Kamala Harris appelle à la retenue alors qu’Israël bombarde le sud de Gaza

Une photo publiée par la Cour royale hachémite montre le roi Abdallah II rencontrant la vice-présidente américaine, Kamala Harris, en marge de la COP28 à Dubaï, le 2 décembre 2023. (AFP/Cour royale hachémite)
Une photo publiée par la Cour royale hachémite montre le roi Abdallah II rencontrant la vice-présidente américaine, Kamala Harris, en marge de la COP28 à Dubaï, le 2 décembre 2023. (AFP/Cour royale hachémite)
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Publié le Dimanche 03 décembre 2023

Kamala Harris appelle à la retenue alors qu’Israël bombarde le sud de Gaza

  • En marge de la COP28, le roi Abdallah II de Jordanie et la vice-présidente américaine se sont rencontrés à Dubaï, rapporte l’Agence de presse jordanienne
  • Les deux parties rejettent toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens à l’intérieur ou à l’extérieur de Gaza, ou toute tentative de réoccupation de parties de la bande de Gaza

GAZA/LE CAIRE: La vice-présidente américaine Kamala Harris déclare que trop de Palestiniens innocents avaient été tués à Gaza au moment où l’artillerie et les avions de guerre israéliens ont bombardé l’enclave samedi après l’échec de la trêve avec les militants du Hamas.

S’exprimant à Dubaï, Harris soutient qu’Israël avait le droit de se défendre, mais que le droit international humanitaire doit être respecté et que «trop de Palestiniens innocents ont été tués».

«Franchement, l’ampleur des souffrances civiles ainsi que les images et vidéos provenant de Gaza sont dévastatrices», a déclaré Harris aux journalistes.

En marge de la COP28, le roi Abdallah II de Jordanie et la vice-présidente américaine se sont rencontrés à Dubaï, rapporte l’Agence de presse jordanienne.

Le roi Abdallah a souligné la nécessité pour les États-Unis de jouer un rôle de premier plan en vue de parvenir à la paix sur la base d’une solution à deux États, lors de sa rencontre avec Harris.

Le roi a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à la protection des civils, mettant en garde contre les répercussions de la guerre continue sur la paix et la sécurité internationales, notamment de nouveaux conflits et violences qui pourraient plonger la région entière dans une catastrophe.

Les deux parties rejettent toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens à l’intérieur ou à l’extérieur de Gaza, ou toute tentative de réoccupation de parties de la bande de Gaza, rapporte l’agence Petra.

Le roi Abdallah a également souligné l’importance de maintenir une aide suffisante et ininterrompue de nourriture, d’eau, de carburant et d’électricité, sans aucun obstacle, mettant en garde contre le ciblage des hôpitaux et l’entrave à la livraison de fournitures médicales.

Parallèlement, Harris a remercié le roi Abdallah pour son leadership continu dans le règlement du conflit israélo-palestinien et pour le rôle de la Jordanie dans la fourniture d’une aide humanitaire vitale à Gaza, y compris ses trois largages aériens de fournitures médicales vers l’hôpital de campagne qu’elle a établi à Gaza.

Elle a évoqué l’importance de la récente pause dans les combats entre Israël et le Hamas, ainsi que l’engagement de l’administration Biden-Harris à soutenir les efforts visant à parvenir à un nouvel accord. Elle a également discuté des idées américaines en matière de planification post-conflit à Gaza, y compris les efforts en matière de reconstruction, de sécurité et de gouvernance.

La vice-présidente américaine soutient que ces efforts ne peuvent réussir que s’ils sont déployés dans le contexte d’un horizon politique clair pour le peuple palestinien, vers un État qui lui est propre, dirigé par une Autorité palestinienne revitalisée et bénéficiant du soutien de la communauté internationale et des pays de la région.

Lors d’une conférence de presse tenue samedi à Tel-Aviv, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré qu’Israël continuait à travailler en coordination avec les États-Unis et les organisations internationales pour définir des «zones de sécurité» pour les civils de Gaza.

«C’est important parce que nous n’avons aucune volonté de nuire à la population», soutient Netanyahou. «En revanche, nous désirons ardemment nuire au Hamas.»

Harris a également esquissé une vision américaine pour Gaza après le conflit, affirmant que la communauté internationale doit soutenir la reconstruction et que les forces de sécurité palestiniennes doivent être renforcées.

«Nous voulons voir Gaza et la Cisjordanie unifiées sous la direction de l’Autorité palestinienne. Les aspirations palestiniennes doivent être au cœur de ce travail», dit-elle, ajoutant que le Hamas ne doit plus diriger Gaza.

L’Autorité palestinienne, soutenue par l’Occident, gouverne certaines parties de la Cisjordanie occupée. En 2007, le Hamas a pris le contrôle de Gaza des mains du Fatah, parti du président palestinien Mahmoud Abbas, et dirige, depuis, l’enclave.

(avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.