Bangladesh: Le prix Nobel Muhammad Yunus reconnu coupable dans une affaire de droit du travail

Le lauréat du prix Nobel de la paix bangladais Muhammad Yunus (au centre) quitte un tribunal de Dhaka le 1er janvier 2024 (Photo, AFP).
Le lauréat du prix Nobel de la paix bangladais Muhammad Yunus (au centre) quitte un tribunal de Dhaka le 1er janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 janvier 2024

Bangladesh: Le prix Nobel Muhammad Yunus reconnu coupable dans une affaire de droit du travail

  • L'économiste et trois de ses collaborateurs au sein de Grameen Telecom sont accusés de ne pas avoir créé de fonds de prévoyance
  • Les quatre mis en cause rejettent ces accusations

DACCA: Le lauréat du prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, a été jugé coupable lundi d'avoir enfreint le droit du travail au Bangladesh, a rapporté un procureur à l'AFP, dans une affaire que ses partisans et soutiens considèrent motivée par des raisons politiques.

L'économiste, lauréat Nobel en 2006, et trois de ses collaborateurs au sein de Grameen Telecom, une des entreprises qu'il a fondées, sont accusés de ne pas y avoir créé de fonds de prévoyance et d'avoir ainsi enfreint le droit du travail.

Un tribunal de la capitale, Dacca, les a reconnus coupables, les condamnant à "six mois d'emprisonnement", a déclaré à l'AFP le procureur principal Khurshid Alam Khan, ajoutant qu'ils ont immédiatement été libérés sous caution dans l'attente de l'appel.

Les quatre mis en cause rejettent ces accusations.

"J'ai été puni pour un crime que je n'ai pas commis", a réagi M. Yunus après le jugement.

"Si vous voulez appeler cela de la justice, vous pouvez", a-t-il encore lancé avec ironie.

"Ce verdict est sans précédent", a déclaré à l'AFP Abdullah Al Mamun, un avocat de M. Yunus. "Nous n'avons pas obtenu justice."

M. Yunus fait l'objet d'une centaine d'autres accusations concernant des violations supposées du droit du travail et des allégations de corruption.

En novembre, le prix Nobel a déclaré aux journalistes qu'il n'avait profité d'aucune des plus de 50 entreprises qu'il avait créées au Bangladesh.

"Elles n'étaient pas destinées à mon bénéfice personnel, qu'il s'agisse de la Grameen Bank ou de nombreuses autres organisations", s'est défendu M. Yunus.

Selon Khaja Tanvir, un autre avocat de l'économiste interrogé par l'AFP, l'affaire est "sans valeur, fausse et injustifiée".

"Le seul but de ce dossier est de le harceler et de l'humilier devant le monde entier", a-t-il déclaré.

M. Yunus, 83 ans, est reconnu pour avoir sorti des millions de personnes de la pauvreté grâce à sa banque de microcrédit pionnière, mais il s'est brouillé avec la Première ministre Sheikh Hasina, qui l'a accusé de "sucer le sang" des pauvres.

La popularité de l'économiste auprès de la population bangladaise a fait de lui un rival potentiel de la Première ministre, pratiquement assurée de décrocher un cinquième mandat lors des élections législatives qui doivent se tenir dimanche et que boycotte l'opposition.

«Parodie de justice»

Irene Khan, ancienne secrétaire générale d'Amnesty International aujourd'hui rapporteure spéciale aux Nations unies, était présente lundi à l'audience. Interrogée par l'AFP, elle a qualifié le jugement de "parodie de justice".

"Un activiste social et lauréat du prix Nobel qui a fait l'honneur et la fierté du pays est persécuté pour des motifs futiles", a-t-elle observé.

Des critiques accusent les tribunaux du Bangladesh d'approuver les yeux fermés les décisions du gouvernement de Mme Hasina, qui s'est montré de plus en plus ferme dans sa répression de l'opposition politique.

En août, 160 personnalités internationales, dont l'ancien président américain Barack Obama et l'ex-secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, avaient publié une lettre ouverte commune dénonçant le "harcèlement judiciaire continu" dont est victime le pionnier du microcrédit.

Les signataires, dont plus d'une centaine de lauréats du prix Nobel, ont déclaré craindre pour "sa sécurité et sa liberté".

Amnesty International a accusé le gouvernement du Bangladesh d'instrumentaliser le droit du travail lorsque M. Yunus s'est rendu à une audience en septembre, et a appelé à la fin immédiate du "harcèlement" dont il fait l'objet selon l'organisation.

Les poursuites pénales à son encontre constituent "une forme de représailles politiques pour son travail et son opposition", d'après Amnesty International.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".