Tunisie: un centre unique au Maghreb pour les tortues en danger

Le programme Life Med Turtles qui couvre cinq pays méditerranéens (Albanie, Italie, Espagne, Tunisie et Turquie) a mis en évidence un taux de mortalité très élevé, de 70%, lié aux filets maillants -- suspendus verticalement à des flotteurs -- où les tortues se retrouvent prises au piège. (AFP)
Le programme Life Med Turtles qui couvre cinq pays méditerranéens (Albanie, Italie, Espagne, Tunisie et Turquie) a mis en évidence un taux de mortalité très élevé, de 70%, lié aux filets maillants -- suspendus verticalement à des flotteurs -- où les tortues se retrouvent prises au piège. (AFP)
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Publié le Lundi 13 novembre 2023

Tunisie: un centre unique au Maghreb pour les tortues en danger

  • A cause d'une forte pollution de leur habitat, les Caretta Caretta absorbent des métaux toxiques comme le mercure, qui peuvent nuire à la santé humaine.
  • Les tortues sont également très menacées par la pollution plastique, «car elles confondent les sachets en plastique avec des méduses», dont elles raffolent, selon un chercheur en biologie marine

SFAX: Rose s'élance vers le large dans l'est de la Tunisie. Cette tortue d'une vingtaine d'années vient de quitter un lieu unique au Maghreb qui offre une seconde chance à son espèce, menacée par la surpêche, la pollution et le changement climatique.

Il y a plus d'un mois, elle s'était prise dans des filets de pêche avant d'être emmenée au "Centre de premiers soins des tortues marines" de Sfax (centre-est), membre du programme européen "Life Med Turtles", l'un des deux de ce type en Tunisie avec celui de Monastir (est).

En Afrique du Nord, ce sont les seuls établissements de soins pour la tortue Caouanne, ou Caretta Caretta de son nom scientifique, l'espèce la plus répandue en Méditerranée et l'une des plus à risque.

Outre les soins aux tortues blessées qui, comme Rose, peuvent y rester un mois ou plus, le Centre suit, avec des balises, leurs mouvements migratoires, et s'efforce de sensibiliser les populations locales du Golfe de Gabès, dépendantes de la pêche.

"Avant, nous étions ignorants. Les gens mangeaient (les tortues), les utilisaient pour la sorcellerie ou comme médicament. Aujourd'hui, grâce à la sensibilisation des pêcheurs, elle a plus de chances de survivre et de protéger notre écosystème", explique Hamadi Dahech, un pêcheur de 29 ans, en regardant s'éloigner du rivage sa protégée Rose qu'il a sauvée en septembre.

Prises au piège

Au moins 10.000 Caretta Caretta sont chaque année attrapées dans les filets de pêcheurs du Golfe de Gabès, signe d'une forte présence de cette espèce dans la zone, en dépit d'une activité industrielle et chimique intense.

Le programme Life Med Turtles qui couvre cinq pays méditerranéens (Albanie, Italie, Espagne, Tunisie et Turquie) a mis en évidence un taux de mortalité très élevé, de 70%, lié aux filets maillants -- suspendus verticalement à des flotteurs -- où les tortues se retrouvent prises au piège.

Désormais, au Centre de soins de Sfax, ce sont souvent les pêcheurs qui apportent les Caretta Caretta blessées, reconnaissables à leur énorme tête.

Certaines prennent le nom de leurs sauveurs comme Hamadi, un mâle de 46 kg et plus de 20 ans, qui vient d'arriver, ou Ayoub, un fragile bébé tortue, nourri à la seringue par les soignants.

Depuis la création du centre à l'été 2021, près de 80 tortues y ont été traitées avant d'être relâchées en mer, explique Imed Jribi, chef du Centre de premiers soins.

"Nous prélevons des échantillons pour la recherche scientifique et soignons les tortues afin de les protéger. Ensuite, nous les remettons dans leur milieu naturel", dit-il.

Selon lui, le centre a trois objectifs: la protection, la recherche et la sensibilisation, c'est pourquoi il "est ouvert à tous, chercheurs, lycéens et étudiants."

«Nocive» pour la santé 

Ce week-end-là, Malak Morali, une mère de famille de 30 ans, participe avec ses deux enfants à une opération de sensibilisation organisée par M. Jribi.

"A chaque fois qu'il entend qu'il y aura des tortues, il veut venir prendre des photos et apprendre de nouvelles choses", souligne Malak, à propos de son garçonnet qui photographie Rose sous toutes les coutures.

Grâce à cette campagne, Malak a appris que la chair de tortue est "nocive" pour la santé. "Nous avions l'habitude de dire qu'une fois cuite, c'était bon mais c'est le contraire", dit-elle.

A cause d'une forte pollution de leur habitat, les Caretta Caretta absorbent des métaux toxiques comme le mercure, qui peuvent nuire à la santé humaine.

Les tortues sont également très menacées par la pollution plastique, "car elles confondent les sachets en plastique avec des méduses", dont elles raffolent, selon Hamed Mallat, chercheur en biologie marine.

Le réchauffement climatique, et la hausse des températures marines qu'il entraîne, représente également une grave menace, "notamment pour le déséquilibre qu'il provoque dans le ratio sexuel des tortues", explique Hamed Mallat.

Selon une étude du National Ocean Service (Etats-Unis), si une tortue incube ses oeufs sous les 27,7 degrés, elle produit aussi des mâles, mais au-dessus de 31 degrés, elle ne pondra que des femelles, avec un risque d'extinction de l'espèce.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".