Une zone de sécurité israélienne peut-elle réussir à Gaza alors qu'elle a échoué au Sud-Liban ?

Des soldats israéliens déplacent des chars dans une zone de transit près de la frontière avec la bande de Gaza (Photo, AP).
Des soldats israéliens déplacent des chars dans une zone de transit près de la frontière avec la bande de Gaza (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 13 décembre 2023

Une zone de sécurité israélienne peut-elle réussir à Gaza alors qu'elle a échoué au Sud-Liban ?

  • Des responsables israéliens envisageraient de créer des zones tampons à l'intérieur de l'enclave afin d'éviter que l'attaque du 7 octobre ne se reproduise
  • Les analystes estiment qu'un tel projet risque de répéter le fiasco de la zone de sécurité qu'Israël a créée au Sud-Liban entre 1985 et 2000

DUBAI: Israël a lancé l'idée d'une zone tampon à l'intérieur de Gaza une fois le conflit actuel terminé, un conseiller politique affirmant qu'elle ferait partie d'un processus à trois niveaux qui impliquerait «la destruction du Hamas, la démilitarisation de Gaza et la déradicalisation de l'enclave».

Ophir Falk, le conseiller en politique étrangère, a révélé au début du mois que les forces de défense israéliennes pourraient établir une zone tampon à l'intérieur de Gaza, ajoutant qu'elle n'inclurait pas les troupes israéliennes du côté palestinien de la frontière.

Il n'a pas précisé à qui Israël pensait précisément confier la surveillance du côté palestinien de la frontière: à une force internationale ou arabe, ou encore à une force dirigée par l'Autorité palestinienne.

«Des discussions sont en cours en Israël sur la façon dont nous voulons voir Gaza lorsque la guerre sera terminée, compte tenu de l'attaque du 7 octobre», a déclaré Falk à l'agence de presse Reuters, en faisant référence à l'assaut du sud d'Israël par des militants palestiniens qui a fait 1 400 morts et entraîné l'enlèvement de 240 personnes.

Il a ajouté: «L'establishment de la défense parle d'une sorte de tampon de sécurité du côté de la frontière avec Gaza, de sorte que le Hamas ne puisse pas rassembler des capacités militaires à la frontière et surprendre Israël à nouveau.

Des partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah agitent des drapeaux en regardant un discours télévisé de son chef, Hassan Nasrallah (Photo, AFP).

«Il s'agit d'une mesure de sécurité et non d'une mesure politique. Nous n'avons pas l'intention de rester du côté gazaoui de la frontière», a expliqué Falk.

Selon des sources qui ont parlé à Reuters, Israël a transmis ces plans à des responsables en Jordanie et en Égypte, avec lesquels Israël entretient des relations de longue date, et aux Émirats arabes unis, qui ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020.

Certains experts estiment que l'opposition de Washington, combinée aux souvenirs amers de tentatives similaires – mais finalement infructueuses – dans le passé, rend le plan irréalisable.

 «À mon avis, une zone de sécurité est vouée à l'échec», a déclaré à Arab News, le docteur Ziad Asali, médecin à la retraite et fondateur de l'American Task Force on Palestine (groupe de travail américain sur la Palestine).

Selon lui, toute solution de sécurité pour la bande de Gaza d'après-guerre doit prendre en compte les aspirations politiques du peuple palestinien dans son ensemble. Même les partisans d'Israël à Washington ne semblent pas convaincus par la proposition de zone tampon, qui entraînerait un empiètement sur le territoire déjà limité de Gaza.

«Nous ne soutenons aucune réduction des limites géographiques de Gaza», a déclaré début décembre John Kirby, porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche. «Gaza doit rester une terre palestinienne et ne peut être réduite.»

En effet, un tel empiétement sur Gaza, qui ne fait que 12 km de large dans sa partie la plus large, entasserait ses 2,3 millions d'habitants dans une zone encore plus petite.

En outre, les analystes avertissent qu'une zone tampon risque de répéter les erreurs du passé dans la région fragile du Levant. Un parallèle historique souligné par les experts est la zone de sécurité de triste mémoire, établie par Israël dans le sud du Liban entre 1985 et 2000.

