Gaza: Le conflit entre dans sa phase la plus meurtrière, le Hezbollah à la croisée des chemins

Une unité d'artillerie israélienne tire depuis une position en Haute Galilée dans le nord d'Israël vers le sud du Liban le 11 décembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes avec les militants du Hezbollah (Photo, AFP).
Une unité d'artillerie israélienne tire depuis une position en Haute Galilée dans le nord d'Israël vers le sud du Liban le 11 décembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes avec les militants du Hezbollah (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 14 décembre 2023

Gaza: Le conflit entre dans sa phase la plus meurtrière, le Hezbollah à la croisée des chemins

  • La milice libanaise est confrontée à un dilemme difficile: assister à la destruction du Hamas depuis les coulisses ou risquer de déclencher une guerre régionale
  • Les analystes sont divisés sur la question de savoir si Israël a les moyens ou le soutien international pour s'attaquer au Hezbollah une fois qu'il en aura fini avec le Hamas

DUBAI: Depuis que les combats entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas ont éclaté le 7 octobre, Washington et ses alliés européens ont cherché à contenir le conflit et à éviter qu'il ne s'étende à l'ensemble de la région.

Dès qu'Israël a lancé son assaut militaire sur la bande de Gaza – d'où le Hamas a lancé une attaque sans précédent sur le sud d'Israël – le Hezbollah libanais a lancé sa propre campagne de frappes transfrontalières. Cela a contrarié les efforts des forces de maintien de la paix des Nations unies, stationnées le long de la Ligne bleue séparant Israël et le Liban, pour apaiser les tensions.

En tant que force beaucoup plus puissante que le Hamas, ayant accès à une technologie sophistiquée de drones et de missiles fournie par l'Iran, tout conflit à grande échelle impliquant le Hezbollah serait probablement beaucoup plus destructeur pour Israël.

De la fumée s'élève à l'horizon le long des collines du sud du Liban suite aux bombardements israéliens, le 10 décembre 2023 (Photo, AFP).

Les forces de défense israéliennes (FDI) ont répondu aux attaques du Hezbollah par des frappes aériennes, des drones et des tirs d'artillerie sur le Liban-Sud, faisant 120 morts, pour la plupart des combattants du Hezbollah. Israël a quant à lui déploré 10 victimes, dont six soldats.

Bien que les échanges soient les plus violents depuis la guerre de trente jours de 2006, les deux parties ont évité les affrontements directs et les incursions qui pourraient entraîner une grave escalade.

EN CHIFFRES

• 100 000 combattants à la disposition du Hezbollah en octobre 2021.

• 150 000 roquettes et missiles dans l'arsenal de guerre du Hezbollah.

• 100 000 soldats israéliens déployés à la frontière nord.

• 100 000 civils évacués du nord d'Israël.

Les députés du gouvernement intérimaire libanais et l'ensemble de la population n'ont guère envie d'une guerre avec Israël, d'autant plus que le pays est aux prises avec la pire crise économique de son histoire.

«Croyez-moi quand je vous dis que nos cœurs saignent pour Gaza, mais nous ne pouvons pas supporter une autre guerre sur notre propre sol», a déclaré à Arab News, Ali Abdallah, un citoyen libanais de 37 ans qui est sans emploi.

«Les nécessités sont devenues des luxes pour beaucoup d'entre nous. Entraîner le Liban, dans son état actuel, dans une nouvelle guerre serait insensible. Comment pouvons-nous répondre à un appel aux armes avec l'estomac vide?», a-t-il expliqué.

L'hésitation du Hezbollah à se lancer dans une guerre totale est aussi en partie le résultat de la pression militaire et diplomatique soutenue de l'Occident.

Depuis octobre, les États-Unis ont stationné deux porte-avions d'attaque et un sous-marin nucléaire en Méditerranée orientale et dans le Golfe afin de dissuader le Hezbollah et d'autres groupes sympathisants du Hamas.

Amos Hochstein, assistant adjoint du président américain, Joe Biden, et conseiller principal pour l'énergie et l'investissement, s'est rendu au Liban en novembre pour mettre en garde les autorités libanaises et le Hezbollah contre une escalade du conflit.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a déclaré que le principal objectif des attaques de sa milice contre Israël était d’épuiser les ressources militaires des FDI qui auraient autrement été utilisées à Gaza.

