Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
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Publié le Samedi 06 janvier 2024

Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

  • Avec un programme chargé d'événements cette saison, l’Arabie saoudite de plus en plus un centre majeur de loisirs et de divertissement
  • De l'E-Prix d’Ad Diriyah à la Coupe Saoudienne en passant par les concerts d'AlUla et les nouvelles stations balnéaires de la mer Rouge, l'Arabie saoudite est l'endroit idéal pour passer l'hiver

RIYAD: Lorsque l'on pense aux destinations de vacances d'hiver, le Royaume d'Arabie saoudite est rarement le premier endroit qui vient à l'esprit. Mais avec un programme chargé d'événements prévus dans le calendrier du tourisme et du divertissement cette saison, il semble que cela soit en train de changer.

L'Autorité saoudienne du tourisme organise 17 000 événements inédits, faisant du Royaume l'une des destinations hivernales les plus animées au monde. De «L'hiver à Tantora» à AlUla aux festivals folkloriques, l'Arabie saoudite s'impose rapidement comme une destination favorite improbable.

Il y a quelques années encore, les pique-niques sur la corniche ou les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. Cet hiver, cependant, les voyageurs arrivent des quatre coins du monde, attirés par l'étendue des activités proposées.

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Il y a quelques années encore, les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. (Photo, SPA)

«Le tourisme en Arabie saoudite ne cesse de se renforcer, jouant un rôle essentiel dans la diversification de notre économie grâce à la création de nombreuses opportunités d'emploi et au soutien du secteur privé», a déclaré à Arab News, Abdellah al-Dakhil, porte-parole et directeur de la communication de l'Autorité saoudienne du tourisme.

«Nous progressons rapidement vers nos objectifs de la Vision 2030, avec le soutien de l'écosystème du tourisme, et visons désormais 150 millions de visites d'ici 2030», a-t-il signalé.

L'année passée a été marquée par plusieurs réalisations notables. La Banque centrale saoudienne a récemment indiqué que les dépenses des visiteurs ont dépassé les 100 milliards de riyals (1 riyal saoudien = 0,24 euro) au cours des trois premiers trimestres de 2023.

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Pour sa troisième édition, qui s'est déroulée jusqu'au 16 décembre 2023, Noor Riyadh − le plus grand festival d'art lumineux au monde − a encore attiré les foules. (Photo, RCRC)

En outre, l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies a reconnu l’Arabie saoudite comme la deuxième destination touristique à la croissance la plus rapide au monde pour le premier trimestre de l'année dernière.

Le nombre de touristes en Arabie saoudite a augmenté de 142% au cours du premier semestre 2023, avec 14,2 millions de visiteurs se rendant dans le Royaume et une augmentation de 132% des dépenses des voyageurs entrants au cours de la même période, enregistrées à 86,9 milliards de riyals. 

La stratégie nationale du tourisme saoudien avait initialement fixé un objectif de 100 millions de touristes par an d'ici 2030. Cependant, Ahmed al-Khateeb, le ministre saoudien du Tourisme, a annoncé en octobre que cette ambition avait été revue à la hausse pour atteindre 150 millions.

Au cours des sept premiers mois de 2023, l'Arabie saoudite a accueilli 17 millions de visiteurs internationaux, l'objectif étant d'en accueillir 30 millions d'ici la fin de l'année.

Il s'agit d'un bond en avant considérable, étant donné qu'il n'y a eu que 4,14 millions de touristes entrants en 2020, d'après le ministère du Tourisme. À titre de comparaison, la France, pays le plus visité au monde, a reçu environ 117 millions de visiteurs entrants en 2020.

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Le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah, Riyad, est l'un des sept sites du Royaume inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. (Photo, DGDA)

«L'Autorité saoudienne du tourisme s'est engagée à favoriser la croissance en collaboration avec ses partenaires, en mettant en valeur les attractions uniques et variées de l'Arabie saoudite, notamment notre saison hivernale dynamique avec un éventail d'activités pour les familles, et nos sept sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, comme le site archéologique de Hegra à AlUla, le Jeddah historique et le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah», a déclaré Al-Dakhil.

