Jabaliya: Le bombardement israélien, une atrocité parmi tant d’autres pour le camp de réfugiés gazaoui

Des Palestiniens inspectent les conséquences d'une frappe israélienne la nuit précédente dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza (Photo, AFP).
Des Palestiniens inspectent les conséquences d'une frappe israélienne la nuit précédente dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 09 novembre 2023

Jabaliya: Le bombardement israélien, une atrocité parmi tant d’autres pour le camp de réfugiés gazaoui

  • Au moins 210 Palestiniens ont été tués lors de récentes frappes des forces de défense israéliennes sur le camp de réfugiés de Jabaliya
  • Depuis sa création par l'Unrwa en 1948, la ville de Jabaliya, appauvrie et surpeuplée, a été le théâtre de raids et de soulèvements répétés

LONDRES: Ces derniers jours, les frappes aériennes israéliennes sur Jabaliya, le plus grand et le plus densément peuplé des huit camps de réfugiés de Gaza, ont tué au moins 210 Palestiniens, en ont blessé des centaines d'autres et ont laissé des dizaines de personnes ensevelies sous les décombres de leurs maisons.

Peu de familles qui vivent dans ce camp surpeuplé, établi par les Nations unies au nord-est de la ville de Gaza en 1948, ont connu autre chose que la violence et les privations de la guerre. Aujourd'hui, sous les bombardements israéliens incessants, elles n'ont nulle part où aller.

Les 31 octobre et 1er novembre, les forces de défense israéliennes ont bombardé des immeubles entiers dans le camp de Jabaliya, tuant au moins 195 Palestiniens et en blessant plus de 777.

Israël a déclaré qu'il visait Ibrahim Biari, un commandant éminent du Hamas, dans le cadre de la mission des forces de défense israéliennes visant à détruire le groupe militant palestinien responsable des attaques du 7 octobre sur le sud d'Israël, qui ont entraîné la mort de 1 400 personnes et l'enlèvement de 240 autres.

Israël a déclaré avoir attaqué le camp de réfugiés de Jabaliya à Gaza (Photo, Reuters).

Lors d'un briefing après l'attentat, le porte-parole des forces de défense israéliennes, Daniel Hagari, a affirmé que Biari avait joué un rôle clé dans la planification des attaques du 7 octobre en utilisant un réseau de tunnels creusés sous le camp de réfugiés, que les responsables israéliens ont surnommé le «métro».

Les deux attaques israéliennes sur Jabaliya ont été suivies d'un troisième bombardement majeur samedi, qui a tué au moins 15 personnes. Selon le ministère de la Santé de Gaza, régi par le Hamas, le nombre de morts dans l'enclave assiégée depuis le 7 octobre dépasse désormais les 10 000. Le chiffre réel, incluant à la fois les civils et les combattants, serait bien plus élevé.

Les attaques contre Jabaliya ont suscité une condamnation générale, le Bahreïn et la Jordanie expulsant les ambassadeurs israéliens et rappelant les leurs.

L'Arabie saoudite a dénoncé «dans les termes les plus forts possibles» le «ciblage inhumain» du camp de réfugiés, tandis que les Émirats arabes unis ont déclaré que la persistance de ce «bombardement insensé» aurait des répercussions difficiles à résoudre pour la région.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, s'est dit «consterné par l'escalade de la violence à Gaza» et par les «frappes aériennes israéliennes dans les zones résidentielles du camp de réfugiés de Jabaliya, densément peuplé».

Pour le sénateur américain Bernie Sanders, il s’agit de «l'un des moments les plus horribles de l'histoire moderne», appelant à la cessation du massacre «aveugle» de civils à Gaza par Israël.

Othman Moqbel, directeur de l'agence d'aide humanitaire Action for Humanity, basée au Royaume-Uni, a déclaré à Arab News que son ONG était «horrifiée et dévastée par la nouvelle du massacre de Jabaliya» à Gaza.

Les attaques de Jabaliya ont suscité une condamnation générale (Photo, AFP).

Il a ajouté que le nombre de morts devrait s'alourdir à mesure que les équipes de secours continuent de fouiller les décombres à la recherche de survivants et de récupérer les corps.

