Ce que l’attaque meurtrière d’Israël sur un camp de réfugiés de Gaza révèle sur la conduite de l’armée israélienne et le choix de ses armes

Après la frappe aérienne de la veille de Noël sur le camp de réfugiés de Maghazi, qui a fait des dizaines de morts parmi les Palestiniens, l’armée israélienne a qualifié le bombardement d’«erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes». (AFP)
Après la frappe aérienne de la veille de Noël sur le camp de réfugiés de Maghazi, qui a fait des dizaines de morts parmi les Palestiniens, l’armée israélienne a qualifié le bombardement d’«erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes». (AFP)
Des Palestiniens portent le corps d’une femme victime d’une frappe israélienne sur une maison du camp de réfugiés de Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 janvier 2024. (Reuters)
Des Palestiniens portent le corps d’une femme victime d’une frappe israélienne sur une maison du camp de réfugiés de Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 janvier 2024. (Reuters)
Après la frappe aérienne de la veille de Noël sur le camp de réfugiés de Maghazi, qui a fait des dizaines de morts parmi les Palestiniens, l’armée israélienne a qualifié le bombardement d’«erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes». (AFP)
Après la frappe aérienne de la veille de Noël sur le camp de réfugiés de Maghazi, qui a fait des dizaines de morts parmi les Palestiniens, l’armée israélienne a qualifié le bombardement d’«erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes». (AFP)
Des Palestiniens blessés lors d’une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, dans la bande de Gaza, le 6 décembre 2023, se font soigner à l’hôpital Al-Aqsa de Deir Balah. (AFP)
Des Palestiniens blessés lors d’une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, dans la bande de Gaza, le 6 décembre 2023, se font soigner à l’hôpital Al-Aqsa de Deir Balah. (AFP)
Des enfants palestiniens déplacés observent, depuis une tente, un homme qui pleure les membres de sa famille tués lors d’une attaque israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 25 décembre 2023. (AFP)
Des enfants palestiniens déplacés observent, depuis une tente, un homme qui pleure les membres de sa famille tués lors d’une attaque israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 25 décembre 2023. (AFP)
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Publié le Dimanche 07 janvier 2024

Ce que l’attaque meurtrière d’Israël sur un camp de réfugiés de Gaza révèle sur la conduite de l’armée israélienne et le choix de ses armes

  • La frappe aérienne de la veille de Noël sur le camp de réfugiés de Maghazi a fait des dizaines de morts parmi les civils Palestiniens
  • Les autorités israéliennes ont qualifié le bombardement d’«erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes»

LONDRES: Quelques heures avant minuit, la veille de Noël, une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, à l’est de Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, a fait plus de 70 morts, dont 12 femmes et sept enfants, selon les chiffres de l’hôpital Al-Aqsa, situé à proximité.

L’ONU estime que cette frappe a tué au moins 86 personnes, ce qui en fait l’une des plus meurtrières de toute la guerre, dévastant une zone résidentielle surpeuplée et ensevelissant des familles entières sous des tonnes de décombres.

Le Croissant-Rouge palestinien a mentionné que le travail des équipes de secours a été encore plus entravé par les dégâts causés aux routes entre les camps de Bureij, Maghazi et Nuseirat. En raison de la pénurie de carburant servant à alimenter les machines, les sauveteurs ont dû rechercher les survivants à mains nues.

Des Palestiniens pleurent leurs proches, tués lors d’une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, lors de funérailles collectives à l’hôpital Al-Aqsa à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 décembre 2023. (AFP)
Des Palestiniens pleurent leurs proches, tués lors d’une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, lors de funérailles collectives à l’hôpital Al-Aqsa à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 25 décembre 2023. (AFP)

Le 25 décembre, Médecins sans frontières (MSF) a tweeté que l’hôpital Al-Aqsa de Deir Al-Balah avait admis 209 blessés et 131 morts à la suite des frappes de la veille de Noël sur Maghazi et Bureij.

Le Hamas, groupe palestinien qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, a qualifié l’attaque de «massacre horrible» et de «nouveau crime de guerre». Pour sa part, le gouvernement israélien a indiqué que ce bombardement était une «erreur regrettable» causée par l’utilisation de «munitions incorrectes».

Dans un communiqué publié le 28 décembre, l’armée israélienne a déclaré qu’une enquête préliminaire menée par un comité spécial avait révélé que le bombardement avait détruit des bâtiments qui n’étaient pas des cibles militaires, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils.