«À l'horizon 2024, l'Arabie saoudite deviendra plus accessible grâce à de nouvelles liaisons aériennes, des hôtels supplémentaires et un système de visa électronique amélioré. Nous sommes ravis d'accueillir de nouveaux visiteurs du monde entier», a-t-il précisé.

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Une vue générale du peloton lors du 3e Tour saoudien 2023 − Étape 5, une étape de 142,9 km entre la vieille ville d'AlUla et Maraya, le 3 février 2023. (Photo, Getty Images)

Des célébrités, telles que Will Smith, Johnny Depp, Sofia Vergara, Alicia Keys et Andrew Garfield, ont déjà visité l’Arabie saoudite.

Le quartier d’Al-Balad, à Djeddah, a toujours été une destination historique attrayante. Aujourd'hui, un nouveau calendrier d'événements culturels a relancé l'intérêt. Dans les prochains mois, il accueillera l'initiative Balad Al-Fann et les Voix d'Al-Balad.

À Riyad, le Diriyah E-Prix aura lieu à la fin du mois de janvier, suivi de la Coupe Saoudienne – l'événement équestre le plus prisé du Royaume – le 04 février.  

Riyad accueille également le premier château Disney du Moyen-Orient, avec cinq zones et des spectacles musicaux en direct, un plateau de Monopoly immersif grandeur nature, des jeux de réalité virtuelle à Metaworld, une expérience unique pour les fans de football au CR7 Signature Museum, et une fusion d'art et de cuisine à Layali Diriyah.

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La Coupe saoudienne 2023 a attiré plus de 1 400 inscriptions, avec des chevaux de 22 pays participant à l'hippodrome King Abdulaziz à Riyadh les 24 et 25 février. (Photo fournie)

Sur la côte de la mer Rouge, l'ouverture du nouvel aéroport international du Royaume en septembre a entraîné une vague de réservations dans les nouveaux complexes hôteliers St. Regis Red Sea Resort, Nujuma Ritz Carlton Reserve et Six Senses Southern Dunes.

Dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, les retraites relaxantes et les festivals de musique d'AlUla ont déjà consolidé son statut de destination incontournable tout au long de l'année, mais le festival des arts d'AlUla, en février, constituera un attrait particulier.

Les visiteurs peuvent également se détendre sous un ciel nocturne captivant jusqu'au 9 mars en observant les étoiles à Gharameel ou rechercher des sensations fortes dans une montgolfière avec des vues inoubliables de la région lors du festival AlUla Skies, du 10 au 17 avril.

AlUla, qui figure sur la liste des «sept merveilles du monde pour 2023» établie par Conde Nast Traveler, possède certains des plus anciens monuments historiques du royaume, notamment Jabal AlFil, Hegra, ainsi que Dadan et Lihyan.

Les visiteurs peuvent également vivre une expérience musicale unique dans l'impressionnante salle de concert Maraya d'AlUla, un édifice recouvert de 9 740 miroirs, ce qui lui permet de se fondre parfaitement dans le paysage environnant, ou se promener dans la vieille ville d'AlUla, qui a été ravivée et qui contient encore des vestiges des bâtiments originaux en pierre et en brique crue.

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Les anciennes civilisations d'AlUla, placées au carrefour des échanges commerciaux, communiquaient avec diverses cultures, dont beaucoup étaient fortement influencées par l'astronomie. (Photo, Instagram/experiencealula)

L’Arabie saoudite n'a pas toujours regorgé d'autant d'options de divertissement. Depuis la création de l'Autorité saoudienne du tourisme en 2020, le Royaume a connu une formidable transformation, contribuant à la reprise du tourisme dans la région après la pandémie.

Les arrivées de touristes en Arabie saoudite ont presque atteint les niveaux d'avant la pandémie au premier trimestre 2023, selon un rapport de HSBC Global Research.

Auparavant, le tourisme étranger en Arabie saoudite était limité aux voyages organisés et aux pèlerins. C'était jusqu'à ce que le Royaume ouvre ses portes au tourisme de loisirs en 2019 avec l'introduction d'un nouveau visa électronique. Depuis, l'industrie est devenue l'un de ses principaux moteurs économiques.