Le camp de réfugiés de Jabaliya, d'une superficie de 1,4 kilomètre carré, abrite 116 000 résidents, selon l'Office de secours et de travaux des Nations unies, dont la plupart sont des descendants des familles palestiniennes qui ont fui leurs maisons à la suite de la guerre israélo-arabe de 1948.

Nadia Naser-Najjab, maître de conférences en études palestiniennes à l'université britannique d'Exeter, a déclaré à Arab News qu'au milieu du carnage en cours à Gaza, les habitants de Jabaliya étaient «dans un état d'impuissance, sachant que même s'ils tentaient de fuir vers le sud de Gaza, ils seraient pris pour cible et tués soit sur le chemin, soit dans l'endroit où ils s'abriteraient».

Au début du conflit, Israël a exhorté les civils gazaouis à quitter leurs maisons et à chercher refuge dans le sud de la bande de Gaza, tandis que les forces de défense israéliennes menaient des bombardements et des opérations terrestres contre le Hamas dans le nord.

Cependant, une analyse récente de BBC Verify a révélé qu'Israël avait bombardé des zones de Gaza où il avait auparavant demandé aux civils palestiniens d'évacuer pour leur sécurité.

Bien entendu, le déplacement n'est pas une expérience nouvelle pour les habitants de Gaza, en particulier ceux de Jabaliya et d'autres camps.

«Ces réfugiés ont été expulsés d'autres parties du sud de la Palestine, comme les villes connues aujourd'hui sous le nom d'Ashkelon et de Sderot, pendant la Nakba», a indiqué Naser-Najjab, en référence aux déplacements massifs qui ont suivi la guerre de 1948.

«L'Unrwa a construit huit camps à Gaza pour les accueillir et s'occuper d'eux», a-t-elle ajouté.

Naser-Najjab a souligné que la question des réfugiés aurait dû être résolue depuis longtemps par une solution politique, mais que les accords d'Oslo de 1993 n'ont jamais abordé la question. «Israël n'a jamais accepté de résoudre le problème des réfugiés de manière équitable», a-t-elle expliqué.

Au moins 210 Palestiniens ont été tués dans l'attaque du camp (Photo, AFP).

«Au lieu de cela, Israël a proposé de relocaliser un certain nombre de réfugiés dans les territoires sous l'administration de l'Autorité palestinienne», a indiqué Naser-Najjab.

Le blocus de la bande de Gaza, qui dure depuis dix-sept ans, n'a fait qu'aggraver la misère de la population du camp de Jabaliya. Les problèmes identifiés par l'Unrwa comprennent des taux de chômage élevés, des coupures d'électricité prolongées, de l'eau contaminée, une surpopulation extrême et un manque de matériaux de construction pour agrandir les espaces de vie ou réparer les dommages causés par les précédentes attaques israéliennes.

Jabaliya a subi des coups répétés au cours des soixante-quinze années qui ont suivi sa création, ce qui lui a valu le surnom de «camp de la résistance», a déclaré à Arab News Mohammed Solieman, ancien professeur d'histoire à l'université de Leeds, en Angleterre.

La première intifada palestinienne, ou soulèvement, contre Israël a commencé dans le camp de Jabaliya en décembre 1987. Elle s'est achevée par la signature des accords d'Oslo en 1993, qui ont instauré des pourparlers directs entre les dirigeants israéliens et palestiniens.

EN BREF

- Le camp de réfugiés de Jabaliya a été créé par l'Unrwa en 1948.

- 116 000 personnes sont entassées dans ce camp de 1,4 km².

- Les attaques israéliennes contre Jabaliya ont suscité une forte condamnation de la part des pays arabes.

Le camp a également porté le poids d'une offensive militaire israélienne en mars 2003, au cours de laquelle des chars, des véhicules blindés, des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont été déployés, selon les rapports des médias de l'époque. Au moins 11 Palestiniens auraient été tués et 140 blessés lors de cette offensive.