Des hommes récupèrent le corps d’une victime tuée lors d’une attaque israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 25 décembre 2023. (AFP)
Des hommes récupèrent le corps d’une victime tuée lors d’une attaque israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 25 décembre 2023. (AFP)

L’armée israélienne a ajouté que les «importants dommages collatéraux qui auraient pu être évités» à Maghazi étaient causés par l’utilisation de munitions inappropriées. «Le type de munition ne correspondait pas à la nature de l’attaque», a expliqué un responsable militaire israélien à la chaîne publique Kan.

L’armée a promis «de tirer les leçons de l’incident». Toutefois, dans une interview accordée à Sky News le 29 décembre, Eylon Levy, porte-parole officiel du gouvernement israélien, a affirmé que son gouvernement refusait de s’excuser d’avoir «mené cette campagne visant à traduire en justice le régime terroriste du Hamas.»

Il a souligné que la «guerre contre le Hamas» se poursuivrait jusqu’à ce que le groupe militant se rende et libère les derniers otages qu’il a pris le 7 octobre, lorsqu’il a perpétré des massacres brutaux et une série d’enlèvements dans le sud d’Israël.

Le Hamas a tué environ 1200 personnes, pour la plupart des civils, et pris 240 otages, parmi lesquels de nombreux ressortissants étrangers, dont 110 ont été libérés par la suite dans le cadre d’une série d’échanges d'otages et de prisonniers.

M. Levy a qualifié le meurtre de civils à Maghazi d’«erreur regrettable», ajoutant que les «erreurs» sont «inévitables» en temps de guerre.

Tahani Mustafa, analyste principale spécialiste de la Palestine à l’International Crisis Group, estime que les déclarations officielles de ce type font partie de la stratégie de relations publiques privilégiée par Israël.

«Israël se défend toujours en disant “nous avons commis des erreurs mais nous ne l’avons pas fait exprès" afin d’atténuer la publicité négative qu’Israël reçoit de plus en plus et qui devient de plus en plus difficile à justifier et à dissimuler», a-t-elle indiqué à Arab News. 

«Ils ont fait ce qu’ils ont fait lorsqu’ils pensaient pouvoir s’en tirer, et lorsqu’ils n’ont pas pu s’en tirer, ils ont fait des déclarations futiles comme celle-ci pour atténuer les retombées sur le plan des relations publiques.»

Dans cette photo prise depuis une position dans le sud d’Israël, le long de la frontière avec la bande de Gaza, de la fumée s’élève au-dessus du territoire palestinien lors d’un bombardement israélien, le 5 janvier 2024. (AFP)
Dans cette photo prise depuis une position dans le sud d’Israël, le long de la frontière avec la bande de Gaza, de la fumée s’élève au-dessus du territoire palestinien lors d’un bombardement israélien, le 5 janvier 2024. (AFP)

«Si l’on se fie aux expériences précédentes, toute enquête interne sera immédiatement abandonnée dès que l’intérêt du public s’estompera», a-t-elle ajouté.

De plus, Maghazi n’est pas le seul camp de réfugiés de Gaza à avoir subi des bombardements israéliens ces dernières semaines, Bureij et Nuseirat ayant également été touchés. Rien que le 29 décembre, les bombardements israéliens dans le centre de Gaza ont tué au moins 100 Palestiniens et en ont blessé 150 autres.

De telles attaques montrent, soit que les erreurs reconnues par l’armée israélienne et les représentants du gouvernement sont courantes, soit que l’armée a une approche cavalière de la vie des civils et du risque de dommages collatéraux.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a fait part de ses préoccupations concernant le bombardement du centre de Gaza et de ses camps densément peuplés.

Des soldats israéliens positionnés près de la frontière de la bande de Gaza, le 29 décembre 2023, dans le cadre des combats en cours contre le mouvement palestinien Hamas. (Photo, AP)
Des soldats israéliens positionnés près de la frontière de la bande de Gaza, le 29 décembre 2023, dans le cadre des combats en cours contre le mouvement palestinien Hamas. (Photo, AP)

Établi en 1949, le camp de Maghazi comptait à l’origine une population d’environ 2500 habitants, qui s’est ensuite accrue pour atteindre environ 30 000 personnes, selon les statistiques de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa).

Aujourd’hui, en raison du déplacement des familles gazaouies fuyant l’assaut israélien, qui a fait plus de 22 000 morts depuis le 7 octobre, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, la population du camp s’élève à environ 100 000 personnes.

