La riposte du Hezbollah s’intensifie après la mort de combattants dans une frappe israélienne

Les funérailles d'Abbas Raad, fils du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammed Raad, tué dans le sud du Liban lors de tirs transfrontaliers avec les troupes israéliennes (Photo, AFP).
Les funérailles d'Abbas Raad, fils du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammed Raad, tué dans le sud du Liban lors de tirs transfrontaliers avec les troupes israéliennes (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 novembre 2023

La riposte du Hezbollah s’intensifie après la mort de combattants dans une frappe israélienne

  • Abbas Raad, fils du député du Hezbollah Mohammed Raad, figure parmi les victimes
  • Les tensions continuent de monter dans les villes et villages frontaliers, alors qu'Israël multiplie les attaques

BEYROUTH: Le groupe militant libanais Hezbollah a tiré des dizaines de roquettes sur des postes militaires dans le nord d'Israël jeudi, au lendemain d'une frappe aérienne israélienne sur une maison dans le sud du Liban qui a tué cinq combattants de haut rang du groupe, dont le fils du député qui dirige le parti du Hezbollah au Parlement.

Ces attaques sont parmi les plus intenses depuis le début du conflit à la frontière sud du Liban, le 8 octobre.

Mercredi soir, des avions de combat israéliens ont pris pour cible une maison à Beit Yahoun, un village du district de Bint Jbeil, à 105 km de Beyrouth, tuant plusieurs dirigeants d'Al-Radwan, une unité d'élite du Hezbollah.

Abbas Raad, le fils du député Mohammed Raad, figure parmi les victimes.

En réponse, le Hezbollah a déclaré avoir lancé des roquettes Katioucha et des missiles guidés sur plus de 14 sites et postes militaires israéliens.

Pendant ce temps, les villages et les villes situés loin de la Ligne bleue ont organisé des funérailles pour les victimes du groupe militant.

Des personnalités politiques et religieuses ont exprimé leur sympathie pour la mort du fils de Raad.

Le Hezbollah a pris pour cible une unité d'infanterie israélienne sur le site d'Al-Dhaira et à Jal al-Alam, en face d'Al-Naqoura.

Il a également attaqué les avant-postes de Birkat Risha et Metula, un déploiement d'infanterie israélienne dans la colonie de Sa'saa, une division de chars à Al-Raheb, et ont lancé 48 roquettes Katioucha sur le quartier général de la 3e brigade d'infanterie de la 91e division.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait auparavant exigé une réponse «civil pour civil» à la suite d'un bombardement israélien qui avait tué deux civils.

Une source proche du Hezbollah a révélé que «cette équation s'applique également aux militaires – pour chaque combattant du Hezbollah, un militaire israélien du même rang et de la même importance».

La mort d'un combattant du Hezbollah jeudi a porté le nombre de morts à 78.

Pour Hachim Safi al-Din, chef du Conseil exécutif du Hezbollah, «la résistance a prouvé qu'elle était forte et que personne ne pouvait l'écraser.»

«Tout ce que nous avons cherché dans cette bataille, et ce que notre résistance et nos martyrs ont essayé de dire, c'est que nous voulons mettre fin à l'injustice des opprimés de Gaza, et dire à la résistance, à la population de Gaza et au monde entier que ces opprimés ne sont pas seuls», a-t-il ajouté.

Echanges de tirs frontaliers

Les sirènes ont retenti à plusieurs reprises dans de vastes zones des régions de la Galilée et de la haute Galilée.

L'armée israélienne a déclaré que 35 roquettes lancées depuis le Liban ont été interceptées par les défenses aériennes.

Les troupes israéliennes ont mené des raids dans la région d'Al-Olleik, à la périphérie des villages d'Al-Bustan-Yarin, et ont aussi bombardé la périphérie du village de Tayr Harfa, tandis que des missiles israéliens ont atterri près de Rmeich, de Yaroun et d'Ain Ebel.

Israël a également attaqué à l'artillerie une escouade antichar dans le sud du Liban, d’après le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee.

Il a indiqué que le Hezbollah avait lancé des missiles antichars et des mortiers en direction des régions frontalières.

Mercredi soir, un drone israélien a pris pour cible une moto dans le village de Naqoura, blessant grièvement deux hommes.

Les tensions continuent de monter dans les villes et villages frontaliers, alors qu'Israël multiplie les attaques.

Un journaliste de la région a déclaré à Arab News que «tout corps en mouvement est devenu à tout moment une cible pour l'ennemi israélien, ce qui incite les habitants restants à fuir».

L'unité de presse militaire du Hezbollah a affirmé que le nombre de victimes de l'armée israélienne s'élevait à 354 en quarante-cinq jours d'opérations militaires.

«Cinq colonies et 21 véhicules de l'armée israélienne ont été pris pour cible, notamment des chars Merkava, des véhicules blindés et des véhicules de transport de troupes, et plus de 275 attaques ont été menées contre une quarantaine de sites à l'aide de différentes armes», a soutenu le communiqué de l’unité de presse militaire du Hezbollah.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.