Les frappes israéliennes ont touché des installations civiles à l'hôpital Al-Shifa de Gaza, selon le NY Times

Des milliers de déplacés gazaouis avaient trouvé refuge à l'hôpital (Photo, AFP).
Des milliers de déplacés gazaouis avaient trouvé refuge à l'hôpital (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 16 novembre 2023

Les frappes israéliennes ont touché des installations civiles à l'hôpital Al-Shifa de Gaza, selon le NY Times

  • Israël accuse les Palestiniens d'être à l'origine du «projectile raté», des analyses montrent que les missiles semblent avoir été tirés par les forces israéliennes
  • Les frappes du vendredi 10 novembre ont touché plusieurs parties de l'établissement médical et, selon les autorités de l'hôpital, ont tué 7 personnes

LONDRES: Des parties de l'hôpital Al-Shifa, surtout sa cour, une clinique externe et un service de maternité au cinquième étage, ont été touchés par des frappes israéliennes le vendredi 10 novembre, qui ne semblaient pas viser les infrastructures souterraines, selon une analyse de preuves vidéo et photographiques réalisée par le New York Times.

Le rapport du journal intervient alors qu'Israël fait face à une pression internationale croissante pour cesser de viser les hôpitaux et d'autres cibles civiles à Gaza.

L'armée israélienne a déclaré à plusieurs reprises qu'elle avait la preuve que le Hamas avait établi un centre de commandement dans les tunnels situés sous l'hôpital, qui est le plus grand centre médical de Gaza. C'est pourquoi il a été une cible clé dans la réponse militaire aux attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre. Les responsables de l'hôpital nient ces allégations et le Hamas a déclaré qu'il n'utilisait pas les hôpitaux à des fins militaires.

Les frappes qui ont eu lieu aux premières heures de vendredi ont touché plusieurs parties de l'établissement médical et, selon les autorités de l'hôpital, ont tué sept personnes. Les médias locaux ont fait état d'au moins 10 morts. Israël a accusé les militants palestiniens, affirmant qu'un «projectile raté» visant les forces israéliennes avait touché l'hôpital à la place.

Cependant, les preuves recueillies par le New York Times et analysées par des experts indiquent qu'Al-Shifa a été touché par des munitions israéliennes qui «ne semblaient pas viser l'infrastructure souterraine». Dans un rapport publié mardi, le journal a signalé que «deux des frappes les plus violentes ont touché des étages supérieurs du service de la maternité».

Les conclusions du New York Times s'appuient sur des photographies de fragments d'armes que le journal a recueillies et vérifiées, ainsi que sur l'analyse de séquences vidéo filmées vendredi par un influenceur des réseaux sociaux, Saleh al-Jafarawi, et par les journalistes gazaouis Motasem Mortaja et Ahmed Hijazee.

Les experts qui ont analysé les preuves ont révélé qu'au moins trois des projectiles qui ont frappé Al-Shifa semblaient être des munitions israéliennes. Des vidéos montrent qu'ils ont été tirés sur l'hôpital à partir d'endroits situés au nord et au sud, où les forces israéliennes étaient stationnées.

Scènes chaotiques

Les vidéos et les photos obtenues par le New York Times montrent que vendredi, peu après 2 heures du matin, une frappe a touché le cinquième étage d'un service de maternité de l'hôpital.

Environ une heure et demie plus tard, une explosion s'est produite lorsqu'un projectile a touché l'entrée très fréquentée d'une policlinique. Une vidéo filmée par le journaliste Hijazee montre «des scènes chaotiques d'hommes, de femmes et d'enfants blessés par la frappe», selon le New York Times, et deux enfants apparemment morts sur le sol.

Des milliers de déplacés de Gaza, dont des femmes et des enfants, avaient trouvé refuge à l'hôpital depuis le début de l'assaut israélien sur le territoire assiégé le mois dernier. Après les frappes de vendredi, des milliers de personnes ont fui vers le sud, mais des centaines d'entre elles sont restées sur place, ainsi que le personnel et les patients de l'hôpital.

Le New York Times a précisé dans son rapport que les forces de défense israéliennes «ont refusé de commenter les preuves», déclarant qu'en raison de «l’opération militaire spécifique actuellement en cours, nous ne sommes pas en mesure de répondre à des questions particulières ou de les confirmer».

Cette semaine, les troupes israéliennes ont effectué un raid sur Al-Shifa mercredi matin, dans ce qu'elles ont décrit comme une «opération précise et ciblée contre le Hamas dans une zone déterminée». Six chars ont été déployés dans la cour du complexe médical et une centaine de commandos ont fouillé les pièces des bâtiments qui s'y trouvent, selon les médias locaux.

L'Organisation mondiale de la santé a déclaré mercredi qu'elle était «extrêmement inquiète» pour les médecins et les patients de l'hôpital, car elle avait perdu le contact avec son personnel sur place.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.