Des soldats israéliens participent à une opération terrestre dans le quartier de Shijaiyah à Gaza (Photo, AFP).

La zone de sécurité de 24 km de large, contrôlée par l'armée israélienne et ses milices chrétiennes mandataires de l'armée du Sud-Liban, a été établie pendant l'occupation israélienne du Sud-Liban, à la suite de la guerre du Liban de 1982.

Comme la guerre de Gaza, ce conflit a été déclenché par une série d'attaques contre Israël lancées par des militants palestiniens à partir du territoire libanais, ce qui a poussé Israël à envahir le Liban.

À l'époque, Israël avait justifié la création de la zone de sécurité au Sud-Liban par la nécessité d'établir une zone tampon séparant les civils israéliens des villes du Nord le long de la frontière des militants basés au Liban.

Cependant, le maintien de l'ordre dans la zone de sécurité a fini par coûter des centaines de vies israéliennes et la zone a été rapidement envahie par les combattants du Hezbollah au moment où Israël, alors dirigé par le Premier ministre Ehud Barak, a chaotiquement retiré ses troupes en mai 2000, abandonnant ses alliés de l'Armée du Sud-Liban.

Les experts estiment que la création d'une autre zone tampon, même à plus petite échelle dans la bande de Gaza, serait probablement vouée à l'échec, ne contribuerait guère à améliorer la sécurité d'Israël et saperait encore davantage les efforts visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.

«La conversation sérieuse actuelle et l'accord devraient se concentrer sur ce qu'il faut faire de Gaza», a indiqué Asali. «Séparer l'avenir de Gaza de celui de la Cisjordanie par un accord international signifie la fin de la Palestine.»

D'autres experts sont moins sceptiques quant à la possibilité, voire à l'attrait, d'une zone de sécurité de type Sud-Liban à Gaza. «C'est une possibilité certaine», a déclaré à Arab News, Hussein Ibish, chercheur principal à l'Institut des États arabes du Golfe à Washington.

«En fait, je m'attends à ce que cela se produise si Israël décide de ne pas réoccuper entièrement l'intérieur de Gaza. Et même s'il le fait, il créera probablement une zone tampon de type Sud-Liban», a-t-il éclairci.

Des villageois saluent des soldats de l'armée libanaise, le 24 avril 1985, dans leur village d'Aamiq, dans la vallée de la Beqaa (Photo, AFP).

Ibish estime qu'un tel tampon est presque «inévitable» à Gaza et qu'il pourrait même être reproduit dans certaines parties de la Cisjordanie, «soit en lien avec une annexion majeure, soit en tant que précurseur de cette annexion».

«Cela reste à voir et dépend de la décision d'Israël de négocier à nouveau avec les Palestiniens pour créer la stabilité, ou d'imposer sa propre solution par la force, non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie.

«Franchement, je m'attends à la deuxième option, mais je suis prêt à être agréablement surpris», a-t-il mentionné.

Une évolution vers une zone tampon ne serait pas non plus de bon augure pour une fin négociée du conflit israélo-palestinien qui dure depuis des décennies, rendant une solution à deux États beaucoup moins probable et d'autres accaparements de terres par Israël beaucoup plus probables.

«Une zone tampon autour de Gaza pousse Israël à rechercher des solutions forcées et unilatérales, en s'appuyant sur la force plutôt que sur les négociations», a souligné Ibish.

EN BREF

- La zone de sécurité israélienne au Sud-Liban a duré de 1985 à 2000.

- Cette bande de terre s'étendait sur 24 km de large, de la mer Méditerranée aux fermes de Chebaa.

- Cette zone était destinée à éloigner les combattants basés au Liban de la frontière israélienne.

«Je pense que c'est cohérent avec la façon dont la société israélienne s'est orientée vers l'annexion plutôt que vers les négociations et a utilisé son pouvoir extrêmement asymétrique sur les Palestiniens pour imposer des “solutions” conformes aux ambitions et aux intentions d'Israël», a-t-il dévoilé.

Pour Ibish, une zone de sécurité représenterait une continuation du conflit et non une solution durable. «Le conflit se poursuivra tant qu'il n'y aura pas d'accord sur une résolution», a-t-il avisé.