Mais alors qu'il assiste à la destruction du Hamas en tant qu'organisation militaire, ses combattants doivent faire un choix difficile: rester les bras croisés et assister au démantèlement de la branche gazaouie de ce qu'on appelle l'axe de la résistance, soutenu par l'Iran, ou se ranger aux côtés du Hamas pour essayer de le sauver.

Des combattants du Hezbollah et des sympathisants du parti regardent Hassan Nasrallah, le chef du mouvement musulman chiite libanais, prononcer un discours télévisé sur un grand écran dans une salle à Beyrouth, le 11 novembre 2023 (Photo, AFP).

«Je pense qu'ils ne le feraient pas. Ils resteraient sur la touche», a déclaré précédemment à Arab News, Firas Maksad, chercheur principal à l'Institut du Moyen-Orient. «Le Hezbollah et l'Iran préfèrent tous deux éviter une confrontation directe plus importante avec Israël», a-t-il précisé.

Maksad et d'autres analystes estiment qu'en tant que première ligne de dissuasion et de défense du régime iranien et de son programme nucléaire si Israël décide de frapper, le Hezbollah ne va pas perdre son temps à sauver le Hamas.

Néanmoins, alors que les FDI encerclent les derniers bastions du Hamas à Gaza et continuent de frapper des cibles au Liban et en Syrie, la probabilité d'une flambée régionale reste forte.

Des soldats israéliens prennent position près de la frontière de la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 11 décembre 2023, alors que la guerre avec les militants palestiniens se poursuit (Photo, AP).

Les analystes de la défense affirment que le Hezbollah a massé une grande partie de sa force de combat d'élite Radwan à la frontière et qu'il utilise de nouvelles armes. Il s'agit notamment des roquettes à courte portée dites Burkan, qui peuvent transporter plus de 453 kg de matières explosives et qui ont infligé de graves dommages à un avant-poste militaire israélien le mois dernier.

Selon un récent rapport du Wall Street Journal, le Hezbollah possède des armes guidées par GPS capables de frapper l'ensemble du territoire israélien, des missiles SCUD très précis et à charge lourde, ainsi qu'une version du missile mortel Tishreen fabriqué par la Syrie, et de nombreux missiles antichars Kornet équipés de munitions guidées par laser.

Tout cela s'ajoute à un arsenal élargi d'environ 150 000 roquettes.

Des combattants du Hezbollah défilent dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 avril 2023, à l'occasion de la Journée d'Al-Qods (Jérusalem), une commémoration en soutien au peuple palestinien célébrée chaque année le dernier vendredi du mois de jeûne musulman, le Ramadan (Photo, AFP).

La semaine dernière, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a lancé un avertissement selon lequel Beyrouth et le Liban-Sud seraient transformés «en Gaza et Khan Younès» si les combats s'intensifiaient. Les troupes israéliennes et les militants du Hamas se livrent actuellement à des combats meurtriers pour le contrôle de Khan Younès, La deuxième plus grande ville de Gaza.

Selon Meir Javedanfar, conférencier à l'université Reichman de Tel-Aviv, la tolérance israélienne à l'égard des menaces du Hezbollah n'a jamais été aussi faible.

«Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense, a informé les Américains qu'Israël voulait que le Hezbollah évacue les zones adjacentes à ses frontières», a révélé Javedanfar à Arab News.

«Cela est conforme à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui stipule qu'ils ne doivent pas se trouver là en premier lieu. C'est l'objectif d'Israël», a-t-il éclairci.

La résolution 1701 est l'accord qui a mis fin à la guerre de 2006. Elle prévoyait «des arrangements de sécurité pour empêcher la reprise des hostilités, notamment l'établissement d'une zone exempte de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux du gouvernement libanais et de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), entre la Ligne bleue et le fleuve Litani», a-t-il spécifié.

La présence continue du Hezbollah dans la région pourrait être suffisamment provocante pour que les FDI s'attaquent au groupe une fois qu'elles en auront fini avec le Hamas.

Israël a déployé jusqu'à 100 000 soldats le long de la frontière nord, évacué 60 000 résidents locaux et transformé certaines communautés frontalières en bases militaires en raison de la menace perçue d'une invasion du Hezbollah.

Des soldats israéliens patrouillent au sommet du mont Hermon, près de la frontière avec le Liban, sur le plateau du Golan annexé par Israël, alors que les tensions transfrontalières avec les militants du Hezbollah ne cessent de croître (Photo, AFP).