Une autre opération de grande envergure des forces israéliennes, qui s'est déroulée en septembre et octobre 2004, a visé le camp de Jabaliya ainsi que la ville de Beit Hanoun. Quinze maisons ont été rasées, selon l’Unrwa, et le personnel humanitaire international a été empêché d'entrer dans la bande de Gaza.

Pendant la guerre de Gaza en 2014, des avions de combat israéliens ont bombardé une école gérée par l'Unrwa qui abritait des Palestiniens déplacés, tuant au moins 20 personnes et en blessant plus de 150, selon les médias citant des responsables de la santé à Gaza.

Une vue d'ensemble du camp de réfugiés de Jabaliya et des destructions survenues dans le même camp après une frappe israélienne (Photo, AFP/Maxar).

Jabaliya était «l'une des zones éducatives les plus importantes de la bande de Gaza, car elle abrite des écoles de l'Unrwa», a mentionné Solieman. Selon les chiffres de l'Unrwa, le camp compte 26 écoles, deux centres de santé et une bibliothèque publique.

Les habitants se sont à nouveau réfugiés dans les écoles de l'Unrwa, qui n'ont pas été épargnées par les bombardements israéliens. Samedi, les forces de défense israéliennes ont frappé l'école Al-Fakhoura, gérée par l'Unrwa, tuant au moins 15 personnes et en blessant 54, selon les médias locaux.

«Après chaque guerre contre Gaza, la communauté internationale organise des conférences et décide de reconstruire la bande de Gaza», a souligné Naser-Najjab. 

«Ce qui est souvent proposé, c'est de l'aide humanitaire, qui est nécessaire et importante, mais pas de solution politique», a-t-elle insisté.

Elle a exhorté la communauté internationale à «examiner ce qui se passe aujourd'hui dans le contexte historique afin de trouver une solution juste et équitable pour la population de Gaza».

Citant des événements survenus au début des années 1970, lorsqu'Israël a démoli des maisons à Rafah sous le prétexte d'élargir les routes, déplaçant ainsi 16 000 Palestiniens, Naser-Najjab a dévoilé qu'elle pensait que les Israéliens avaient l'intention de pousser les Palestiniens de Gaza dans le Sinaï égyptien.

Jabaliya a subi des coups répétés au cours des soixante-quinze années qui ont suivi sa création, ce qui lui a valu le surnom de «camp de la résistance» (Photo, AFP/Getty Images).

En 1971, de nombreux habitants de la bande de Gaza «ont été forcés de se rendre dans le Sinaï, où le camp Canada a été établi», a ajouté Naser-Najjab.

Après la signature du traité de paix entre Israël et l'Égypte, connu sous le nom d'accords de Camp David en 1978, plusieurs familles sont retournées à Gaza depuis le Sinaï.

«Tel est le contexte de ce qui se passe aujourd'hui. Israël tente de pousser les habitants de Gaza dans la péninsule égyptienne du Sinaï, qu'il présente comme la seule solution à la crise humanitaire», a-t-elle soutenu.

Depuis le lancement des opérations militaires des forces israéliennes à Gaza, les frappes aériennes israéliennes ont visé plusieurs des huit camps de réfugiés de l'enclave septentrionale, dont Al-Shati, Nuseirat et Al-Maghazi, ainsi que Jabaliya.

Selon les médias locaux, une attaque perpétrée dans la nuit de samedi à dimanche contre le camp d'Al-Maghazi a fait au moins 47 morts et plus de 100 blessés, tandis que de nombreuses autres personnes restent piégées sous les décombres.

Israël a attaqué le camp de réfugiés de Jabaliya à Gaza le 31 octobre 2023 (Photo, Reuters).

Les agences d'aide humanitaire ont appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu immédiat à Gaza afin de venir en aide à la population civile, notamment aux personnes piégées à Jabaliya.

Moqbel, d'Action for Humanity, a déclaré: «Presque tous les jours, depuis des semaines, nous avons appelé à un cessez-le-feu, à un meilleur accès humanitaire et à la reconnaissance du droit international humanitaire afin de protéger la vie des innocents dans ce conflit catastrophique.

«Nous plaidons aujourd'hui la même chose et nous continuerons à le faire jusqu'à ce que toutes les vies soient protégées», a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.