Retour sur la vie du «Picasso libanais» Hussein Madi

Le célèbre artiste Hussein Madi, décédé cette semaine à Beyrouth, a passé près de vingt ans de sa vie à Rome pour les études et le travail. Ses œuvres ont été exposées partout dans le monde. (Instagram)
Le célèbre artiste Hussein Madi, décédé cette semaine à Beyrouth, a passé près de vingt ans de sa vie à Rome pour les études et le travail. Ses œuvres ont été exposées partout dans le monde. (Instagram)
Short Url
Publié le Vendredi 19 janvier 2024

Retour sur la vie du «Picasso libanais» Hussein Madi

  • Hussein Madi a quitté le domicile familial à l’âge de 19 ans
  • Il aurait gagné sa vie en soumettant des caricatures à des journaux libanais et irakiens

BEYROUTH: L’artiste vétéran libanais, Hussein Madi, réputé pour ses peintures vibrantes, s’est éteint à Beyrouth. Souvent surnommé le «Picasso libanais», M. Madi a créé son propre langage visuel, parsemé de motifs d’oiseaux, de femmes rondes et de symétrie géométrique, qui ont rendu son œuvre audacieuse immédiatement reconnaissable auprès des amateurs d’art arabe.

Des artistes et galeristes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux. Sur sa page Instagram, l’artiste libanais Abed al-Kadiri a publié d’anciennes photos de Hussein Madi dans son atelier. Il écrit: «Aujourd’hui, lors de sa cérémonie funéraire, Madi a rejoint sa volée d’oiseaux, volant seul, uni à lui-même, comme il a toujours vécu.»

Maliha Tabari, fondatrice du Tabari Artspace de Dubaï, indique que M. Madi est le premier artiste avec qui elle a travaillé, en 2003. Cette expérience demeure des plus précieuses. «Je n’oublierai jamais les après-midi qui se transformaient en soirées passées sur son balcon à Beyrouth, animées par d’intenses discussions sur la forme expliquée par lui à travers la courbe d’une grenade ou l’aile d’un oiseau», écrit-elle. «Nous avons perdu non seulement une figure majeure de l’art dans notre région, mais aussi une figure paternelle.»

Hussein Madi, qui était également sculpteur, graveur, éducateur et illustrateur de presse, est né dans la ville de Chebaa, au sud du Liban, en 1938. Même si ses parents n’approuvaient pas ses activités artistiques, son grand-père, lui, les soutenait, voyant en lui un potentiel considérable. M. Madi a quitté le domicile familial à l’âge de 19 ans. Il aurait gagné sa vie en soumettant des caricatures à des journaux libanais et irakiens.

Au début des années 1960, Hussein Madi était étudiant à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba). Il poursuit ses études à Rome, capitale de l’art, en 1963, en s’inscrivant à l’Accademia di Belle Arti.

Il passera près de vingt ans à Rome, avant de retourner définitivement au Liban en 1986, alors que la guerre civile faisait toujours rage. «Je regrette amèrement de ne pas être resté à Rome à cause de toutes les frustrations que j’ai endurées depuis mon retour à Beyrouth. La guerre civile a radicalement changé le cours de ma vie», avait déclaré l’artiste un jour.

Au Liban, M. Madi se consacre à ses peintures, exposant son travail dans plusieurs galeries d’art à Beyrouth. Pendant dix ans, à partir de 1982, M. Madi a également été président de l’Association des artistes libanais.

Les peintures de Hussein Madi proposent un mélange visuellement attrayant de lignes épaisses, de motifs répétitifs, de formes angulaires, de scènes naturelles et de couleurs vives. Il y a de la spontanéité, mais présentée de manière ordonnée. Ses œuvres sont également peuplées de personnages tenant un livre, un instrument de musique – ou simplement allongés. «Malgré toutes les épreuves, j’étais profondément heureux. Mon travail célèbre la vie», avait-il déclaré.

Au fil des ans, les œuvres de M. Madi ont été présentées dans le cadre de ventes aux enchères chez Christie’s et Sotheby’s. Ses œuvres ont également été acquises par des institutions artistiques régionales et internationales, notamment la fondation d’art Barjeel (Charjah); la fondation d’art Dalloul (Beyrouth); le musée arabe d’art moderne (Mathaf, à Doha); la Galerie nationale des beaux-arts de Jordanie (Amman); le British Museum (Londres) et l’Institut du monde arabe (Paris).

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".