«Mais lorsque nous constatons un tel degré d'asymétrie de pouvoir et des ambitions totalement inconciliables, il est typique des êtres humains d'imposer leur volonté par la force s'ils le peuvent. Je ne m'attends pas à ce que les Israéliens se comportent différemment», a-t-il décrit.

L'un des scénarios d'après-guerre privilégiés par de nombreuses personnes dans le camp palestinien et par les États-Unis est l'établissement d'une autorité commune pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. La manière dont cette autorité peut être établie au milieu du conflit est toutefois incertaine et dépendra en grande partie du paysage de l'après-guerre.

«À mon avis, le moment présent offre un arrangement de facto qui finira par devenir une réalité et devrait permettre un avenir commun pour les Palestiniens vivant sous la même autorité», a signalé Asali, de l'American Task Force on Palestine.

Des combattants du Hezbollah défilent avec des chars de l'Armée du Liban Sud dont ils se sont emparés dans le village de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, le 23 mai 2000 (Photo, AFP).

«L'accord intérimaire à Gaza devrait le permettre. Cela signifie que la formation d'un nouveau gouvernement en Cisjordanie pourrait être un premier pas vers ce qui pourrait être une fin sérieuse du conflit», a-t-il estimé.

Selon Asali, la création de zones de sécurité ne ferait qu'entraver les efforts visant à trouver une solution durable au conflit. «Une zone tampon à Gaza peut être imposée, comme tant d'autres choses, aux Palestiniens», a-t-il déclaré. «Mais ce serait un problème supplémentaire plutôt qu'une solution.»

Yoav Gallant, ministre israélien de la Défense et général des forces de défense israélienne à la retraite, a récemment souligné le caractère temporaire des zones tampons proposées lorsqu'on lui a demandé si elles pouvaient être créées en dépit des objections américaines.

Il a indiqué que si Israël établissait ce qu'il appelle des zones de sécurité, il les supprimerait lors de son éventuel retrait de Gaza. «Pendant que nous opérons, tout est possible», a-t-il jugé, «mais une fois le conflit terminé, nous n'avons plus aucune raison d'être là».

Les zones tampons sont une «mesure de sécurité pour une certaine période», a déclaré Gallant.

Certains analystes israéliens ne sont pas convaincus des avantages d'une zone de sécurité à long terme, compte tenu des risques et des coûts diplomatiques.

Meir Javedanfar, maître de conférences sur le Moyen-Orient à l'université Reichman d'Herzliya, estime qu'il est trop tôt pour parler de ce qui se passera après la guerre à Gaza.

«Je pense qu'il est trop tôt pour commencer à parler de la journée d'après-demain à Gaza», a-t-il déclaré à Arab News.

«Il y a trop d’éléments mobiles et de variables impliqués dans la guerre actuelle pour nous permettre de donner une prévision précise de ce qui se passera le jour après Gaza, le jour après la fin de la guerre et le jour après que le Hamas aura été chassé du pouvoir», a-t-il estimé.

Des soldats israéliens se rassemblent près de la frontière avec la bande de Gaza (Photo, AP).

Néanmoins, quelle que soit l'issue de la guerre, Javedanfar ne pense pas qu'il soit possible – que ce soit sur le plan militaire ou diplomatique – de créer des zones tampons de sécurité à l'intérieur de la bande de Gaza.

«Tout d'abord, sur le plan diplomatique, nos relations avec les États-Unis seraient probablement très tendues», a-t-il indiqué.

«C'est quelque chose qu'Israël ne peut pas se permettre à ce stade. Et je crois que nous mettrions également nos relations avec les Européens à rude épreuve.

«Deuxièmement, quel est l'intérêt d'avoir une zone de sécurité à l'intérieur de Gaza alors qu'Israël peut être atteint depuis n'importe quelle partie de Gaza? Si, à l'avenir, un groupe terroriste met la main sur les plans pour construire un autre missile, il peut tirer de n'importe où à l'intérieur de Gaza; Israël peut être frappé de n'importe où à l'intérieur de Gaza», a expliqué Javedanfar.

Il a soutenu que cette idée n'avait pas beaucoup de sens pour lui et qu'«on peut supposer qu'il est peu probable qu'une telle zone de sécurité voie le jour».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.