Si la frappe de la veille de Noël a été la plus meurtrière de l’histoire de Maghazi, elle est loin d’être la première. Les frappes aériennes du 17 octobre, du 5 novembre et du 6 décembre ont également touché le camp densément peuplé, remettant une fois de plus en question la véracité des affirmations israéliennes selon lesquelles la frappe du 24 décembre n’était qu’une erreur ponctuelle.

Lors d’une précédente frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 6 décembre 2023, la plupart des 18 Palestiniens décédés et des 20 blessés étaient des enfants. (Photos, AFP)
Lors d’une précédente frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Maghazi, le 6 décembre 2023, la plupart des 18 Palestiniens décédés et des 20 blessés étaient des enfants. (Photos, AFP)

La première frappe, en octobre, a touché une école gérée par l’Unrwa, tuant six personnes. De même, le ministère de la Santé, dirigé par le Hamas, a précisé que les frappes de novembre avaient fait au moins 45 morts. Selon The Guardian et Al Jazeera, la seule boulangerie du camp a été détruite.

L’armée israélienne poursuit son offensive terrestre, malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu immédiat et durable. Les appels de Washington à réduire son agression, ou au moins à donner la priorité à la préservation des vies civiles, semblent également avoir été ignorés.

Le 12 décembre, le président américain Joe Biden a averti qu’en raison de ses «bombardements aveugles» sur Gaza, Israël perdait le soutien de la communauté internationale. Deux jours plus tard, il a déclaré aux journalistes que les forces israéliennes devaient «se concentrer sur la manière de sauver des vies civiles. Elles ne doivent pas cesser de s'en prendre au Hamas, mais doivent faire preuve de plus de prudence.»

Le lendemain de Noël, le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a annoncé que les forces israéliennes avaient «étendu le combat à la zone connue sous le nom de Camps centraux».

Les organisations humanitaires, les agences de l’ONU et de nombreux médias occidentaux ont confirmé que l’armée israélienne a attaqué des zones qu’elle avait auparavant encouragé les déplacés de Gaza à fuir pour aller dans des régions qu’elle avait désignées comme «sûres».

Une analyse de CNN révèle que l’armée israélienne avait mené des frappes à Rafah, qu’Israël avait précédemment qualifiée de zone sûre pour les réfugiés.

Le rapport du 21 décembre montre aussi que les déclarations israéliennes identifiant les «zones sûres» ou les «zones dangereuses» sont souvent contradictoires et prêtent à confusion.

En raison des perturbations des réseaux d’électricité et de télécommunications causées par le conflit, de nombreux Palestiniens ne sont pas en mesure de consulter les cartes délimitant ces zones, qui ne sont accessibles qu’à l’aide de codes QR imprimés sur des brochures.

Les critiques concernant la conduite de l’armée israélienne à Gaza ne se sont pas limitées à l’intensité des raids aériens et terrestres, mais ont également porté sur le choix des armes et des munitions.

Des soldats israéliens préparent des munitions près d’un obusier d’artillerie automotrice dans le sud d’Israël, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 16 décembre 2023. (AFP)
Des soldats israéliens préparent des munitions près d’un obusier d’artillerie automotrice dans le sud d’Israël, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 16 décembre 2023. (AFP)

Une enquête publiée par le New York Times le 21 décembre révèle que l’armée israélienne a utilisé des bombes de 907 kg fournies par les États-Unis, qui, selon les experts en munitions, ne conviennent pas à une utilisation dans des zones densément peuplées.

Ces bombes ont été larguées dans une région du sud de Gaza où Israël avait ordonné aux civils de se déplacer pour leur «sécurité», d’après l’enquête.

Les habitants de Maghazi ne peuvent qu’espérer une pause dans les combats qui permettrait l’acheminement de l’aide dans le camp, qui a été interrompue par les bombardements réguliers de la région environnante.

Toutefois, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, a estimé que l’offensive dans la bande de Gaza durerait «encore de nombreux mois».

 

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 

EN CHIFFRES

86 Nombre de personnes qui ont été tuées lors de l’attaque de Maghazi, chiffre qui, selon certaines estimations, s'élèverait à 106.

33 000 Personnes qui vivaient dans le camp de réfugiés de Maghazi avant le conflit, selon l’ONU.

0,6% Superficie du camp de réfugiés de Maghazi, densément peuplé

22 000+ Nombre de morts à Gaza depuis le 7 octobre, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.