CAN-2024: Mo Salah, la malédiction du Pharaon

Mohamed Salah célèbre après un but lors du match de football des éliminatoires africains de la Coupe du monde du Qatar 2022 entre l'Égypte et le Sénégal au stade international du Caire, dans la capitale égyptienne, le 25 mars 2022. (Photo, AFP)
Mohamed Salah célèbre après un but lors du match de football des éliminatoires africains de la Coupe du monde du Qatar 2022 entre l'Égypte et le Sénégal au stade international du Caire, dans la capitale égyptienne, le 25 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 08 janvier 2024

CAN-2024: Mo Salah, la malédiction du Pharaon

  • Il a tout gagné en club, rien en sélection
  • L'Égypte, détentrice du record de victoires en CAN (sept), n'a toujours pas remporté le moindre match de Coupe du monde

ABIDJAN: Couvert d'or avec Liverpool, Mohamed Salah est maudit sous le maillot de la sélection égyptienne avec laquelle il multiplie les échecs cruels. Mais le Pharaon n'a pas abandonné ses rêves de conquête à l'approche de la Coupe d'Afrique qui commence samedi en Côte d'Ivoire.

Il a tout gagné en club, rien en sélection. Pire, le joueur africain de l'année en 2017 et 2018 a perdu deux finales de CAN (2017 et 2022), un barrage du Mondial-2022 et a joué blessé sa seule Coupe du monde, en 2018.

La malédiction de l'attaquant commence avec la CAN-2017, au Gabon. Alors que son équipe se dirigeait vers un huitième titre, menant 1-0 contre le Cameroun sur un but de Mohamed Elneny où Salah était passeur décisif, les Lions Indomptables ont pris une vieille revanche, après deux finales perdues contre le même adversaire (1986 et 2008) en renversant la vapeur en seconde période (2-1).

L'année suivante, alors que le joueur formé aux Arab Contractors allait disputer sa première Coupe du monde, et la troisième seulement de l'Égypte, après 1934 et 1990, il est blessé par Sergio Ramos au bout de 30 minutes de la finale de Ligue des champions 2018, perdue par Liverpool contre le Real Madrid (3-1).

Humilié à domicile

La star du Nil manque le premier match en Russie, perdu contre l'Uruguay (1-0).

Les staffs techniques et médicaux font tout pour remettre l'idole sur pied, il dispute les deux matches suivants mais est trop diminué. Même s'il marque les deux seuls buts de son équipe, il n'empêche pas deux nouvelles défaites, contre la Russie (3-1) et l'Arabie Saoudite (2-1).

L'Égypte, détentrice du record de victoires en CAN (sept), n'a toujours pas remporté le moindre match de Coupe du monde.

L'année 2019 semble devoir être la bonne. Cette fois, les "Reds" de Salah ont enfin gagné la Ligue des champions, 2-0 contre Tottenham, où il a ouvert le score sur penalty dès la deuxième minute, et l'Égypte joue la CAN à domicile. Elle a remporté la Coupe d'Afrique trois fois sur quatre quand elle l'a organisée, en 1959, 1986 et 2006 (demi-finaliste en 1974).

Mais après un premier tour parfait, avec trois victoires et deux buts de Salah, les Pharaons sont humiliés dès les 8es de finale par l'Afrique du Sud (1-0).

En 2022 au Cameroun, pour l'édition 2021 décalée de quelques mois, le meilleur joueur égyptien semble sur le point de conjurer le sort.

Le sortilège des tirs au but
Il porte son équipe jusqu'à une nouvelle finale, avec deux buts et un tir au but transformé en demi-finale contre le vieux rival camerounais (0-0, 3 t.a.b. à 1).

Mais Salah bute à nouveau sur la dernière marche, battu par le Sénégal (0-0, 4 t.a.b. à 2). Il boit le calice jusqu'à la lie car, placé en position de dernier tireur, il ne peut même pas exécuter son "péno" et voit Sadio Mané, son partenaire de Liverpool, devenir lui le héros de son pays en transformant le dernier tir au but.

Pour parachever le sortilège qui pèse sur lui en sélection, le capitaine échoue encore contre le même Sénégal en barrage pour la Coupe du monde au Qatar (1-0/0-1, 3 t.a.b. à 1). Et cette fois il rate son tir au but...

Salah, qui va manquer plusieurs matches avec les Reds dont un tour de "Cup" contre Arsenal et potentiellement un choc de Premier League contre ces mêmes "Gunners" si l'Égypte va loin, remet donc son métier sur l'ouvrage.

"Nous jouerons chaque match comme une finale", promet-il. Il ne faudra pas les perdre, cette fois...


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.