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Une vue générale de l'oasis d'AlUla. (Photo, RCA)

«Dans les années 1920, le monde venait en Arabie saoudite pour le pétrole, mais dans les années 2020, nous nous attendons à ce que les gens du monde entier viennent pour le tourisme. C'est pourquoi nous disons que le tourisme est le nouveau pétrole», a déclaré Fahd Hamidaddin, PDG de l'Autorité saoudienne du tourisme, dans une récente interview accordée à The National.

Ses progrès ne sont pas passés inaperçus. L'Arabie saoudite a été considérée comme un pays qui change la donne dans l'annuaire World Travel Market 2023.

L'année dernière, l'Arabie saoudite a été l'hôte officiel de la Journée mondiale du tourisme, une journée internationale instituée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour célébrer le pouvoir du secteur dans le rapprochement des cultures.

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Des artistes de différentes nations ont contribué à animer le Festival international des arts de la montagne de Qeman, l'année dernière à Abha. (Photo, SPA)

Et il reste encore plusieurs projets à réaliser qui continueront à révolutionner le secteur de l'événementiel, du divertissement et du tourisme.

Sindalah, l'île de rêve saoudienne, deviendra une destination mondiale pour les yachts, tandis que le mégaprojet NEOM a dévoilé Norlana, une communauté ultra-moderne de style de vie actif dans le nord-ouest du Royaume.

La première station de ski du Royaume à Trojena, qui accueillera le premier événement sportif hivernal organisé dans un pays arabe, est également à l'ordre du jour.

L'Arabie saoudite a également remporté l'organisation de la Coupe d'Asie de l'AFC en 2027 et celle de l'Exposition universelle de 2030. Tous les regards se tournent désormais vers le Royaume pour savoir s'il réussira le tour de force de remporter l'organisation de la Coupe du monde de football de 2034.

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La Saison 2023 de Djeddah, qui s'est déroulée pendant 60 jours à partir du mois de mai, a établi un nouveau record de fréquentation avec plus de 6 millions de personnes - le chiffre le plus élevé de sa courte histoire. (Photo, SPA)

«En quelques années seulement, l'Arabie saoudite est rapidement devenue la nouvelle destination la plus excitante au monde, offrant les plus grandes opportunités touristiques actuelles», a indiqué Hamidaddin lors d'une récente interview accordée à WTM.

Ce développement rapide est le fruit d’innombrables efforts déployés par le gouvernement saoudien pour développer les secteurs des loisirs, du divertissement et du tourisme et pour transformer le Royaume en une plaque tournante mondiale pour les visiteurs.

S'appuyant sur le visa électronique de 2019, qui a permis à 63 nationalités de visiter la région, le visa pour les résidents du Conseil de coopération du Golfe a été annoncé en 2022, suivi par le visa d'escale en 2023, qui accorde un séjour gratuit d'une nuit à l'hôtel lorsque la réservation est effectuée auprès du transporteur national, la SAUDIA.

En 2024, un visa pour l'ensemble du CCG pourrait être mis en place, permettant aux touristes de se rendre à Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis avec le même visa.

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Lionel Messi, légende du football argentin, lors d'une visite avec sa famille à Riyad en mai 2023. (Photo / Archives)

L'année dernière a également vu le lancement de la campagne «Rethink Summer» et le retour de l'ambassadeur saoudien du tourisme, Lionel Messi, accompagné de sa famille.

Elle a également vu se développer des collaborations avec des entités internationales, une exposition itinérante de l'Autorité saoudienne du tourisme en Inde, la signature d'un protocole d'accord avec le groupe Trip.com et l'organisation d'une exposition culturelle saoudienne de deux semaines à Paris.

L'Arabie saoudite est actuellement le premier investisseur mondial dans le secteur du tourisme, avec des investissements qui devraient atteindre 800 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,91 euro) d'ici à 2030. Un montant supplémentaire de 550 milliards de dollars sera consacré au développement des destinations touristiques.

Alors que les voyageurs étudient les options qui s'offrent à eux pour une escapade hivernale de dernière minute, ils seront sans doute nombreux à choisir l'Arabie saoudite.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.