«Nous avons vu ce qui se passe lorsque le Hamas se trouve à notre frontière», a prévenu Javedanfar. «Cela a conduit à un tel désastre le 7 octobre.»

«Nous sommes face à une nouvelle situation. Le gouvernement israélien va faire pression sur les Américains et d'autres pays pour qu'ils comprennent qu'il ne peut plus s'accommoder d'une présence militaire du Hezbollah à ses frontières.

«Après le 7 octobre, la tolérance à l'égard des menaces du Hezbollah est devenue très faible. Cela pourrait être la semaine prochaine, cela pourrait être dans cinq ans. Qui sait? Mais Israël mettra fin à la menace du Hezbollah», a-t-il affirmé.

Des roquettes tirées depuis le sud du Liban sont interceptées au-dessus d'une position située de l'autre côté de la frontière, près du kibboutz Dan, dans le nord d'Israël, le 7 novembre 2023, alors que les tensions transfrontalières entre le Hezbollah et Israël ne cessent de s'aggraver (Photo, AFP).

Les analystes militaires estiment que les services de sécurité israéliens s'étaient convaincus que la menace posée par le Hamas avait été contenue, avant d'être pris au dépourvu par l'attaque du 7 octobre, qui a entraîné la mort de quelque 1 400 personnes, principalement des civils, et la prise de plus de 240 otages.

C'est une erreur que les israéliens ne voudront pas refaire, a indiqué Javedanfar.

«Nous pensons que le Hamas avait changé, qu'il était passé d'une organisation militaire extrémiste à une organisation désireuse de développer l'économie de Gaza et de devenir plus responsable», a-t-il signalé.

«On nous a prouvé que nous avions tort. Toutes ces hypothèses se sont avérées fausses. Nous avons vu les conséquences dévastatrices de notre erreur concernant le Hamas, et maintenant nous posons la même question concernant le Hezbollah. Voulons-nous vivre avec ses menaces à nos frontières? Et ses 150 000 missiles?», a-t-il averti.

«Israël dispose de plus de 300 000 militaires en réserve et est prêt à les utiliser pour dissuader le Hezbollah de s'éloigner de ses frontières», a souligné Javedanfar.

Tzachi Hanegbi, chef du Conseil national de sécurité d'Israël, a récemment déclaré qu'une fois le Hamas vaincu, Israël pourrait devoir entrer en guerre contre le Hezbollah, faute de quoi les citoyens pourraient ne pas vouloir retourner dans les régions du nord.

Bien qu'Israël préfère ne pas mener une guerre sur deux fronts, Hanegbi a déclaré qu'il pourrait devoir «imposer une nouvelle réalité» en ce qui concerne le Hezbollah.

Cependant, tous les analystes ne sont pas convaincus qu'Israël ait les moyens, la volonté ou le soutien international nécessaires pour mener à bien une campagne militaire contre le redoutable Hezbollah.

«Une guerre totale avec le Liban serait un fardeau pour Israël», a indiqué à Arab News, Nadim Shehadi, économiste et chroniqueur libanais. «Ce serait trop coûteux économiquement et psychologiquement pour Israël.»

En fait, Shehadi estime que même la défaite totale du Hamas est hors de portée d'Israël, surtout maintenant que l'opinion publique mondiale se retourne contre les Israéliens. «Ce que le Hamas a réalisé en termes de victoire est en train de détruire même la perception des Israéliens d'eux-mêmes», a-t-il expliqué.

Des soldats israéliens se rassemblent près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le vendredi 8 décembre 2023 (Photo, AP).

«Deux croyances fondamentales ont été ébranlées. La première était que le gouvernement israélien avait créé un lieu sûr où les Juifs pouvaient être protégés par leur État. Cette croyance s'est effondrée car les citoyens ne se sentent pas en sécurité et fuient la Galilée», a-t-il mentionné.

«La deuxième est que l'armée israélienne est morale, qu'elle respecte le droit international et les règles humanitaires. Ce point s'est également effondré. Le monde et les Israéliens n'y croient plus. Ils sont devenus fous à Gaza», a-t-il ajouté.

Plus de 18 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis le 7 octobre, la plupart étant des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

«Il s'agit également de gains pour le Hezbollah», a déclaré Shehadi. «Le Hezbollah observe ce qui se passe actuellement à Gaza.»

Toutefois, Shehadi ne croit pas non plus que le Hezbollah veuille une guerre avec Israël, du moins pas pour le moment.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.