrasement régional" et "l'importance de dessiner un horizon politique fondé sur la perspective de deux États".

Poursuivre le soutien à l'Ukraine

"L'Ukraine est et restera au sommet de l'agenda du G7", a par ailleurs assuré Mme Baerbock, alors que Kiev s'inquiète de plus en plus d'une certaine lassitude de ses soutiens occidentaux face à l'invasion russe et au risque grandissant d'une guerre d'usure et de positions.

"Si notre soutien à l'Ukraine s'essoufflait aujourd'hui (la Russie, NDLR) l'exploiterait sans pitié, avec des conséquences terribles pour les Ukrainiens et les Européens. D'autres acteurs dans différentes parties du monde en tireraient également de mauvaises conclusions", a souligné la ministre allemande.

Un échange en visioconférence avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba est ainsi prévu lors de cette rencontre ministérielle du G7.

La réunion à Tokyo doit aussi évoquer la situation dans le Caucase, sur fond des grandes tensions persistantes entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Une visioconférence sera également organisée avec les ministres des Affaires étrangères de cinq pays d'Asie centrale, une initiative visiblement destinée à contrer l'influence de la Russie et de la Chine dans cette région.

Le G7 pourrait cependant adopter cette fois-ci un ton plus modéré face à Pékin, à quelques jours d'une rencontre prévue à San Francisco entre le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping et à l'approche de la COP28 sur le climat.

A Tokyo, les membres du G7 "tenteront probablement de maintenir un équilibre entre rester ouverts à la Chine, tout en étant vigilants à la menace" qu'elle représente, selon eux, pour la stabilité de la région Asie-Pacifique, estime ainsi Robert Ward de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), un think tank britannique.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.